Le Wildstrubel fait partie de ces courses qui font rêver et qui font peur en même temps. Un massif alpin, deux cantons suisses, des cols à plus de 2000 mètres, et une boucle reine qui dépasse les 100 kilomètres. Si tu as coché ce nom sur ton calendrier, ou si tu te demandes simplement si c'est un objectif réaliste pour toi, cet article est fait pour ça. On va regarder ce que l'événement propose concrètement, ce que le terrain demande, et surtout comment préparer un trail de ce type quand tu jongles entre le boulot, la famille et trois créneaux d'entraînement par semaine.
Wildstrubel : ce que propose vraiment l'édition 2026
Le Wildstrubel se déroule du 10 au 13 septembre 2026 autour de Crans-Montana, une station du canton du Valais, en Suisse romande, perchée sur un plateau à environ 1500 mètres d'altitude. L'événement fait partie du circuit UTMB World Series, ce qui signifie que certaines distances rapportent des Running Stones et permettent de viser les finales du circuit.
L'organisation annonce six distances, de 10 kilomètres à 113 kilomètres. Toutes convergent vers Crans-Montana, mais elles ne partent pas du même endroit. C'est un point d'organisation à intégrer très tôt dans ta préparation logistique, parce qu'il change ta veille de course.
La course reine, le Wild 110, s'élance de Crans-Montana le 11 septembre 2026 sur 113 kilomètres et 6600 mètres de dénivelé positif. Le tracé fait le tour complet du massif du Wildstrubel et du glacier de la Plaine Morte. Il traverse deux cantons, deux régions linguistiques et cinq destinations : Crans-Montana, Loèche-les-Bains, Kandersteg, Adelboden et Lenk. Le parcours a été imaginé par le Suisse Jean-Yves Rey, vainqueur de la CCC en 2009.
Le point culminant se situe à la cabane du Wildstrubel, autour de 2800 mètres d'altitude. Entre les deux versants, les coureurs franchissent le col de la Gemmi à 2268 mètres et le col du Rawyl à 2427 mètres. La fin de parcours redescend côté valaisan, longe le lac de Tseuzier et emprunte le bisse du Ro, un ancien canal d'irrigation accroché à la falaise.
Wildstrubel : cinq formats pour cinq profils de coureurs
C'est la vraie bonne nouvelle du Wildstrubel : tu n'es pas obligé de viser les 113 kilomètres pour vivre l'événement. Les formats couvrent un spectre très large, du premier trail à l'ultra.
Le Wild 110 part de Crans-Montana le 11 septembre : 113 kilomètres, 6600 mètres de dénivelé positif.
Le Wild 70 part de Kandersteg le 11 septembre : 72 kilomètres, 4600 mètres de dénivelé positif.
Le Wild 55 part d'Adelboden le 12 septembre : 55 kilomètres.
Un format court s'élance de Loèche-les-Bains.
Le Wild NextGen part de Crans-Montana le 12 septembre : 10 kilomètres, 500 mètres de dénivelé positif.
Le programme comprend aussi des formats dédiés aux jeunes trailers, aux enfants et aux personnes en situation de handicap. Autrement dit, le Wildstrubel n'est pas réservé à une élite d'ultra-traileurs. C'est un événement où un coureur qui découvre la montagne peut trouver sa place le même week-end qu'un finisher de 100 kilomètres.
Le conseil que je donnerais à un coureur de route qui bascule sur le trail : ne saute pas d'étape. Le Wild NextGen ou un format court, c'est déjà une vraie expérience de montagne. Beaucoup de coureurs amateurs se brûlent en visant trop grand trop vite, et abandonnent la discipline après une seule expérience douloureuse.
Wildstrubel : pourquoi le parcours est plus exigeant qu'il n'y paraît
Sur le papier, on lit des kilomètres et un dénivelé. Sur le terrain, le Wildstrubel ajoute trois contraintes que les chiffres ne montrent pas.
