Kerzerslauf 2026 : les points importants avant la 48e édition

Kerzerslauf 2026 : les points importants avant la 48e édition

Coureurs sous un arc de ballons.

1. Kerzerslauf 2026 : une course suisse mythique

Le Kerzerslauf est une institution dans le monde de la course suisse. Chaque printemps, la localité de Kerzers — un village à la frontière des cantons de Fribourg et de Berne, en Suisse — se transforme en rendez-vous incontournable pour les coureurs de tous niveaux.

Cette année, la course fête sa 48e édition. Un chiffre qui dit tout : presque un demi-siècle de passion, de sueur et de dépassement de soi sur les routes de la Broye.

Le 15km reste le format phare. Et en 2026, ils seront 3 447 participants à s'élancer. Amateurs ou confirmés, jeunes ou vétérans, hommes et femmes : le Kerzerslauf rassemble. C'est ça, la magie de ce rendez-vous.


2. Kerzerslauf et les élites : les dossards à surveiller

Le Kerzerslauf attire chaque année des athlètes de tout premier plan. Cette édition ne fait pas exception.

Parmi les dossards de tête (blocs 10 et 11, départ 11h36–11h43), on retrouve notamment des coureuses kényanes dont la présence annonce toujours une bataille serrée sur les premières places. Jeronoh (dossard 510, KEN), Kwambai Gladys et Rutto Daizy (dossards 518–519, KEN) seront des noms à suivre à l'arrivée chez les femmes. Côté hommes, Kipchumba (dossard 23, KEN) figure également dans le premier bloc.

Mais le dossard le plus attendu dans cette édition est sans doute le dossard 1 : Matthias Kyburz (SUI, Liebefeld). Un nom qui dépasse largement les frontières de la course d'orientation. Huit fois champion du monde en CO, Kyburz s'est reconverti avec un talent rare sur route et sur marathon. En février 2025, il signait 2h06:48 à Séville — deuxième meilleur chrono suisse de tous les temps sur la distance. En novembre 2025, il terminait 5e du Marathon de New York en 2h09:55, parmi les meilleurs coureurs européens de la course. Et dans quelques semaines — le 12 avril — il s'élancera au Marathon de Paris avec l'ambition d'améliorer encore ce bilan. Le Kerzerslauf est donc pour lui une sortie de préparation. Mais avec un tel profil, même en course de préparation, il sera difficile à suivre.

Autre dossard à surveiller de très près : le dossard 9, François Leboeuf (SUI, Aigle, team leboeuf), récent champion suisse de cross dans sa catégorie lors des championnats nationaux disputés à Langenthal — commune du canton de Berne, en Suisse — le 8 mars 2026. Un titre national qui dit clairement où il en est de sa forme en ce début de printemps.

Et chez Noé Piller (dossard 11, CA Marly, Bulle), représentant fribourgeois dans le premier bloc, la motivation ne manquera pas non plus sur ses terres.


3. Kerzerslauf et les représentants fribourgeois

Le Kerzerslauf, c'est aussi une fête locale. Kerzers est en territoire fribourgeois, et les clubs du canton répondent présent en masse.

Un coup de cœur particulier cette année pour Jennifer Azevedo (dossard 81003, AT Rechthalten, Rechthalten), coureuse fribourgeoise qui avait terminé meilleure Fribourgeoise lors du Morat-Fribourg en octobre 2025 — une course sur route parmi les plus populaires de Suisse romande, reliant les deux villes lacustres de Morat et Fribourg sur environ 18 km. Une performance marquante, qui en fait l'une des athlètes fribourgeoises à suivre demain.

Parmi les autres représentants fribourgeois :

  • Noé Piller (dossard 11, CA Marly, Bulle) — M20, premier bloc
  • Arnaud Goumaz (dossard 51, Cs Les Mottes, Romont) — M20
  • Xavier Berset (dossard 1092, CA Belfaux, Fribourg) — M45
  • Grégoire Fasel (dossard 1077, Pink Socks, Prez-Vers) — M35
  • Rachel Poffet (dossard 503, LAT sense, Tafers) — F35

Ces athlètes représentent la diversité des clubs fribourgeois : CA Belfaux, CA Marly, CS Les Mottes, LAT Sense, Pink Socks, AT Rechthalten, CAG Farvagny. Une belle carte de visite pour la région.


