Mardi 18 août, la presse (et le podcast) étaient conviés à Martigny dans les locaux de la distillerie Morand pour assister à la conférence de presse sur la 10ème édition du Swisspeaks qui sera lancée le mardi 25 août au Bouveret. Comme le disait bien Julien pendant la conférence le co-fondateur du Trail « après on ne dort plus pendant 2 semaines ». Les 9 épreuves s’étaleront jusqu’au dimanche 6 septembre.
Je vous propose les détails les plus croustillants dans cet article.
Retour sur l’histoire de la course
À l’occasion de la 9ème édition, en 2025, j’avais rencontré Julien et Laurent afin de parler de l’histoire du Swisspeaks Trail. Julien le disait et le répète d’ailleurs encore sans détour, s’ils savaient ce qui les attendait à la création de la course, elle n’aurait certainement pas eu l’histoire que l’on connaît.
Car proposer un 170km dès sa première édition était un pari osé. Les contraintes posées pour les organisations de manifestation en plein air en découragent plus d’un.
Vous pouvez écouter l’épisode de présentation du Swisspeaks Trail enregistré en 2025 ici :
Les parcours
Le Swisspeaks Trail, impressionne par la variété des parcours, 9 je l’ai déjà dit en introduction.
Cette année, chaque parcours a droit à son nom. Du plus homérique avec l’Odyssey avec ses 643km en passant par la Legend 397km, sans oublier le marathon qui fait office de petit parcours à côté de ses grandes sœurs. Pourtant, il ne faut pas oublier que le parcours de 45.9km comporte tout de même 2470 m de D+. De quoi faire conserver une certaine lucidité aux participants à la distance mythique.
Cette année, les organisateurs proposent d’ailleurs un parcours, la Discovery. Un parcours de 10km avec 137 m de dénivelé positif qui se veut comme une rampe de lancement pour celles et ceux qui veulent passer un bon moment, à l’heure de l’apéro. Cette épreuve est organisée le vendredi soir à 19h. Il y a fort à parier que cette proposition va trouver son public et a certainement été l’occasion de lancement de défis devant les machines à café des entreprises, à l’heure de la pause.
Ce parcours est encore un des rares sur lesquels il y a des dossards disponibles. Tout comme le Challenge (72.6 km pour 4'390 m D+) et le Half Marathon (21 km et 990 m D+).
Présent lors de la conférence de presse à Martigny, le président de la commune du Bouveret, Patrick Tamborini, l’a bien résumé. Si la commune est ravie de la couverture qu’apporte le Swisspeaks Trail, il faut souligner que l’agenda et les contraintes communales n’ont pas toujours les mêmes priorités que celles d’un organisateur de course. Cependant, pour cette 10ème édition, les bateaux qui seront sur le parking de Port-Valais laisseront la place à un grand village de fête.
Les visiteurs, ne reconnaîtront pas les lieux annoncent les organisateurs.
Kailas Fuga, un partenariat « Win-Win » pour le Swisspeaks Trail ?
Retour sur le partenaire de la course depuis maintenant 3 éditions, Kailas Fuga. La marque est un des leaders du marché asiatique et depuis quelques années elle multiplie les alliances avec les courses. Rien que pour la Suisse ce sont le Swiss Canyon Trail, la Crossing Switzerland, le Montreux Trail Festival et le Swisspeaks Trail qui font partie des partenaires du géant. Julien l’avoue, la collaboration n’est pas simple tous les jours mais leurs interlocuteurs écoutent et prennent en considération leurs opinions. Notamment en ce qui concerne l’approvisionnement de matériel depuis la Chine. La voie classique empruntée par le matériel que nous achetons depuis la Chine, c’est l’avion. Swisspeaks a fait le choix de faire transporter le matériel par bateau puis par train. Ce qui ajoute bien évidemment quelques contraintes en termes de délais mais la cause environnementale chère aux organisateurs mérite que ce qui peut être fait, le soit.
L’UTMB, la cible ?
