Le jeudi 7 mai 2026, le Comité international olympique a fermé la porte à l'intégration du trail running au programme des Jeux olympiques d'hiver 2030 dans les Alpes françaises. La présidente du CIO, Kirsty Coventry, a été très claire : seuls les sports de neige et de glace seront retenus. Le cross-country, le cyclo-cross et le gravel subissent le même sort.
C'est un désaveu pour Edgar Grospiron, président du COJOP Alpes Françaises 2030. Il défendait l'idée d'utiliser le potentiel des massifs entre 0 et 1 000 mètres d'altitude pour ouvrir les JO à des disciplines outdoor. Le vote final aura lieu en juin 2026, mais la position de l'exécutif du CIO est sans ambiguïté.
Beaucoup, dans le milieu, ont accueilli la nouvelle avec déception. Pourtant, en prenant un peu de recul, cette décision a de solides arguments pour elle. En voici cinq.
Le trail aux JO, ce n'est pas pour tout de suite.
Raison 1 — Le trail running garde son ADN nature
Le trail running est né d'une envie simple : courir loin du bitume, dans des paysages qui changent à chaque kilomètre. C'est un sport qui se pratique avec ce que la nature offre — un sentier, une crête, une forêt, parfois rien d'autre qu'une trace dans l'herbe.
Une médaille olympique impose un cadre standardisé. Distances calibrées, parcours homologués, conditions reproductibles. Or, le trail running tire justement sa richesse de l'inverse : chaque course est unique, chaque profil est différent, chaque terrain raconte sa propre histoire.
En restant à l'écart des JO, le trail running évite de devoir se lisser pour entrer dans une case. C'est sans doute la première raison de se réjouir de cette décision.
Raison 2 — Préserver les massifs déjà sous pression
Les recherches sur l'impact écologique du trail running sont assez claires : les premiers passages sur un terrain vierge causent les dégâts les plus importants, et les courses agissent comme des amplificateurs en concentrant un fort volume de coureurs sur une période courte. Au-delà d'un certain seuil de fréquentation, la faune modifie son comportement et devient nocturne pour fuir l'activité humaine.
Aujourd'hui déjà, des chercheurs spécialisés dans le sport et le tourisme durable posent la question franchement : une course de trail running peut-elle rester durable et respectueuse de son environnement quand elle devient trop attractive ? C'est l'une des conclusions d'une analyse publiée dans The Conversation sur l'empreinte carbone des compétitions sportives en pleine nature.
Une labellisation olympique aurait démultiplié cette pression. Plus de coureurs, plus de spectateurs, plus d'infrastructures temporaires sur des sentiers déjà fragiles. Le CIO, sans le formuler ainsi, vient d'épargner aux Alpes un coup d'accélérateur dont elles n'avaient pas besoin.
Raison 3 — Éviter le format spectacle qui dénature le trail running
Les Jeux olympiques sont avant tout un produit télévisuel. Pour entrer au programme, une discipline doit pouvoir être filmée, scénarisée et consommée en quelques minutes. C'est une contrainte qui a déjà transformé d'autres sports — pensons au format des épreuves de ski freestyle ou de skateboard.
Pour le trail running, ce passage au format spectacle aurait probablement signifié des courses très courtes, sur boucles répétées, avec des points de passage filmables. Loin du modèle long, vallonné, parfois solitaire qui définit la discipline. Le trail running aurait gagné en visibilité, certes — mais aurait perdu une partie de ce qui le rend précieux à ceux qui le pratiquent.
Cette décision du CIO protège, indirectement, la liberté de format que les organisateurs et les athlètes défendent depuis dix ans.
Raison 4 — Protéger l'esprit participatif du trail running
Le trail running est l'un des rares sports où amateurs et élites partagent la même ligne de départ. Sur l'UTMB, sur la Sierre-Zinal, sur la Diagonale des Fous, le coureur du dimanche court le même tracé que les meilleurs mondiaux, parfois le même jour.
Cette dimension participative est l'une des grandes forces du trail running. Elle est aussi quasiment incompatible avec le modèle olympique, par essence élitiste, qui ne retient qu'un quota restreint d'athlètes par nation.
Une entrée aux JO aurait inévitablement créé deux trails : un trail running olympique, calibré, sélectif, médiatisé — et un trail running grand public, relégué au second plan. Le CIO vient d'éviter cette fracture.