4. Kerzerslauf : l'ambiance et les chiffres de l'édition 2026

Quelques chiffres qui donnent le vertige :

  • 3 447 participants inscrits sur le 15km
  • 27 blocs de départ, du bloc 10 (11h36) au bloc 27 (12h32)
  • Des participants venus de toute la Suisse, mais aussi de France, d'Allemagne, du Portugal, du Kenya, de Grande-Bretagne, d'Italie et d'ailleurs
  • Des catégories allant des moins de 20 ans aux 75 ans et plus — preuve que courir n'a pas d'âge

Le Kerzerslauf, c'est ça : une course pour tout le monde. Le coureur qui vise le podium partage le même départ, la même route et la même ligne d'arrivée que celui qui court son premier 15km. C'est une des raisons pour lesquelles cette course suisse reste si populaire d'année en année.


5. Courir le Kerzerslauf sereinement : écoute cet épisode avant de partir

Si tu cours demain, il est encore temps de te préparer mentalement. J'ai consacré un épisode entier du podcast Au-delà du mur à cette course : comment gérer l'allure dès le départ, pourquoi la première montée en forêt vers le 5e kilomètre est un point stratégique, ce que représente la fameuse Ramsey Hill vers le 8e kilomètre, et comment relancer intelligemment à partir du 10,5e km quand le profil redevient favorable.

Un point pratique aussi : les ravitaillements du 15km sont uniquement liquides. Si tu as l'habitude d'un gel en course, pense à le prendre avec toi avant le départ.

Et une idée centrale qui revient dans cet épisode : marcher dans une montée difficile, ce n'est pas un échec. C'est parfois simplement la bonne décision. Celle qui te permet de finir fort plutôt que de tout donner trop tôt.

🎧 Écoute l'épisode ici, sur Apple Podcasts, Spotify ou Deezer :

Kerzerslauf - Affiche colorée pour un événement sportif.

Bonne course à tous les participants de cette 48e édition. Courez juste, courez avec plaisir.

Tu veux progresser en course à pied et tu n'as pas trop de temps?

Lors d'une récente discussion avec un expert, j'ai pu me rendre compte que l'entraînement en zone 2, n'est pas forcément la partie la plus importante si tu as envie de progresser en course à pied et de courir plus vite.

J'ai piqué ta curiosité?

Lis l'article sur le sujet et j'ai même un épisode pour toi 😉: https://audeladumur.ch/zone-2-5-points-forts/

 

Commencer la course à pied : guide essentiel en 5 étapes pour construire son plan d’entraînement

Commencer la course à pied : guide essentiel en 5 étapes pour construire son plan d’entraînement

Tu veux débuter la course à pied mais tu ne sais pas par où commencer ? Tu as déjà essayé, tu as tenu deux ou trois semaines, puis la vie a repris le dessus — les enfants, le travail, la fatigue — et tu as raccroché tes baskets. Cette fois, tu veux que ça dure vraiment.

Bonne nouvelle : le problème n'est pas ta volonté. C'est la méthode. Dans cet article, je te donne les 5 étapes concrètes pour construire ton plan d'entraînement de A à Z, même si tu es parent, que tu as un emploi du temps chargé et que tu n'as jamais couru plus de dix minutes d'affilée.

Vignette article de blog

Débuter la course à pied : pourquoi une méthode structurée change tout

Selon l'Office fédéral du sport, moins de 43 % des adultes atteignent le minimum recommandé d'activité physique hebdomadaire. Pourtant, quand on interroge les gens sur leurs priorités, la santé arrive presque toujours en première position. Le problème n'est donc pas l'envie — c'est le manque de cadre.

La course à pied est le sport le plus accessible qui soit : pas de salle, pas de matériel coûteux, pas de déplacement. Tu pars de chez toi avec tes chaussures et c'est parti. Mais cette accessibilité est aussi un piège : parce qu'elle semble simple, on la commence n'importe comment — et on l'abandonne aussi vite.