Durant la conférence de presse, Laurent Pelissier, responsable communication du Swisspeaks Trail a souvent cité la course autour du Mont-Blanc dans ses propos. La tentation était trop grande donc de lui demander si pour le comité, l’UTMB avec ses courses dont le Trail Verbier St-Bernard ou encore le Wildstrubel était la cible ?
Après quelques instants de réflexion, Laurent répond en rappelant que le Swisspeaks se situe à cheval entre l’UTMB et le Tor des Géants qui est organisé la semaine d’après. Le Tor des Géants et le Swisspeaks sont tous deux partenaires de Kailas. Il établit une hiérarchie dans laquelle l’UTMB fait office de centre d’un système solaire avec toutes les courses faisant partie des World Series.
Un cran au-dessous, on retrouverait donc les courses des World Series, les courses que je nommerais les adversaires du Swisspeaks Trail. Si chaque course a son propre comité et sont en concurrence, Laurent estime tout de même qu’elles ont une sorte de complémentarité entre elles également.
Pour Julien, il y a de la place pour tout le monde. Il a souvent eu l’occasion de côtoyer les présidents de courses concurrentes et indépendamment de la concurrence, l’entente entre les courses reste cordiale et il ne peut que se réjouir de la croissance du nombre d’inscrits (+15%).
D’ailleurs cette tendance à la hausse du nombre d’inscrits se voit dans la plupart des courses actuellement.
Une femme, vainqueur au scratch sur l’Odyssey ?
Lorsque l’on évoque le plateau de la course, Laurent se lance dans un pronostic.
« Il y a de grandes chances qu’une femme termine première au scratch sur l’Odyssey, ce qui serait une première mondiale ». On l’a vu plus la distance est longue, plus l’écart entre les femmes et les hommes se réduit. A tel point que lors de l’édition 2026 de la Cocodona 250, l’américaine Rachel Entrekin a terminé première au scratch, devant tous les hommes engagés.
Laurent annonce donc une grande première sur le parcours de 643km de l’Odyssey où le plateau féminin a toutes les chances d’avoir un membre sur la boîte. Parmi les prétendantes les plus sérieuses, il a nommé Denise Zimmermann (SUI) et les deux françaises, Delphine Avenier et Florence Coley Gemond. Le dénouement pour cette épreuve devrait avoir lieu mercredi 02 septembre en fin d’après-midi.
Le bénévolat a-t-il encore sa place dans la course ?
Plus de 1'000 bénévoles !
Le Swisspeaks Trail mobilise une quantité phénoménale de ressources durant les 2 semaines que dure l’événement. Julien évoque sans détour la quantité de travail que représente l’organisation de ce genre d’événement. Si pour des raisons évidentes, le comité a créé un poste administratif tant cette partie est chronophage, les autres membres du comité sont bénévoles.
Quand il évoque les contacts quasi quotidiens avec l’Asie, Julien en profite pour mettre en avant la quantité de travail réalisée par Laurent et le fait que pour certains membres du comité, leurs employeurs collaborent au succès de l’organisation du Swisspeaks Trail en autorisant les séances au milieu de la journée, décalage horaire oblige.
Le podcast Au-delà du mur sera présent du 04 au 06 septembre pour vous faire vivre le 10ème anniversaire de l’intérieur.
Je me réjouis de rencontrer le public du podcast et surtout de tendre le micro aux élites mais aussi aux coureuses et coureurs du dimanche.
Pour ne pas manquer la publication des épisodes du podcast, je vous invite à vous abonner au podcast sur Apple Podcasts, Spotify ou sur YouTube et à me suivre sur mon compte instagram @podcastaudeladumur afin de découvrir les coulisses de la Swisspeaks avec mes invités.
En bonus, je vous propose l'interview de Julien, co-fondateur du Swisspeaks Trail avec qui j'ai échangé quelques mots après la conférence de presse.