Raison 5 — Donner du temps à la structuration du trail running mondial
Aujourd'hui, le trail running est encadré par plusieurs organismes : l'ITRA, la WMRA et l'IAU, sous l'égide de World Athletics. Mais la structuration reste inégale d'un pays à l'autre.
Aux Mondiaux de Trail 2025 à Canfranc, en Espagne, certains athlètes de premier plan étaient absents — non par manque d'envie, mais parce que leur fédération nationale d'athlétisme ne disposait pas de structure dédiée au trail running. Une intégration olympique précipitée aurait créé des inégalités de moyens difficiles à rattraper.
Reporter cette échéance laisse au trail running le temps de bâtir des structures solides dans davantage de pays, avant d'envisager — peut-être — une intégration future, mieux préparée.
Ce qu'il faut retenir
La décision du CIO du 7 mai 2026 ferme une porte, mais elle en laisse beaucoup d'autres ouvertes. Le trail running continue de se pratiquer là où il est né : sur les sentiers, dans les massifs, loin des stades. Il garde son format libre, son esprit participatif et sa relation directe à la nature.
L'édition 2034 des JO d'hiver, à Salt Lake City, fait l'objet d'une réflexion plus large au sein d'un groupe de travail du CIO. Le débat reviendra. D'ici là, le trail running a peut-être le meilleur cadeau qu'on pouvait lui faire : du temps. Du temps pour grandir sans se trahir.
Et toi, tu en penses quoi ? Le trail running aurait-il dû entrer aux JO ? Réponds en commentaire.
Si tu découvres ce blog pour la première fois, Au-delà du mur est un podcast dédié aux coureurs amateurs qui cherchent à progresser durablement — en trail comme sur route.
Le 26 avril 2026, à Londres, le record du monde de marathon est tombé sous les deux heures. Sabastian Sawe a couru 42,195 km en 1h59'30. C’est officiel, validé, homologable. Ce nouveau record du monde de marathon, c’est bien plus qu’un simple chrono : douze mois de préparation millimétrée, des chercheurs en blouse blanche, une consommation de glucides hors norme, une croisade personnelle contre le dopage, et un retournement marketing qui ridiculise un peu Nike. Je vais te raconter tout ça, et surtout te montrer comment t’en inspirer pour ton prochain marathon.
Record du monde de marathon : ce que Sawe a vraiment fait à Londres
Dimanche 26 avril 2026, Londres. Sabastian Sawe, kényan, franchit la ligne en 1h59'30. Ce nouveau record du monde de marathon, c’est la première fois qu’un être humain court 42,195 km dans une course officielle, validée par World Athletics, sous les deux heures. L’ancien record du monde de marathon, détenu par Kelvin Kiptum (2h00'35 à Chicago en 2023), tombe de plus de soixante secondes.
Et le plus fou ? Sawe n’est pas seul. Yomif Kejelcha, l’éthiopien, termine deuxième en 1h59'41 — pour son tout premier marathon. Jacob Kiplimo, ougandais, arrive troisième en 2h00'28 et améliore lui aussi l’ancien chrono. Trois coureurs sous ou tout proches du mur des deux heures, le même jour, sur la même course. Le record du monde de marathon n’est pas tombé tout seul.
La barre symbolique des deux heures, mythique depuis des décennies, vient officiellement d’être franchie. Et elle ne reviendra plus.
Record du monde de marathon : la science derrière la performance
Pour comprendre comment ce record du monde de marathon a pu tomber, il faut regarder ce que la recherche raconte sur l’endurance de très haut niveau. Les scientifiques s’accordent depuis longtemps sur trois piliers : VO2max élevé, économie de course optimisée, seuil lactique très haut. Sawe coche les trois cases à un niveau quasi théorique.
Le rythme tenu — 2 minutes et 50 secondes par kilomètre pendant 42 km — correspond à environ 21 km/h. Les études publiées sur PubMed sur les coureurs élites est-africains pointent toutes vers une économie de course exceptionnelle, c’est-à-dire une consommation d’oxygène très faible à allure rapide. C’est ce qui permet de tenir une intensité aussi haute aussi longtemps.
L’autre pilier, c’est la nutrition pendant l’effort. Les recommandations classiques tournent autour de 60 à 90 g de glucides par heure pour un marathon. Sawe en a absorbé 115 g par heure en moyenne pour son record du monde de marathon. C’est la limite haute documentée dans la littérature scientifique sur l’absorption intestinale, atteinte uniquement après un entraînement digestif spécifique.