Le cadre proposé ici s'appuie sur une structure en 5 étapes : Analyse, Objectifs, Planification, Activité, Évaluation. Ce n'est pas une théorie abstraite. C'est ce que j'ai testé sur moi-même, et ce que confirment les experts reçus dans le podcast Au-delà du mur.


Débuter la course à pied — étape 1 : analyser son niveau et sa motivation pour courir

Avant de courir, il faut savoir d'où tu pars. C'est l'étape que tout le monde saute — et la raison pour laquelle la plupart des programmes ne tiennent pas.

Ton niveau de départ réel

Sois honnête. Tu n'as pas couru depuis 6 mois ? Depuis 2 ans ? Jamais vraiment ? Ce n'est pas un jugement — c'est une donnée. Blaise Dubois, physiothérapeute et fondateur de la Clinique du coureur, le dit clairement : « La progressivité doit absolument être personnalisée. Chacun a des capacités d'adaptation qui lui sont propres. »

Un programme générique trouvé sur internet qui double le volume d'une semaine à l'autre peut être parfait pour quelqu'un et catastrophique pour quelqu'un d'autre. La règle des 10 % d'augmentation hebdomadaire est un repère utile, rien de plus — jamais une loi scientifique.

Tes contraintes réelles de temps

Fais l'exercice concret : note ton emploi du temps sur une semaine et repère les créneaux disponibles. Matin tôt ? Pause de midi ? Soir une fois les enfants couchés ? Chaque option a ses avantages et ses inconvénients réels. Courir le matin à jeun présente des avantages physiologiques, mais s'arracher du lit dans le noir demande une dose de motivation pour courir que tout le monde n'a pas.

Ta vraie source de motivation pour courir

C'est la question la plus importante et la plus négligée. Il y a quatre grands types de motivation :

La motivation extrinsèque (une récompense externe : apparence, regard des autres) est efficace pour démarrer mais fragile au premier obstacle. La motivation intrinsèque (progresser pour soi) est la plus durable, car tu en es l'unique responsable. La motivation prosociale (courir pour ses enfants, pour un proche) peut être un déclencheur puissant, surtout combinée à la motivation intrinsèque. La motivation pull (un objectif qui attire — une course inscrite, un record à battre) est excellente sur une préparation ciblée, mais attention au vide qui suit l'objectif atteint.


Débuter la course à pied — étape 2 : fixer des objectifs SMART

« Courir plus » n'est pas un objectif. C'est un vœu. Un objectif doit être Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réaliste et Temporel.

Exemple concret : « Dans 6 semaines, je cours 30 minutes sans m'arrêter, 3 fois par semaine, à une allure où je peux tenir une conversation. »

Les 3 erreurs classiques dans le choix des objectifs

Première erreur : vouloir plusieurs pics de forme dans la même saison dès la première année. Même les athlètes professionnels ne planifient que 2 à 4 pics par an.

Deuxième erreur : copier le programme d'un athlète d'élite. Kipchoge court 200 km par semaine, dort 10 heures et ne fait que ça. Toi tu travailles, tu élèves des enfants, tu as d'autres responsabilités.

Troisième erreur : confondre objectif de performance (un temps à battre) et objectif de processus (ne manquer aucune séance pendant 6 semaines). Le second dépend entièrement de toi.


Débuter la course à pied — étape 3 : construire son plan d'entraînement semaine par semaine

Un bon plan d'entraînement respecte trois règles simples issues des dernières recherches scientifiques.

Augmenter d'abord la fréquence, pas la durée

C'est le conseil le plus contre-intuitif — et le plus important. Blaise Dubois, spécialiste de la prévention des blessures chez les coureurs, l'affirme sans détour : « La meilleure manière d'augmenter son volume sans se blesser, c'est d'abord d'augmenter le nombre de séances, pas la durée de chaque sortie. »

Progression concrète sur 6 semaines pour débuter la course à pied :

  • Semaines 1–2 : 3 séances de 20 minutes, alternance marche et course légère
  • Semaines 3–4 : 3 séances de 25 minutes, davantage de course et moins de marche
  • Semaines 5–6 : 3 séances de 30 minutes en course continue

Règle à ne pas oublier : ne pas augmenter de plus de 5 minutes par semaine sur la sortie la plus longue. C'est l'augmentation soudaine de cette sortie qui est statistiquement la plus liée aux blessures d'usure.