La première, c'est l'altitude. Passer la Gemmi à 2268 mètres, le Rawyl à 2427 mètres et la cabane du Wildstrubel autour de 2800 mètres, ce n'est pas neutre. Au-dessus de 2000 mètres, ta fréquence cardiaque monte pour une allure identique, et ta capacité à digérer se dégrade. Si tu vis et t'entraînes en plaine, tu vas découvrir cette sensation le jour de la course. Ce n'est pas une raison de renoncer, c'est une raison de calibrer tes attentes de chrono à la baisse.
La deuxième, c'est le terrain haute montagne. L'univers minéral autour du massif n'a rien à voir avec un chemin forestier roulant. Les portions techniques coûtent cher en concentration et en muscles stabilisateurs, pas seulement en cardio.
La troisième, c'est la météo. Mi-septembre en altitude, tu peux avoir du soleil à 20 degrés à Crans-Montana et de la neige fondue au col. Cette amplitude explique pourquoi le matériel obligatoire existe et pourquoi il faut le prendre au sérieux plutôt que le subir.
Wildstrubel : la logistique à anticiper bien avant le dossard
C'est le point que les coureurs amateurs sous-estiment le plus, et c'est souvent celui qui coûte le plus cher en fatigue nerveuse.
Sur le Wildstrubel, les départs ne sont pas tous donnés au même endroit. Le Wild 110 et le Wild NextGen partent de Crans-Montana, le Wild 70 de Kandersteg, le Wild 55 d'Adelboden, et un format court de Loèche-les-Bains. Kandersteg et Adelboden se trouvent dans le canton de Berne, de l'autre côté du massif : ce n'est pas un transfert de quinze minutes.
Concrètement, cela veut dire trois choses.
D'abord, si tu vises le Wild 110, tu es dans la configuration la plus simple : départ et arrivée à Crans-Montana, donc pas de transport à réserver le jour de la course. Ensuite, si tu vises un autre format, tu dois intégrer le trajet aller dans ta veille de course, et donc dans ton sommeil. L'organisation recommande d'utiliser au maximum les transports publics, ce qui est un vrai atout en Suisse mais impose de vérifier les horaires à l'avance. Enfin, tu dois anticiper l'hébergement : mi-septembre, une station comme Crans-Montana se remplit vite quand un événement du circuit UTMB World Series s'y installe.
Mon conseil : bloque la logistique du week-end au moment où tu valides ton inscription, pas trois semaines avant. Une nuit courte et un transfert stressant la veille peuvent coûter davantage qu'une séance d'entraînement manquée.
Wildstrubel : les trois erreurs de préparation les plus fréquentes
Je vois revenir les mêmes trois erreurs chez les coureurs amateurs qui préparent un objectif comme le Wildstrubel.
Première erreur : préparer le dénivelé positif et oublier la descente. Ce sont les descentes qui détruisent les quadriceps et qui font exploser les chronos en fin de course. Sur une boucle qui monte 6600 mètres, tu redescends autant. Si tes seules sorties en côte se terminent par un retour en télécabine, ton corps n'a jamais appris à encaisser l'impact excentrique.
Deuxième erreur : convertir le trail en kilomètres. Une sortie de 15 kilomètres avec 1000 mètres de dénivelé n'a rien à voir avec 15 kilomètres de plat. Raisonne en temps d'effort, pas en distance. C'est le seul repère qui reste valable quand tu passes d'un terrain à l'autre.
Troisième erreur : négliger la marche. Sur les longues montées d'un parcours comme celui-là, tu vas marcher. Beaucoup. Et pourtant, presque personne ne s'entraîne à marcher vite en côte. C'est une compétence, avec une technique, un rythme respiratoire et un usage des bâtons qui s'apprennent.
Wildstrubel : construire ton volume sans te blesser
Tu n'as pas besoin de dix heures d'entraînement par semaine pour terminer un trail de montagne. Tu as besoin de régularité et de progressivité.
Le principe de base tient en une phrase : augmente ta charge lentement et de façon prévisible. La plupart des blessures de coureur amateur viennent d'une augmentation trop rapide du volume, du dénivelé ou de l'intensité, souvent les trois en même temps parce qu'une échéance approche.