Record du monde de marathon : la préparation millimétrée de Sawe
Selon son équipe, Sawe a passé douze mois à préparer cette seule course. Volume hebdomadaire : jusqu’à 240 km par semaine. C’est un chiffre qui dépasse ce que la plupart des coureurs amateurs peuvent même envisager, et qui se situe au sommet de ce que tolèrent les marathoniens élites.
La majorité de ce volume est courue à basse intensité. C’est cohérent avec ce que la recherche montre depuis plus de vingt ans : la performance en endurance se construit principalement sur du volume aérobie, avec une petite dose d’intensité ciblée. Le vieux principe « 80/20 » remis au goût du jour.
La stratégie nutrition : 12 mois d’entraînement digestif
Sawe a travaillé avec Maurten, l’entreprise suédoise de nutrition sportive, qui a fait six déplacements au Kenya pour calibrer son protocole en vue du record du monde de marathon. Les tests menés incluent : mesure de l’absorption des glucides via isotopes stables (¹³C), eau doublement marquée pour l’énergie dépensée, VO2max, économie de course, lactate, prises de sang, composition corporelle, journaux alimentaires détaillés.
Le plan course finalisé est précis à la minute. Carb-loading avec une boisson glucidique pendant les deux jours précédents. Petit-déjeuner léger le matin. Bicarbonate de sodium encapsulé à 6h45 pour neutraliser l’acidité musculaire. Une boisson glucidique sur le trajet vers le départ. Un gel cinq minutes avant le coup de feu. Puis ravitaillements précis tous les 5 km pendant la course.
Cette densité d’apport glucidique est le résultat d’un entraînement digestif progressif. L’intestin, comme un muscle, peut s’adapter et augmenter sa capacité d’absorption. C’est une des grandes leçons de ce record du monde de marathon pour tous les coureurs.
Nike a payé des millions pour rien ?
Voici la partie la plus cocasse de l’histoire. En 2016, Nike lance officiellement le projet Breaking2, dont le but assumé est de faire passer un humain sous les deux heures sur marathon. Plusieurs sources médias parlent d’un projet à plusieurs millions de dollars, étalé sur plusieurs années. L’objectif affiché : signer le futur record du monde de marathon sub-2h.
Le programme Breaking2 mobilise des dizaines de scientifiques, des laboratoires, des soufflerie aérodynamiques, et trois athlètes triés sur le volet : Eliud Kipchoge, Lelisa Desisa, Zersenay Tadese. C’est ce projet qui accouche de la première supershoe à plaque carbone, la Vaporfly. Une innovation qui révolutionne la course à pied mondiale.
Première tentative à Monza en 2017 : Kipchoge échoue de 25 secondes (2h00'25). Deuxième tentative avec le Ineos 1:59 Challenge à Vienne en 2019 : Kipchoge passe en 1h59'40. Mais ces deux performances ne sont pas homologables — pacers tournants, voiture meneuse, ravitaillement à vélo. Le record du monde de marathon officiel reste hors d’atteinte pour Nike.
Dix ans, des dizaines de millions investis, un documentaire National Geographic, une campagne marketing planétaire. Et finalement, le record du monde de marathon tombe officiellement… sans eux.
Le coup de théâtre Adidas
Sawe et Kejelcha portent tous les deux la même chaussure pour ce record du monde de marathon : l’Adidas Adizero Adios Pro Evo 3. Annoncée le 23 avril, mise en vente le 25, utilisée pour battre la barre des deux heures le 26. Un timing marketing presque trop parfait.
Cette chaussure pèse 97 grammes. Pour comparaison, une chaussure de running classique tourne autour de 250 à 300 grammes. La technologie reste celle de la supershoe : mousse résiliente très épaisse (39 mm au talon, juste sous la limite réglementaire), structure rigide intégrant des éléments en carbone qui restituent l’énergie.
Les études sur l’économie de course chiffrent le gain à environ 4% pour les supershoes par rapport à des modèles classiques. Sur un marathon couru en deux heures, ça représente plusieurs minutes. C’est massif.
Le coup de théâtre, c’est qu’Adidas a fait sauter le verrou que Nike avait construit. Le record du monde de marathon est désormais signé par la marque aux trois bandes. La course à pied de haut niveau, c’est aussi une guerre commerciale entre équipementiers, où chaque marque essaie de faire courir son athlète vedette plus vite que tous les autres.