Le Marathon du Mont-Blanc 2026 restera dans les mémoires. Du 25 au 28 juin, la vallée de Chamonix a réuni l'un des plateaux les plus denses de l'histoire du trail mondial, sur huit épreuves allant du kilomètre vertical à l'ultra de 88 km. Records battus, scénarios à suspense, premières historiques : ce week-end de course a tenu toutes ses promesses. Dans ce débrief du Marathon du Mont-Blanc, on revient sur les huit victoires qui ont fait basculer l'édition — du 90 km au kilomètre vertical, en passant par le 42 km et le 23 km.
Marathon du Mont-Blanc : un plateau d'élite d'une densité rare
Le Marathon du Mont-Blanc s'est imposé une nouvelle fois comme la référence mondiale du trail sur la distance. Près de 10 000 coureurs et plus de 1 000 bénévoles ont animé un week-end marqué par des conditions météo particulièrement complexes : l'organisation a dû adapter plusieurs horaires de départ et annuler le Duo Étoilé, en concertation avec sa commission de sécurité. Pour le directeur du Club des Sports de Chamonix, cette édition figure parmi les plus marquantes de l'histoire de l'épreuve, avec une densité d'athlètes jamais atteinte auparavant. Et il faut bien le reconnaître : sur chaque format, le niveau a repoussé les limites.
Marathon du Mont-Blanc : Tove Alexandersson écrit l'histoire
Sur le 42 km, la course féminine a viré à la démonstration. Partie trente minutes avant les hommes, la Suédoise Tove Alexandersson s'est envolée seule dès les premiers kilomètres et n'a plus jamais été revue. Déjà championne du monde de trail court en 2025, elle boucle le parcours en 3 h 55 min 07 s, soit 20 minutes de mieux que la lauréate 2025. Deux premières historiques au Marathon du Mont-Blanc : elle devient la première femme à passer sous les quatre heures à Chamonix, et la première à franchir physiquement la ligne avant le vainqueur masculin. Onzième au classement scratch, elle range cette performance parmi les plus impressionnantes du week-end.
Derrière elle, la Norvégienne Ida Amelie Robsahm prend une solide deuxième place en 4 h 18 min 28 s, devant la Britannique Naomi Lang, troisième en 4 h 21 min 23 s. La Française Émilie Bulle complète le quatuor de tête au pied du podium après une belle remontée.
Première femme sous les 4h, Tove Alexanderson. 📷 Adrien Colleur I Marathon du Mont-Blanc
Marathon du Mont-Blanc : Rémi Bonnet renoue avec la victoire
Chez les hommes, le 42 km du Marathon du Mont-Blanc a offert un duel de très haut niveau. Le Suisse Rémi Bonnet, déjà vainqueur en 2023 puis deuxième en 2024, retrouve la plus haute marche en 3 h 33 min 14 s. Mais rien n'a été simple. Après une première sélection dans la montée de l'Aiguillette des Posettes, Bonnet bascule seul au sommet — avant que le Français Frédéric Tranchand, redoutable descendeur, ne revienne et ne prenne les commandes dans la descente. Conscient du danger, Bonnet décide de tout miser dans la montée de la Flégère pour creuser l'écart avant la dernière plongée. Pari gagnant : Tranchand termine deuxième en 3 h 35 min 46 s, à 2 min 32 s. L'Espagnol Manuel Merillas, fidèle à ses bâtons en bambou, complète le podium en 3 h 41 min 43 s.
Pour Bonnet, référence mondiale du ski-alpinisme, cette victoire prend une saveur particulière après une saison 2024 perturbée par les blessures. Son message d'après-course tient en une idée simple : le travail finit toujours par payer, même quand la forme tarde à revenir.
A nouveau vainqueur sur le 42km, Rémi Bonnet a fait parler ses talents de grimpeur. 📷 Adrien Colleur I Marahton du Mont-Blanc.