Une structure simple qui fonctionne pour un objectif comme le Wildstrubel, sur trois à quatre séances par semaine :
une sortie longue, qui grandit progressivement en temps d'effort et qui devient ton laboratoire nutrition et matériel ;
une séance de côtes ou de dénivelé spécifique, en montée franche puis en descente contrôlée ;
une sortie facile en endurance fondamentale, à une allure où tu peux tenir une conversation ;
si le planning le permet, une quatrième séance courte, en qualité ou en renforcement.
Et une semaine allégée toutes les trois semaines environ. C'est la semaine que tout le monde saute, et c'est souvent celle qui protège la saison.
Wildstrubel : tester sa nutrition et son matériel avant le jour J
Un trail long ne se joue pas seulement sur les jambes. Il se joue sur ce que tu arrives à avaler et à supporter pendant des heures.
La règle est simple et pourtant régulièrement ignorée : rien de nouveau le jour de la course. Ni gel inconnu, ni chaussures neuves, ni sac jamais porté chargé. Chaque sortie longue est l'occasion de tester une stratégie et de la corriger.
Trois points méritent une attention particulière sur un événement comme le Wildstrubel :
l'apport en glucides, à répéter régulièrement plutôt qu'à empiler d'un coup au ravitaillement ;
l'hydratation et les électrolytes, avec des besoins qui changent énormément entre une vallée chaude et un col venteux ;
le sac et le matériel obligatoire, à porter chargé sur au moins deux ou trois sorties longues avant la course pour repérer les frottements.
Le matériel obligatoire et les conditions d'inscription sont détaillés sur le site officiel de l'événement, Wildstrubel (https://wildstrubel.utmb.world/fr). Va le lire tôt, pas la semaine d'avant : certains éléments coûtent cher et demandent d'être testés.
Wildstrubel : tenir mentalement dans les longues montées
Sur un trail de montagne, le mur n'arrive pas forcément dans les jambes. Il arrive souvent dans la tête, au milieu d'une montée qui n'en finit pas, quand tu réalises qu'il reste plusieurs heures d'effort.
Trois repères aident vraiment.
Découpe la course. Personne ne court 113 kilomètres, ni même 55. Tu cours jusqu'au prochain ravitaillement, puis jusqu'au suivant. Cette segmentation transforme un chiffre écrasant en une série d'objectifs gérables.
Accepte les creux. Un passage difficile n'est pas le signe que tout est fichu. C'est une phase normale, souvent liée à un déficit calorique ou à une baisse de température. Mange, couvre-toi, et laisse passer vingt minutes avant de prendre une décision définitive.
Prépare une réponse à la question « pourquoi je fais ça ». Elle sonne un peu naïve à froid, mais à 2400 mètres sous la pluie, avoir une raison claire change tout.
Wildstrubel : l'action concrète à tester cette semaine
Une seule action, à faire cette semaine, quel que soit ton niveau et quelle que soit la distance visée sur le Wildstrubel.
Sur ta prochaine sortie, trouve une côte qui te demande au moins dix minutes de montée, et monte-la en marchant vite, sans jamais courir, en gardant une respiration contrôlée. Chronomètre-la. Redescends tranquillement en te concentrant sur des appuis courts et une pose de pied souple, sans freiner avec les talons.
Une montée, une descente, dix minutes chacune. C'est mesurable, ça ne demande aucun matériel, et ça travaille exactement les deux compétences que le Wildstrubel exigera de toi.
Si tu veux aller plus loin sur la préparation trail et la prévention des blessures, retrouve les autres articles et épisodes sur le blog du podcast Au-delà du mur (https://audeladumur.ch/blog-addm/).
Je te propose aussi d'écouter l'épisode que j'avais enregistré avec le président Ryan Baumann.
Et toi, quelle distance tu vises sur cet événement ? Dis-le-moi en commentaire.