Record du monde de marathon : le combat de Sawe contre le dopage
On ne peut pas parler d’un record du monde de marathon kényan sans parler de dopage. Le sujet est trop chargé. Depuis 2017, plus de 145 athlètes kényans ont été suspendus pour dopage. Et le dernier record du monde marathon féminin de Ruth Chepngetich, en 2024, a fini en suspension pour trois ans. Le contexte est explosif.
Sawe a anticipé. Conscient de la suspicion qui allait suivre n’importe quelle performance hors norme, il a pris les devants dès 2025. Il a contacté lui-même l’AIU, l’unité d’intégrité de l’athlétisme. Il leur a demandé de le contrôler plus, plus souvent, plus durement. Adidas a financé l’opération à hauteur de 50 000 euros pour permettre à l’AIU de réaliser des tests supplémentaires. Résultat : 25 contrôles sanguins et urinaires en quelques mois, parfois plusieurs par semaine. Aucune anomalie.
Plus fort encore : Sawe a imposé à tous les coureurs de son groupe d’entraînement de signer une charte. En cas de contrôle positif, l’athlète doit reverser ses gains à la lutte antidopage. Refus de signer = exclusion immédiate. C’est inédit pour un athlète, et c’est salué par l’AIU comme un engagement exemplaire.
Sa formule à lui : « Le dopage est un cancer. » C’est sec, c’est clair, c’est le contraire des éléments de langage habituels. Ce record du monde de marathon, Sawe a tout fait pour qu’il soit aussi propre que rapide.
Record du monde de marathon : 5 leçons concrètes pour ta prochaine prépa
Tu ne courras probablement jamais un record du monde de marathon. Moi non plus. Mais l’histoire de cette performance contient des principes qui valent pour tous les niveaux. Voici les cinq leçons que j’en retire, et que tu peux appliquer dès ta prochaine prépa.
1. Donne-toi 12 à 16 semaines, pas 6
Sawe a passé douze mois sur une seule course. Toi, tu n’as pas ce luxe — mais le principe reste : la prépa marathon ne se bricole pas en six semaines. Compte 12 semaines minimum si tu as déjà une base, 16 semaines si tu es plus loin de l’objectif.
Ce qui fait la différence, ce n’est pas la séance miracle de la semaine 8. C’est l’accumulation patiente : un peu plus de volume, un peu plus de sortie longue, un peu plus de spécifique. Si tu as le sentiment de te précipiter, c’est probablement que tu te précipites.
2. Entraîne ton estomac comme tu entraînes tes jambes
La vraie leçon de ce record du monde de marathon pour toi, c’est l’entraînement digestif. La plupart des coureurs amateurs s’écroulent sur la deuxième moitié du marathon non pas parce qu’ils manquent de jambes, mais parce qu’ils manquent de carburant. Et souvent, parce qu’ils n’ont pas habitué leur estomac à absorber pendant l’effort.
Concrètement : commence à 30 g de glucides par heure sur tes sorties longues. Au bout de quelques semaines, monte à 45 g. Puis 60 g. Tu seras déjà au-dessus de ce que la majorité des coureurs amateurs font le jour J. Teste plusieurs marques, plusieurs textures (gels, boissons, barres). Trouve ce qui passe sans crampe d’estomac. Et utilise exactement le même produit le jour J — jamais de nouveauté en course.
3. Cours plus, pas plus vite
Sawe court à basse intensité l’essentiel de son volume. Ce principe vaut pour à peu près tous les coureurs amateurs que je connais : la marge de progression est dans le volume facile, pas dans des séances de seuil supplémentaires.
Si tu cours actuellement 30 km par semaine, monte progressivement à 40 puis 50 km en gardant la même répartition d’intensité. Tu progresseras plus que si tu rajoutes deux séances de fractionné par-dessus tes 30 km. Et tu te blesseras moins, parce que les blessures viennent presque toutes d’un excès d’intensité, pas d’un excès de volume facile.
Règle simple : tes sorties faciles doivent être faciles. Tu dois pouvoir tenir une conversation. Si tu es essoufflé, tu cours trop vite.
4. Choisis bien ta paire — sans te ruiner
Les supershoes utilisées pour le record du monde de marathon apportent un gain réel d’environ 4% en économie de course. Pour un coureur élite, ça fait des minutes. Pour toi, ça fait quelques minutes aussi, mais sur un chrono déjà beaucoup plus lent. La question, c’est : est-ce que ça vaut 250 à 500 francs ?