Marathon du Mont-Blanc : le 90 km couronne deux Français
Sur le 90 km (88 km, 6 137 m de dénivelé positif), le suspense aura duré jusqu'aux derniers mètres. Le Français Louison Coiffet, deuxième de l'épreuve en 2023, transforme enfin l'essai en s'imposant en 9 h 37 min 22 s, au terme d'un final irrespirable. Ben Dhiman franchit la ligne 40 secondes plus tard seulement, tandis que l'Italien Cristian Minoggio complète un podium d'une densité remarquable, à 4 min 32 s.
Côté féminin, la Française Candice Fertin-Baccon réussit une entrée fracassante dans le monde de l'ultra : pour son tout premier effort sur ce format, elle s'impose en 11 h 53 min 31 s et signe une exceptionnelle 24e place au classement scratch. Audrey Tanguy prend la deuxième place en 12 h 12 min 31 s, devant Ekaterina Mityaeva, lauréate 2024, troisième à 21 min 41 s. Là encore, le Marathon du Mont-Blanc aura vu les meilleures féminines rivaliser durablement avec le top 25 masculin.
Marathon du Mont-Blanc : Oria Liaci s'impose sur le 23 km
Format explosif s'il en est, le 23 km du Marathon du Mont-Blanc (23 km pour 1 680 m de dénivelé positif) ne pardonne aucune approximation. Chez les femmes, la Suissesse Oria Liaci a livré une course d'une maîtrise totale : partie devant, revenue au contact d'une rivale, elle a relancé au bon moment pour s'imposer. Elle franchit la ligne en 2 h 26 min 21 s, devant la Française Tiphaine Basile (+1 min 22 s) et la Britannique Kirsty Skye Dickson (+5 min 50 s). Une victoire qui lui vaut une superbe 40e place au classement scratch.
Chez les hommes, Benjamin Polin a frappé fort. Le coureur originaire des Vosges s'impose en 2 h 06 min 17 s, devant l'Espagnol Lluis Puigvert Palacios (+58 s) et Nathan Wanner (+1 min 07 s). Avec Oria Liaci, la Suisse signe ainsi sa deuxième victoire du week-end sur le Marathon du Mont-Blanc, après celle de Rémi Bonnet sur le 42 km.
Oria Liaci, gagnante du 23km. 📷 Adrien Colleur I Marathon du Mont-Blanc
Marathon du Mont-Blanc : Christel Dewalle et Romain Discher dominent le kilomètre vertical
Le kilomètre vertical du Marathon du Mont-Blanc — environ 1 000 m de dénivelé positif jusqu'à Planpraz, câbles et mains courantes dans le final — a rendu son verdict dès le vendredi soir. Chez les hommes, Romain Discher s'impose en 36 min 59 s, devant Lucien Mermillon et Vincent Loustau, deuxièmes ex-æquo à 47 secondes. Un top 10 quasi intégralement tricolore.
Chez les femmes, Christel Dewalle l'emporte en 44 min 06 s, devant Lucille Germain à 1 min 17 s et Jeanne Richard à 1 min 36 s. La troisième place de Jeanne Richard est la belle surprise du jour : la biathlète de l'équipe de France s'invite sur le podium d'une discipline qui n'est pas la sienne. Mais le sommet, lui, appartient toujours à la même grimpeuse.
Marathon du Mont-Blanc : Christel Dewalle, la longévité au sommet
C'est sans doute la statistique la plus parlante du week-end. Avec ce nouveau succès, Christel Dewalle décroche son sixième titre sur le kilomètre vertical du Marathon du Mont-Blanc. Elle s'était déjà imposée en 2013, 2019, 2023, 2024 et 2025 : treize ans séparent sa première victoire de la dernière. Dans un sport où les carrières se jouent souvent sur quelques saisons, cette régularité au plus haut niveau force le respect.
Et son week-end ne s'arrête pas là. Cinq jours plus tôt, le 21 juin, Dewalle remportait déjà la Neirivue–Moléson, une exigeante course de montagne fribourgeoise de 10,6 km pour 1 290 m de dénivelé jusqu'au sommet du Moléson, dans les Préalpes suisses. Elle s'y était imposée en 1 h 12 min 32 s, devant la Suissesse Selina Burch et la Française Léane Rossat. Deux victoires en une semaine, sur deux terrains différents : la marque des très grandes.