Il existe des courses que l'on coche sur son calendrier parce qu'elles sont grandes. Et il en existe d'autres que l'on garde précieusement parce qu'elles sont justes. Les Défis du Niremont appartiennent à la seconde catégorie. Ce samedi 29 août 2026, la cinquième édition s'élance de Semsales, un village fribourgeois adossé aux flancs du Niremont et des Alpettes, à une trentaine de minutes de route de Fribourg et à environ trente-cinq minutes de Lausanne. Une course de montagne en contre-la-montre, deux distances, des parcours enfants et une promesse simple : transpirer, voir loin et repartir avec des produits du coin dans le sac. Voici ce qui attend celles et ceux qui prendront le départ, et ce que raconte cette course sur la manière dont on fabrique un événement qui dure.
Les Défis du Niremont sont nés d'une rencontre sur un sentier
Les Défis du Niremont n'ont pas été imaginés comme un grand projet. L'histoire commence en août 2021. Simon Chappuis randonne au Niremont, contemple le lever du soleil et imagine une course dans ce décor. L'idée prend forme lors d'une discussion avec Cédric Schlüchter, pour qui la montagne est depuis longtemps un terrain d'entraînement quotidien. Au micro du podcast, ce dernier raconte la scène avec beaucoup de simplicité : une rencontre un matin, en redescendant, avec quelqu'un qui montait. Dans sa tête, l'ambition tenait alors en une phrase — réunir quinze ou vingt copains coureurs et organiser un petit truc entre eux.
Avec l'arrivée de Mark Borter, le trio boucle la première édition en trois mois. Le projet est présenté au conseil communal de Semsales en avril, la commune s'investit immédiatement, et le 27 août 2022 cent cinquante personnes prennent le départ. Cédric Schlüchter le dit sans détour dans l'épisode : sans le soutien de la commune, rien n'aurait été possible dans ces délais.
En 2024, l'association se réorganise après les départs de Simon Chappuis et de Mark Borter, partis pour des raisons professionnelles. Cédric Schlüchter reprend la présidence avec une formule qui résume bien l'esprit du village : « seul, mais pas abandonné ». Il s'entoure de Marc Colliard, habitant de Semsales très connecté au tissu local, et de Lorick Buclin. Le comité d'organisation compte aujourd'hui plusieurs autres bénévoles, tous engagés à l'année. Car une course, ce n'est pas un samedi : à peine une édition bouclée, les demandes d'autorisation de la suivante partent déjà.
Lorick Buclin, lui, a fait le chemin inverse du coureur classique. Originaire de Semsales, où son grand-père vit toujours, mais domicilié dans le canton de Vaud, il a couru toutes les éditions avant de rejoindre le comité, où il s'occupe de la communication et du lien avec le chronométrage. Interrogé sur ce qui l'a poussé à passer de l'autre côté, il évoque une envie qui le travaillait depuis un moment et une opportunité tombée au bon moment.
Les Défis du Niremont proposent trois formats pour trois envies
Les Défis du Niremont alignent trois propositions bien distinctes, du premier challenge au vrai gros morceau.
Le traditionnel 11,7 km. Environ 650 mètres de dénivelé positif, 30 francs d'inscription. Le tracé débute à l'ancienne tour, emprunte la route du Niremont jusqu'au sentier « Le Traîna Manchou », grimpe vers Le Prévondes puis rejoint le ravitaillement du sommet par un chemin de gravier et à travers champs. La descente passe par Les Mauvaises Places et La Goille aux Cerfs avant de replonger sur le village par un petit sentier. C'est le parcours d'entrée, ouvert à la course comme à la marche.
Le double 360° de 22 km. 1 270 mètres de dénivelé positif, 40 francs d'inscription. La montée est identique à celle du 11,7 km, sprint compris. La différence se joue à la fin : arrivé au barrage dans le village, le parcours redescend le long de la Mortivue, remonte la route des Alpettes jusqu'à un ravitaillement en sortie de village, puis bifurque à droite vers le sommet des Alpettes. Le retour emprunte le sentier des Armaillis. Deux sommets, deux panoramas complets — d'où le nom.