Intégrer le renforcement musculaire dès le départ

Guy Thibault, docteur en physiologie de l'exercice (Université de Montréal), est catégorique : l'économie de course — l'énergie que tu dépenses pour parcourir un kilomètre — varie entre 20 et 25 % selon les individus. Améliorer ce chiffre grâce au renforcement musculaire produit des différences de performance bien plus importantes qu'on ne l'imagine.

Deux séances de 15 à 20 minutes par semaine suffisent au moment de débuter la course à pied: gainage, squats, fentes, exercices de stabilisation. Pas besoin de salle.

La zone 2 : ni religion, ni tabou

Tu as peut-être entendu que tu dois courir 80 % du temps en « zone 2 ». Cette tendance mérite d'être nuancée. Les professionnels font 80 % de leur volume en zone 2 non pas parce qu'elle est miraculeuse, mais parce que c'est ce qu'il reste à faire après leurs séances intenses. Pour un coureur amateur avec 3 à 4 heures d'entraînement par semaine, la priorité va aux séances de qualité, complétées par du volume à allure basse si le temps le permet.


Débuter la course à pied — étape 4 : transformer l'entraînement en habitude

La règle du sac préparé la veille

Le principal ennemi de la régularité n'est pas le manque de temps : c'est le moment de l'hésitation. Si ton sac est prêt, tes chaussures sont devant la porte et la décision est déjà prise — il ne reste qu'à sortir.

Gérer les courbatures intelligemment

Les courbatures (DOMS — delayed onset muscle soreness) apparaissent 24 à 72 heures après un effort intense. La solution : une sortie de récupération active de 30 minutes à allure très lente le lendemain. Cela active la circulation, accélère l'évacuation des déchets métaboliques et réduit le pic douloureux du surlendemain.

Attention aux signaux d'alerte : une douleur articulaire ou tendineuse qui persiste plus de 48 heures n'est pas une courbature. C'est un signal d'alarme.

Courir avec des enfants : trouver son créneau sans culpabilité

Courir avec des enfants en bas âge dans le quotidien est un vrai défi d'organisation. Les créneaux matinaux avant le réveil de la famille, les séances de midi, ou même les balades familiales du week-end sont autant de solutions concrètes pour trouver son rythme sans sacrifier l'équilibre familial.


Débuter la course à pied — étape 5 : évaluer et ajuster pour progresser durablement

Comment évaluer chaque semaine en 5 minutes

Note chaque semaine : combien de séances prévues, combien réalisées, tes sensations physiques et ton ressenti global. Si tu n'atteins pas 80 % des séances prévues deux semaines d'affilée, le problème n'est pas ta volonté — c'est le plan. Ajuste-le.

La règle de la progression ridiculement lente

Guy Thibault résume mieux que tout ce que la science du sport enseigne sur le sujet : « Courir 3 heures par jour, c'est possible sans se blesser. Mais il faut commencer par 5 minutes — pas 50 minutes la première séance. »

Questions fréquentes sur la façon de débuter la course à pied

3 séances par semaine est la fréquence idéale. L'espacement entre les séances est aussi important que les séances elles-mêmes.

Combien de temps avant de voir des résultats ?

Les premières adaptations physiologiques se produisent en 2 à 3 semaines. Les changements perceptibles sur l'endurance sont généralement visibles après 4 à 6 semaines de pratique régulière.

L'intelligence artificielle peut-elle créer mon plan d'entraînement ?

Une étude publiée en 2026 dans le British Medical Bulletin (Montaruli et al.) a comparé les plans générés par 8 modèles d'IA avec la littérature scientifique. Conclusion : l'IA produit de bons cadres structurés, mais ne remplace pas la personnalisation. Utilise-la comme point de départ, pas comme oracle.


Ressources pour aller plus loin

Tu ressens des courbatures après la reprise d'une activité ou après avoir réaliser des mouvements inhabituels?