Détail savoureux pour le public suisse : à Neirivue–Moléson, le scénario s'est rejoué côté masculin. Rémi Bonnet y a battu son propre record de l'épreuve avant d'aller s'imposer une semaine plus tard sur le 42 km du Marathon du Mont-Blanc. Le même doublé que Dewalle, à quelques jours d'intervalle.
Marathon du Mont-Blanc 2026 : ce qu'il faut retenir
Au-delà des chronos, le Marathon du Mont-Blanc 2026 raconte quelque chose d'utile pour tout coureur amateur. La victoire de Rémi Bonnet rappelle qu'on peut traverser une saison blanche et revenir devant : la patience fait partie de l'entraînement. Le pari tactique de la Flégère montre que connaître ses points faibles (ici, la descente face à un meilleur descendeur) vaut mieux que de les ignorer. Et la longévité de Christel Dewalle illustre une vérité que l'on répète souvent ici : la progression durable se construit sur des années, pas sur une seule course.
La prochaine fois que tu prépares un objectif, garde ces trois leçons en tête : sois patient avec ta forme, cours selon tes forces, et raisonne en saisons plutôt qu'en semaines. Pour creuser comment appliquer ça à ton niveau, écoute les épisodes d'Au-delà du mur et abonne-toi pour ne rien manquer des prochains débriefs de course.
Kotcha app : la promesse de deux champions de l'endurance
Cette semaine, le monde du running francophone n'a parlé que d'une chose : Kilian Jornet et Eliud Kipchoge réunis sous la même bannière. L'annonce est tombée par voie de réseaux sociaux le 16 juin 2026, et elle a immédiatement fait le tour des médias spécialisés du trail et du marathon. Au centre de cette actualité : Kotcha app, une solution de coaching basée sur l'intelligence artificielle, qui promet de transformer des décennies d'expérience de très haut niveau en recommandations d'entraînement personnalisées pour le coureur du quotidien.
Pour un coureur amateur qui jongle entre travail, famille et envie de progresser, la promesse de Kotcha app est séduisante sur le papier : profiter d'une partie du savoir accumulé par deux des plus grands noms de l'endurance mondiale, sans bouleverser son emploi du temps. Mais que contient réellement Kotcha app, et qu'est-ce que l'arrivée de Kilian Jornet change concrètement à l'équation ? Voici ce qu'il faut savoir avant de se faire une opinion, faits à l'appui.
Kotcha app : une histoire qui commence avec Eliud Kipchoge
Kotcha app n'est pas née de l'arrivée de Kilian Jornet. Elle a été fondée par Ben Dupont, Michel-André Chirita et Dimitri Dor, en collaboration avec Eliud Kipchoge et son équipe d'entraîneurs, comme l'explique le site officiel de l'éditeur. Le projet est sorti à l'automne 2025, pile pour le marathon de New York que courait alors Kipchoge. Le Kényan reste l'une des références absolues du marathon mondial, notamment depuis qu'il est devenu le premier être humain à descendre sous la barre symbolique des deux heures sur la distance, en conditions non homologuées. Une partie de l'aura de Kotcha app repose directement sur cette légitimité sportive rarement égalée.
L'idée fondatrice de Kotcha app tient en une phrase : rendre accessibles au plus grand nombre les méthodes développées au sommet de la performance. Pour y arriver, l'équipe fondatrice a multiplié les séjours au camp d'entraînement de Kaptagat, au Kenya, afin d'observer et de retranscrire la philosophie d'entraînement de Kipchoge et de son entraîneur historique. Le résultat est disponible sur l'App Store et Google Play, dans sept langues, avec un accompagnement complet : plans d'entraînement adaptatifs, renforcement musculaire, nutrition et analyse de données de course.