Les parcours enfants. De 500 à 1 800 mètres selon les années de naissance, dans le village et ses abords. Les plus jeunes peuvent courir accompagnés d'un parent, et la récompense est une médaille en bois produite sur place.
Les Défis du Niremont misent sur un départ en contre-la-montre
C'est ce qui rend les Défis du Niremont reconnaissables entre mille, et c'est rare. Il n'y a pas de départ en masse. Chaque participant se présente quand il le souhaite dans la plage horaire prévue, son numéro de dossard est saisi, un compte à rebours de cinq secondes s'égrène, et il part. Rien d'autre.
Cédric Schlüchter explique dans l'épisode que ce choix répond d'abord à une contrainte environnementale. Le parcours traverse un secteur appelé Les Mauvaises Places, un haut-marais protégé. Diluer les coureurs dans le temps les rend plus disciplinés, les maintient sur le tracé et évite les débordements de part et d'autre du sentier. Un impératif de préservation devenu une identité de course.
Les bénéfices secondaires sont nombreux. Un couple avec enfants peut se relayer : l'un part à 9 h sur le 22 km, l'autre s'élance à son retour. Des bénévoles peuvent tenir un poste et courir dans la même journée. Et le suspense s'étire jusqu'au bout — quelqu'un peut quitter le podium virtuel pendant qu'il prend sa douche.
Pour Lorick Buclin, l'effet sur la gestion de course est radical. On ne se cale plus sur personne, on ne joue plus au chat et à la souris avec un concurrent. On fait son temps, on donne le meilleur de soi, puis on attend de voir. Une approche différente, dit-il, mais tout aussi plaisante que la tension d'une ligne de départ classique.
Les Défis du Niremont cachent une course dans la course
Dans la montée, un segment chronométré à part attend les participants : le Sprint. Neuf cents mètres pour 160 mètres de dénivelé positif, déclenchés au début du sentier du Traîna Manchou et arrêtés à la sortie de la forêt. Une bande de chronométrage à chaque extrémité, et un classement autonome à la clé.
Les records actuels appartiennent à Lorick Buclin chez les hommes et à Justine Di Certo chez les femmes. Autant dire que le premier connaît le terrain : au moment de l'enregistrement de l'épisode, il détenait les records sur les deux parcours et avait gagné toutes les éditions depuis la création.
Ce genre de segment change la stratégie. Placer une cartouche dans une montée que l'on doit encore avaler pendant plusieurs kilomètres, c'est un pari. Le tenter est tentant ; le payer plus haut l'est nettement moins.
Les Défis du Niremont se préparent : les conseils du recordman
Réussir les Défis du Niremont tient à trois choses, et aucune ne relève du hasard. Interrogé sur ce qu'il faut travailler pour performer sur le 11,7 km, Lorick Buclin donne trois axes.
L'échauffement, non négociable. Le dénivelé est mal réparti — il est concentré, brut, et la montée démarre dans le dur dès la sortie du village. Arriver froid sur une pente pareille, c'est accepter dix minutes de course dégradée. Vingt minutes de mise en route en amont valent largement le détour par la zone de départ.
L'acclimatation à la chaleur. Fin août, en plein après-midi, l'exposition peut piquer. Être habitué à courir dans des conditions chaudes évite que la météo ne devienne le facteur limitant. Sur un départ libre, ce paramètre se pilote en partie : partir tôt n'est pas qu'un confort logistique.
Le travail dans les cailloux. La descente est technique par endroits. S'y entraîner en amont, c'est arriver à l'aise plutôt que crispé, et perdre moins de temps sur les portions rugueuses.
À cela s'ajoute un point que les coureurs sous-estiment souvent : la descente casse plus qu'elle ne repose. Une revue narrative parue dans Sports Medicine rappelle que les sections en descente accentuent les dommages musculaires induits par l'exercice, et documente le phénomène de repeated bout effect — une première séance orientée descente protège partiellement les muscles lors des suivantes. En clair, si votre préparation n'a compté que du plat, vos quadriceps découvriront le sujet le jour J. Ce n'est pas une fatalité, mais cela s'anticipe sur plusieurs semaines, pas sur trois jours.