Mon conseil : tu n’as pas besoin du dernier modèle hors de prix. Une chaussure à plaque carbone d’une génération précédente, en solde ou sur le marché de l’occasion, te donnera l’essentiel du gain. Garde-la pour le jour J et tes deux ou trois séances spécifiques. Pour le reste de ta prépa, une chaussure d’entraînement classique fait très bien le travail — et préserve la durée de vie de ta paire de course.
5. La régularité bat le talent
Sawe est exceptionnellement doué. Mais ce qui l’a amené à 1h59'30, c’est la régularité. Douze mois sans accroc majeur. Pas de blessure qui te coupe trois semaines, pas de coup de mou qui te fait sauter les sorties longues, pas de week-end perdu parce que tu as forcé la veille.
À ton échelle, ça veut dire : trois à quatre sorties par semaine que tu fais vraiment, plutôt que cinq que tu prévois et trois que tu fais. Ça veut dire dormir sept heures, manger correctement, accepter qu’une semaine de fatigue se transforme en semaine allégée plutôt qu’en semaine massacrée. La régularité, c’est ce qui permet aux séances de s’additionner. Sans elle, tu repars de zéro tous les quinze jours.
🎙️ Tu prépares ton prochain marathon ?
Découvre le podcast Au-delà du mur — chaque semaine, des conseils concrets pour les coureurs amateurs : préparation, nutrition, mental, récupération.
Record du monde de marathon : et maintenant, jusqu’où ira-t-on ?
La question revient à chaque chute de barrière mythique. En 1954, on disait qu’il était impossible de courir un mile sous les quatre minutes. Roger Bannister l’a fait. Aujourd’hui, plus de 1700 coureurs l’ont fait après lui. Le record actuel du mile est même proche de 3'43.
Pour le marathon, la même logique semble se mettre en route. Une fois la barrière mentale franchie, beaucoup d’autres athlètes vont essayer de la franchir aussi. La deuxième place de Kejelcha en 1h59'41 — pour un premier marathon — montre que le sub-2h n’est pas une anomalie isolée. Le prochain record du monde de marathon ne mettra peut-être pas 23 ans à tomber.
Plusieurs questions ouvertes pour les années qui viennent : où s’arrêtera la limite humaine ? Va-t-on voir des temps proches de 1h57 ou 1h58 d’ici la fin de la décennie ? Comment les fédérations vont-elles encadrer les évolutions des supershoes ? La femme qui passera sous 2h10 puis 2h09 fera-t-elle autant parler ?
Une chose est certaine : le mythe est mort. Les générations futures de coureurs grandiront avec l’idée qu’un marathon peut se courir en moins de deux heures. Et les enfants qui regardent les images de Sawe à Londres aujourd’hui n’auront plus jamais à se demander si c’est possible.
Le mur est tombé, et alors ?
Le 26 avril 2026 restera dans l’histoire de la course à pied comme le 6 mai 1954 pour le mile. Une barrière mentale a sauté. Sabastian Sawe a battu le record du monde de marathon en 1h59'30, accompagné de Yomif Kejelcha sous les deux heures lui aussi, en chaussant un modèle Adidas mis sur le marché trois jours plus tôt. La science, l’entraînement, la nutrition, la chaussure, la transparence sur le dopage : tout a convergé pour ce record du monde de marathon.
Nike, l’initiateur de la quête, regarde son rival historique signer le coup officiel. Le sport vient de basculer dans une nouvelle ère, où le marathon sub-2h ne relève plus de la science-fiction mais d’une performance certes hors du commun, mais désormais reproductible.
Et toi, dans tout ça ? Tu n’es pas Sawe. Mais tu as une boussole : 12 semaines minimum, estomac entraîné, volume facile, chaussure adaptée, régularité avant tout. Le reste suit.
Sources principales
Sportico — analyse du sub-2h Sawe et contexte marketing Adidas/Nike
Le Colombettes Trail revient pour sa deuxième édition le samedi 25 avril 2026, à Vuadens, au pied du Moléson. Après une première édition qui a rassemblé près de cinq cents coureurs en 2025, la course s'installe durablement dans le paysage du trail fribourgeois. Si tu cherches un bon prétexte pour épingler un dossard dès le printemps, ce trail de la Gruyère réunit les arguments qui comptent : des parcours pour tous les niveaux, un cadre qui respire la tradition, et un esprit villageois qu'on ne trouve plus partout.
Voici cinq raisons concrètes de te pointer à Vuadens le 25 avril prochain.