Selon les chiffres communiqués par l'équipe, Kotcha app a déjà séduit plus de 50 000 utilisatrices et utilisateurs en quelques mois d'existence, avant même l'arrivée de Kilian Jornet. Un signal qui confirme que l'appétit pour le coaching numérique nourri par l'expérience de champions ne se limite pas à un effet d'annonce ponctuel.
Kotcha app et Kilian Jornet : l'arrivée d'un athlète fondateur
C'est la nouveauté qui a tout déclenché cette semaine : Kilian Jornet rejoint Kotcha app au poste d'athlète fondateur, aux côtés d'Eliud Kipchoge. L'ultra-traileur catalan, recordman de courses mythiques comme Hardrock, Zegama ou l'UTMB, a passé du temps avec l'équipe sur l'île de Majorque, là où il s'entraîne, pour aider à traduire sa méthode en recommandations exploitables par l'algorithme.
Côté trail, Jornet n'a pas besoin de présentation : plusieurs victoires sur l'UTMB, sur la Hardrock 100 et sur Zegama Aizkorri, ainsi que de nombreux projets d'ascensions chronométrées en haute montagne, ont construit sa réputation de coureur capable d'allier performance pure et rapport quasi philosophique à la montagne.
Sur les réseaux sociaux, Jornet a tenu à clarifier l'objectif du projet : il ne s'agit pas de distribuer son propre plan d'entraînement personnel à grande échelle, mais d'aider chaque coureur à mieux comprendre son fonctionnement, son rythme et sa progression sur la durée. Une nuance importante, qui rappelle une conviction que Jornet a toujours défendue dans sa carrière : l'écoute du corps, l'adaptation au terrain et les sensations priment sur l'accumulation d'outils technologiques. Le traileur a aussi évoqué une collaboration qui dépasse la simple opération marketing, en soulignant qu'il partage avec Kipchoge des valeurs communes sur la course, malgré des parcours sportifs très différents.
Avec cette arrivée, Kotcha app élargit clairement son terrain de jeu. Jusque-là pensée principalement autour de l'univers de la route et du marathon avec Kipchoge, elle s'ouvre désormais au trail et à la montagne. De quoi élargir le public visé, du coureur de 5 km au pratiquant de l'ultra-endurance, en passant par le trailer du dimanche qui cherche simplement à mieux structurer ses sorties.
Kotcha app : une vraie révolution de l'entraînement ?
C'est ici que la prudence s'impose. Kotcha app s'inscrit dans une tendance déjà bien installée : celle des applications de coaching propulsées par l'intelligence artificielle, qui analysent les données de l'utilisateur pour ajuster volume et intensité semaine après semaine. Sur ce point précis, plusieurs médias spécialisés du secteur du running notent que la technologie employée par Kotcha app ne se distingue pas nettement de ce qui existe déjà sur le marché du coaching numérique. Le suivi de charge, l'adaptation au calendrier de course ou la gestion de la récupération sont des fonctionnalités que l'on retrouve désormais chez plusieurs concurrents.
Ce qui change réellement, c'est le poids médiatique des deux noms associés au projet. Associer Kilian Jornet et Eliud Kipchoge à un même outil n'est pas anodin : ce sont deux figures qui, chacune dans leur discipline, ont marqué l'histoire de l'endurance. À 38 ans pour Jornet et 41 ans pour Kipchoge, les deux athlètes abordent une période où leur héritage sportif est déjà largement construit, même s'ils continuent tous deux à courir et à viser des objectifs de haut niveau. Kotcha app apparaît alors aussi comme une manière de prolonger cette influence au-delà des podiums, un mouvement assez classique chez les champions qui investissent dans le coaching, le matériel ou la nutrition pour valoriser des décennies d'expertise.
Reste une question simple, posée par plusieurs observateurs du trail : le fait d'associer deux grands noms à une application suffira-t-il à convaincre des coureurs déjà équipés d'un outil de coaching, ou à faire changer durablement leurs habitudes d'entraînement ? Pour l'instant, rien dans les éléments disponibles n'indique une rupture technologique majeure par rapport à l'offre existante.