Bonne nouvelle pour la reconnaissance : un balisage permanent est fixé sur les mêmes panneaux que les sentiers pédestres, avec un code à scanner qui renvoie au site. Le tracé principal peut donc se parcourir à l'entraînement toute l'année sans risque de se perdre.
Les Défis du Niremont, heure par heure, ce samedi 29 août
Dès 8 h — ouverture du bureau de course : retrait des dossards, inscriptions sur place, dépôt des affaires personnelles.
Dès 8 h 30 — ouverture de la buvette à la salle polyvalente.
Dès 9 h — départs possibles sur les parcours de 11,7 km et de 22 km. Ouverture des animations enfants par Vertical Access.
Dès 9 h 15 — départs possibles pour la catégorie marche.
Dès 10 h — fin des inscriptions pour les courses enfants ; retrait du prix souvenir sur présentation du dossard.
Dès 11 h — courses enfants : 500 m parents-enfants et 500 m (2020-2024) à 11 h, 900 m (2016-2019) à 11 h 10, 1 800 m (2011-2015) à 11 h 30. Ouverture de la restauration devant la salle polyvalente.
12 h — fin des inscriptions pour les catégories adultes.
13 h — dernier départ adultes, puis podium et remise des prix des catégories enfants.
14 h — cours de yoga récupération avec Pauline Dusaussoy.
14 h 30 — heure limite d'arrivée pour toutes les catégories adultes.
15 h — podium des parcours 11,7 km et 22 km, avec remise de prix aux trois premiers de chaque catégorie.
Les Défis du Niremont récompensent en produits du terroir
Là où beaucoup de courses distribuent un textile oublié en trois semaines, les Défis du Niremont ont fait le choix inverse. Ici, pas de t-shirt technique de plus au fond du tiroir. La ligne du comité est assumée : mettre en valeur les produits, les artisans et la région des Préalpes fribourgeoises. Lors de l'édition couverte dans l'épisode, chaque participant repartait avec une cuchaule AOP, un morceau de Niremont et une barquette de fruits et légumes. Comme le résume Cédric Schlüchter, le lendemain, quand on cuisine, on repense à la course.
La marche a également son supplément : lors des éditions précédentes, une option de planchette dégustation à La Goille aux Cerfs était proposée à l'inscription, en nombre limité. Un détail qui dit bien ce qu'est cet événement — une course de village, selon la formule de Lorick Buclin, où le sportif et le convivial ne s'opposent pas.
Cet ancrage n'est pas décoratif, il est vital. Interrogé sur le rôle des sponsors, Cédric Schlüchter est catégorique : sans eux, la course n'existerait pas, car les frais d'inscription seuls ne suffisent pas. Semsales est un village très actif, où les entreprises et artisans sont sollicités toute l'année par de nombreuses sociétés locales. Le comité entretient donc le lien hors saison — un café, un passage à la boucherie du village. Du donnant-donnant, dit-il. C'est probablement la leçon la plus transférable de cet épisode pour quiconque organise un événement sportif.
Les Défis du Niremont ont encore besoin de bras
Les inscriptions en ligne passent par la plateforme du chronométreur, et toutes les informations à jour figurent sur le site officiel de la course. Pour les retardataires, l'inscription sur place reste possible le jour même dès 8 h au bureau de course, avec une majoration de cinq francs pour les catégories adultes. Semsales est accessible en voiture comme en train, à une vingtaine de minutes de Bulle et de Palézieux.
Et si vous ne courez pas, il reste une place pour vous. L'organisation fait appel chaque année à des bénévoles pour couvrir les nombreuses plages horaires que génèrent deux parcours adultes, une catégorie marche et quatre courses enfants. Une page dédiée du site permet de s'annoncer en laissant simplement ses coordonnées. Neuf bénévoles au comité, des dizaines sur le terrain : c'est ce qui tient l'ensemble debout.