1. Un trail de début de saison pensé pour tester ta préparation hivernale
Avril, c'est le moment où tu te demandes si tes kilomètres d'hiver vont payer. Le Colombettes Trail tombe pile au bon endroit du calendrier. Tu peux y aller sans pression pour tester ta forme, ou au contraire te servir de la course comme étape sérieuse avant un 50 km ou un ultra plus tard dans l'année. Steve Dupasquier, président du comité, le formule bien : « Tu vas peut-être faire notre grand parcours de 36 km pour te préparer pour d'autres trails durant la saison qui seront un peu plus longs. » Le 36 km Armailli sert aussi de test grandeur nature pour quiconque vise un objectif à partir de juin.
2. Quatre parcours qui parlent à tout le monde
Le Colombettes Trail propose quatre formats, et c'est une vraie force. Le parcours Armailli by Bat-mann Construction SA aligne 36 km pour 1 483 m de dénivelé positif — c'est le défi pour les coureurs aguerris, avec des panoramas sur la Chia et le Moléson. Le Dzodzet by Hubert Etter SA (15 km / 459 m D+) vise ceux qui veulent un format plus roulant mais exigeant. Le Brebis by Gruyère Énergie SA a été ramené de 9 à 7 km cette année sur la base des retours des participants 2025, pour s'ouvrir davantage aux coureurs qui débutent ou qui veulent juste une belle sortie. Et la Kids Cup by Ropraz SA (parcours à obstacles de 300 m à 1,5 km) fait entrer les plus jeunes dans la course à pied par le bon bout : l'amusement.
3. L'ADN du Colombettes Trail tient en trois mots — et ça change tout
Interrogé sur ce qui définit sa course, Steve Dupasquier lâche : « convivialité, simplicité et traditions. » Dans un monde du trail où les budgets marketing, les dossards à trois chiffres et les villages d'exposants pullulent, retrouver un trail qui cultive délibérément une approche simple fait du bien. Les bénévoles sont du village. La soupe de chalet d'arrivée est préparée dans la plus pure tradition gruérienne. Le cadeau souvenir soutient des commerçants locaux. Et les coureurs traversent les pâturages des armaillis — ces bergers-fromagers qui donnent son nom au parcours reine. Le terroir n'est pas un argument marketing : c'est le décor lui-même.
4. Une solidarité villageoise qui rend la course possible
Ce qui impressionne quand on discute avec le comité, c'est de réaliser combien la course est portée par tout un village. Les paysans coupent l'herbe des pâturages pour laisser passer les coureurs proprement. La commune ouvre la déchetterie pour que le ski-club puisse y amener ses déchets gratuitement. Les bénévoles acceptent de passer sept à huit heures sur un ravitaillement en pleine montagne avec le sourire. « Sans tout cet écosystème, on ne peut pas arriver au bout de notre trail », résume Steve Dupasquier. Quand tu cours sur le parcours du Colombettes Trail, tu traverses ce qu'un village accepte d'offrir pendant une journée. Ça ne se résume pas à un dossard.
5. Une deuxième édition plus rodée, et Mathieu Clément sur place
Le comité aborde 2026 plus sereinement que l'an dernier. Les autorisations sont acquises, le tracé est connu, et trois nouveaux jeunes du ski-club ont rejoint l'équipe pour porter l'organisation dans la durée. Côté ambiance, l'ambassadeur du Colombettes Trail Mathieu Clément sera présent sur la place de fête, sans courir cette fois — il enchaîne sur une course au Portugal la semaine suivante. Si tu prépares une échéance printanière et que tu as une question à poser à un spécialiste du trail, c'est l'occasion.
Comment t'inscrire
Les inscriptions sont ouvertes sur le site officiel trail-colombettes.ch. La remise des dossards se fait le vendredi 24 avril de 16h à 19h chez Dupasquier Sport, ou le samedi 25 avril dès 6h30 sur site. Les inscriptions tardives restent possibles jusqu'à 30 minutes avant chaque départ (à l'exception de l'Armailli 36 km). Départ de l'Armailli à 8h15, du Brebis à 10h10, du Dzodzet à 10h30, et de la Kids Cup à 15h00.
Je serai sur place ce 25 avril pour couvrir la course en direct. Si tu y cours, viens me faire coucou — et si tu hésites encore, laisse Mathieu Clément ou Steve Dupasquier te convaincre autour d'un bol de soupe de chalet.
🎧 Ecoute l'épisode sur le Colombettes Trail
Prépare ta course en écoutant la discussion que j'ai eu avec Steve Dupasquier, président du comité d'organisation.