Kotcha app : ce qu'il faut savoir avant de s'abonner
Si l'envie de tester Kotcha app te traverse l'esprit, voici les informations factuelles à connaître. L'abonnement est proposé avec une semaine d'essai gratuite, suivie d'un tarif affiché à 14,99 euros par mois en lancement. L'outil fonctionne aussi bien avec une montre connectée synchronisée qu'en utilisation autonome, sans matériel obligatoire pour démarrer.
Le principe de fonctionnement repose sur un suivi hebdomadaire : chaque dimanche, Kotcha app analyse les données et les retours de la semaine écoulée pour proposer un programme ajusté pour la semaine suivante. L'idée centrale, mise en avant par l'équipe fondatrice, est de remplacer les plans rigides et figés par un accompagnement qui évolue avec la progression réelle de chacun, plutôt qu'avec un calendrier figé à l'avance.
Avant de t'abonner à Kotcha app ou à une autre application de coaching, la question à te poser reste la même : ce programme tient-il compte de ta vie réelle, de ton sommeil, de ton emploi du temps et de tes sensations à l'entraînement ? Aucune intelligence artificielle, aussi bien nourrie soit-elle par l'expérience de deux champions, ne remplace une bonne compréhension de ton propre corps et de tes signaux de fatigue.
Quelques critères simples permettent d'évaluer n'importe quel outil de coaching numérique avant de sortir la carte bancaire. Le programme proposé évolue-t-il vraiment d'une semaine à l'autre, ou reproduit-il un calendrier figé déjà vu ailleurs ? L'essai gratuit suffit-il à juger de la pertinence des séances sur ton propre profil, ou faudra-t-il plusieurs mois pour s'en rendre compte ? Et le prix reste-t-il justifié si l'accompagnement humain derrière l'algorithme se limite, en pratique, à quelques heures de consultation initiale avec l'équipe fondatrice ? Ce sont des questions de bon sens, valables pour n'importe quelle application du marché, grand nom ou non au générique.
Kotcha app face à la concurrence : comparatif factuel des applis de coaching
Kotcha app arrive sur un marché déjà très dense. Pour situer l'outil, voici un comparatif factuel avec quatre autres applications de coaching running parmi les plus connues côté francophone et international : running.COACH, RunMotion Coach, Campus Coach et Runna, cette dernière étant désormais dans le giron de Strava. Les tarifs et les fonctionnalités de ces outils évoluent régulièrement ; les éléments ci-dessous sont donnés à titre indicatif et méritent d'être vérifiés directement sur les stores avant tout abonnement.
Application
Français
Essai gratuit
Tarif indicatif
Spécificités
Kotcha app
Oui (7 langues)
1 semaine
14,99 € / mois (lancement)
Co-construite avec Eliud Kipchoge ; Kilian Jornet athlète fondateur ; route et trail ; ajustement hebdomadaire.
running.COACH
Oui
Selon les stores
≈ 19 € / mois (selon région)
Éditeur suisse ; large compatibilité de montres ; coach vocal pendant la séance ; vidéos de renforcement.
RunMotion Coach
Oui
7 jours
Dès ≈ 8,25 € / mois (annuel)
Éditeur français ; choix du tempérament du coach ; préparation mentale ; entraînement croisé vélo et natation.
Campus Coach
Oui
14 jours
≈ 15 € / mois
Éditeur français ; plans de 12 semaines à 1 an ; forte communauté ; tout-payant depuis janvier 2026.
Runna (Strava)
Non (anglais)
2 semaines
≈ 15,99 € / mois ou 119,99 € / an
Éditeur britannique racheté par Strava ; intégration Strava poussée ; plans du 5 km au marathon.
Tarifs et fonctionnalités donnés à titre indicatif (juin 2026), à vérifier directement sur les stores avant tout abonnement.