Lis l'article de blog sur la zone 2 avec Guy Thibault: https://audeladumur.ch/zone-2-5-points-forts/

🎁 Pour toi, un guide pour te permettre de réaliser les exercices dont je parle durant l'épisode de podcast

Zone 2 : 5 points forts qui vont changer votre façon de courir plus vite

Zone 2 : 5 points forts qui vont changer votre façon de courir plus vite

Image blog de l'épisode fin de la zone 2

Tu rêves de courir plus vite sur ton prochain semi-marathon ? Pourtant, on t'a répété pendant des années une vérité absolue : pour progresser, il faut courir lentement en zone 2, consacrant 80 % de ton temps d'entraînement à cette allure. C'est sacré ! Mais si je te disais que cette règle est en train de s'effondrer pour le coureur amateur que tu es ?

Basé sur les révélations de Guy Thibault, spécialiste québécois de l'entraînement, dans le podcast Au-delà du mur, cet article va bouleverser tes certitudes. À travers 5 vérités fondamentales, nous allons décortiquer pourquoi la zone 2 est devenue une mode mal comprise, copiée sur les pros, et comment tu peux optimiser ta performance sans y passer tes week-ends. Prêt à dépasser tes murs ?

1. La zone 2 n'est pas une nouveauté, c'est une ancienne mode rebaptisée

La première vérité à accepter est que l'engouement actuel pour la zone 2 n'a rien de révolutionnaire. Comme l'explique Guy Thibault, il existe une mode extraordinaire partout sur la planète, particulièrement en course à pied, mais ce concept date des années 1950. À l'époque, les entraîneurs britanniques parlaient de « LSD » (Long Slow Distance), c'est-à-dire les longues sorties à basse intensité.

On faisait déjà de la zone 2 sans le savoir, comme Monsieur Jourdain faisait de la prose. Ce qui a changé depuis environ cinq ans, c'est l'argumentaire scientifique, popularisé par des figures comme Iñigo San Millán, qui a érigé l'entraînement en zone 2 en véritable religion. On a simplement changé le nom pour vendre du nouveau avec du vieux, créant une excitation disproportionnée autour d'une intensité qui a toujours existé.

2. Les arguments métaboliques de la zone 2 sont souvent mal interprétés

La deuxième vérité concerne les justifications scientifiques souvent avancées. Deux arguments principaux défendent la zone 2 : le métabolisme des graisses et la clairance du lactate. Il est vrai qu'à cette intensité, on oxyde un maximum de lipides. Cependant, Guy Thibault qualifie l'argument de la perte de poids de « faux ».

Si vous faites une séance intense, vous brûlerez des glucides pendant l'effort, mais votre corps métabolisera des lipides dans les heures qui suivent pour récupérer. Au final, sur une journée complète, le bilan lipidique est identique. Pour perdre du gras, la seule équation valable reste : dépenser plus de calories que l'on en ingère. De plus, contrairement aux idées reçues, ce n'est pas en zone 2 que l'on développe le mieux ses mitochondries ou sa capillarisation. « Ces adaptations, on les obtient beaucoup plus en s'entraînant à haute intensité », affirme le spécialiste. La zone 2 n'est donc pas la potion magique qu'on vous vend.

3. Copier les pros qui font 80 % de zone 2 est une erreur pour l'amateur

La troisième vérité est peut-être la plus libératrice : vous n'êtes pas Eliud Kipchoge. Il est vrai que les champions consacrent 80 % de leur volume en zone 2. Mais pourquoi ? Parce que ce sont des professionnels qui s'entraînent 20 heures par semaine. Après leurs séances de haute intensité, ils ont tout leur temps pour faire du volume « de remplissage ».

Pour le commun des mortels qui jongle entre travail et famille, copier ce modèle est une erreur. Les intensités les plus « payantes », celles qui améliorent le plus la VO2max et la performance, sont les hautes intensités. Si vous avez peu de temps, privilégier la zone 2 revient à négliger ce qui rapporte le plus. Comme le résume la citation d'H.L. Mencken reprise par Guy Thibault : « Pour chaque problème complexe, il existe une solution simple, directe et fausse. » La zone 2 est devenue cette solution simple, mais fausse pour votre contexte d'amateur pressé.

Kipchoge à l'arrivée du défi 01h59'
Crédit image: www.runningcolombia.com

4. La zone 2 reste nécessaire, mais seulement pour la durée de l'épreuve

La quatrième vérité nuance le propos : la zone 2 n'est pas « mauvaise », elle est juste mal justifiée. Elle devient absolument nécessaire si vous préparez une épreuve de longue distance comme un marathon ou un ultra-trail. Si vous n'avez jamais couru deux heures d'affilée, vous ne serez pas capable de terminer une telle épreuve sans douleurs majeures.

Cependant, l'objectif n'est pas d'améliorer sa VO2max, mais d'habituer le corps (tendons, articulations, muscles) à la durée de l'effort. Pour un coureur amateur, la zone 2 doit donc être un complément pour la résistance spécifique à la distance, et non la base exclusive de l'entraînement. Le secret réside dans la progression : les blessures surviennent rarement à cause du volume stable, mais à cause de l'augmentation soudaine de la durée de la plus longue séance en zone 2. Une étude récente citée par Guy Thibault confirme que ce n'est pas le volume hebdomadaire qui blesse, mais l'augmentation brutale de la sortie la plus longue. Il faut donc doser cette zone 2 avec une progressivité extrême, surtout si votre emploi du temps ne vous permet pas une récupération optimale entre deux sorties longues.

5. Oubliez les tests complexes : l'écoute et la VMA priment sur la zone 2

Enfin, la cinquième vérité concerne la mesure de l'effort. Faut-il absolument aller en laboratoire pour définir sa zone 2 précise ? Guy Thibault répond par la négative. Chercher à tout prix à définir ses zones via des tests de lactate ou de gaz expirés est souvent une perte de temps, car ces seuils évoluent rapidement.

La meilleure approche est de se fier à la perception de l'effort et à des tests de terrain simples comme le test de Léger-Bouchard pour déterminer sa VMA.

  • Pour la haute intensité : Visez des séances où le degré global de difficulté atteint 8 ou 9 sur 10.
  • Pour le lent : Utilisez le « test de la parole ». En zone 2, vous devez pouvoir converser tout en étant légèrement essoufflé, mais pas au point de ne pas pouvoir chanter.

Mieux encore, n'hésitez pas à pratiquer le Fartlek, cette méthode qui consiste à varier les allures selon son bon vouloir. C'est souvent supérieur à l'entraînement continu lent, car cela apprend au corps à gérer les changements de rythme sans la rigidité d'une zone 2 théorique. Le Fartlek permet d'introduire naturellement des pointes de vitesse qui stimulent la VO2max, tout en gardant une allure globale modérée. C'est l'illustration parfaite qu'il n'est pas besoin de s'enfermer dans des cases chiffrées pour progresser. L'écoute de soi reste le guide le plus fiable pour adapter l'intensité à votre forme du jour, bien plus qu'un pourcentage de fréquence cardiaque figé dans une zone 2 arbitraire.

Conclusion : Diversifiez pour mieux progresser

Ces 5 vérités montrent que l'avenir de l'entraînement ne réside pas dans une religion unique comme la zone 2. Il réside dans le discernement et la diversification. Comme en finance, il faut diversifier son portefeuille : faites des sprints, faites des séances à l'allure 3000 mètres, et faites du volume lent uniquement si votre objectif de course l'exige.

Arrêtons de chercher la solution miracle. La mode d'aujourd'hui sera remplacée par une autre dans deux ans. La seule constante, c'est que plus l'intensité est élevée, plus chaque seconde d'entraînement est « payante ». Pour toi, coureur amateur, le message est clair : oublie la culpabilité de ne pas faire assez de zone 2. Si tu as peu de temps, mise sur la qualité, l'écoute de toi-même et la variété. C'est ainsi que tu progresseras durablement.


🎧 Pour aller plus loin

Ces conseils pratiques te feront gagner du temps et de la performance. Mais l'écoute ne s'arrête pas là. Pour approfondir le sujet et arrêter de courir dans le vide, abonne-toi au podcast « Au-delà du mur ».

Partage cet épisode à ton ami qui court toujours à la même allure, persuadé que c'est la seule façon de progresser. Et dis-nous en commentaire : es-tu plutôt team « sortie longue du dimanche » ou team « séance courte et intense » ?

On se retrouve vite pour dépasser un nouveau mur. D'ici là, chausse tes baskets et ose varier les allures !