Ce comparatif fait ressortir plusieurs points concrets. Sur le plan technique, Kotcha app partage avec ses concurrentes l'essentiel des fonctionnalités attendues aujourd'hui d'une application de coaching : un plan personnalisé qui s'adapte à la progression, l'analyse des données, la synchronisation avec une montre connectée et la prise en compte des contraintes de l'utilisateur. Sur ce socle commun, peu d'applications se distinguent radicalement les unes des autres.
Quelques différences méritent toutefois d'être soulignées pour le coureur francophone. RunMotion Coach et Campus Coach sont deux applications françaises bien implantées, qui couvrent largement le trail et l'ultra et proposent des modules complets de renforcement, de nutrition et, pour RunMotion, de préparation mentale. running.COACH, d'origine suisse, mise sur une large compatibilité matérielle et un coach vocal pendant l'effort. Runna, de son côté, bénéficie d'une intégration très aboutie avec Strava depuis son rachat, mais reste pour l'instant disponible uniquement en anglais, ce qui constitue un frein réel pour une partie du public francophone.
Dans ce paysage, ce qui distingue Kotcha app tient moins à sa technologie qu'à son positionnement : la caution directe de deux des plus grands noms de l'endurance mondiale, et une ouverture revendiquée à la fois sur la route, avec l'héritage de Kipchoge, et sur le trail et la montagne, avec l'arrivée de Jornet. Pour le reste, le coureur retrouvera une logique de fonctionnement assez proche de celle des concurrentes directes.
Kotcha app : effet de marque ou vraie valeur sur la durée ?
Le succès durable de Kotcha app dépendra moins de la notoriété de ses deux athlètes fondateurs que de sa capacité à apporter une vraie valeur ajoutée sur la durée. L'outil revendique déjà plusieurs dizaines de milliers d'utilisatrices et utilisateurs depuis son lancement, un chiffre qui montre que l'intérêt du public est réel, indépendamment de l'arrivée récente de Kilian Jornet dans le projet.
Plusieurs voix du milieu du trail rappellent toutefois une réalité simple : faire financer une application par des champions, en échange de leur image et de leur expertise, n'a rien d'inédit dans le sport de haut niveau. La frontière entre l'expertise réelle apportée par l'athlète et le service effectivement proposé à l'utilisateur reste, dans bien des cas, difficile à mesurer depuis l'extérieur. C'est précisément ce que pointent certains commentateurs en s'interrogeant sur ce que Kotcha app apporte de concrètement différent par rapport aux applications déjà disponibles.
Kotcha app et le podcast Au-delà du mur : pourquoi cette actualité nous concerne
Pour les auditeurs et auditrices du podcast Au-delà du mur, cette annonce illustre une tendance de fond plus large que le simple buzz autour de deux noms célèbres : la donnée et l'intelligence artificielle s'installent durablement dans l'entraînement amateur. Cette évolution rejoint plusieurs sujets déjà traités dans le podcast, notamment les épisodes consacrés à la régularité et à la gestion de la charge d'entraînement sur le long terme.
Cela ne remplace pas pour autant les fondamentaux qui ont toujours fait progresser les coureurs, quel que soit leur niveau ou les outils utilisés. Régularité, récupération, écoute des sensations et progression mesurée restent les piliers sur lesquels s'appuie, in fine, n'importe quel programme de coaching, qu'il soit signé par une légende du trail, par un marathonien historique, ou élaboré sans aucune intelligence artificielle. C'est précisément ce que nous développons régulièrement dans nos épisodes consacrés à la progression en course à pied, qui rappellent qu'aucun outil ne dispense d'une bonne lecture de son propre corps.
Que tu décides de tester Kotcha app ou de t'en tenir à ta méthode actuelle, l'essentiel reste le même : un bon entraînement se construit sur la durée, avec de la constance, et pas uniquement avec la promesse d'un grand nom. Les algorithmes les plus sophistiqués et les athlètes les plus titrés du monde ne dispensent personne de chausser ses baskets, semaine après semaine, pour avancer vers son propre objectif. Le meilleur outil de coaching reste, au fond, celui que l'on utilise vraiment, avec régularité et sans se mettre une pression inutile.