Les Défis du Niremont ne cherchent pas à devenir grands. Ils cherchent à rester justes — un sommet, une vue à 360°, un haut-marais préservé, un panier de produits locaux et un chrono que l'on va chercher seul. Pour un coureur amateur qui veut goûter à la course de montagne sans la pression d'une ligne de départ bondée, difficile de trouver mieux à cette période de l'année.
L'épisode complet du podcast, enregistré avec Cédric Schlüchter et Lorick Buclin, est à réécouter sur audeladumur.ch.
Et vous, un départ en contre-la-montre plutôt qu'un départ en masse : ça vous tente ou ça vous manque, cette adrénaline du coude-à-coude ? Dites-le en commentaire.
Mardi 18 août, la presse (et le podcast) étaient conviés à Martigny dans les locaux de la distillerie Morand pour assister à la conférence de presse sur la 10ème édition du Swisspeaks qui sera lancée le mardi 25 août au Bouveret. Comme le disait bien Julien pendant la conférence le co-fondateur du Trail « après on ne dort plus pendant 2 semaines ». Les 9 épreuves s’étaleront jusqu’au dimanche 6 septembre.
Je vous propose les détails les plus croustillants dans cet article.
Retour sur l’histoire de la course
À l’occasion de la 9ème édition, en 2025, j’avais rencontré Julien et Laurent afin de parler de l’histoire du Swisspeaks Trail. Julien le disait et le répète d’ailleurs encore sans détour, s’ils savaient ce qui les attendait à la création de la course, elle n’aurait certainement pas eu l’histoire que l’on connaît.
Car proposer un 170km dès sa première édition était un pari osé. Les contraintes posées pour les organisations de manifestation en plein air en découragent plus d’un.
Vous pouvez écouter l’épisode de présentation du Swisspeaks Trail enregistré en 2025 ici :
Les parcours
Le Swisspeaks Trail, impressionne par la variété des parcours, 9 je l’ai déjà dit en introduction.
Cette année, chaque parcours a droit à son nom. Du plus homérique avec l’Odyssey avec ses 643km en passant par la Legend 397km, sans oublier le marathon qui fait office de petit parcours à côté de ses grandes sœurs. Pourtant, il ne faut pas oublier que le parcours de 45.9km comporte tout de même 2470 m de D+. De quoi faire conserver une certaine lucidité aux participants à la distance mythique.
Cette année, les organisateurs proposent d’ailleurs un parcours, la Discovery. Un parcours de 10km avec 137 m de dénivelé positif qui se veut comme une rampe de lancement pour celles et ceux qui veulent passer un bon moment, à l’heure de l’apéro. Cette épreuve est organisée le vendredi soir à 19h. Il y a fort à parier que cette proposition va trouver son public et a certainement été l’occasion de lancement de défis devant les machines à café des entreprises, à l’heure de la pause.
Ce parcours est encore un des rares sur lesquels il y a des dossards disponibles. Tout comme le Challenge (72.6 km pour 4'390 m D+) et le Half Marathon (21 km et 990 m D+).
Présent lors de la conférence de presse à Martigny, le président de la commune du Bouveret, Patrick Tamborini, l’a bien résumé. Si la commune est ravie de la couverture qu’apporte le Swisspeaks Trail, il faut souligner que l’agenda et les contraintes communales n’ont pas toujours les mêmes priorités que celles d’un organisateur de course. Cependant, pour cette 10ème édition, les bateaux qui seront sur le parking de Port-Valais laisseront la place à un grand village de fête.
Les visiteurs, ne reconnaîtront pas les lieux annoncent les organisateurs.
Kailas Fuga, un partenariat « Win-Win » pour le Swisspeaks Trail ?
Retour sur le partenaire de la course depuis maintenant 3 éditions, Kailas Fuga. La marque est un des leaders du marché asiatique et depuis quelques années elle multiplie les alliances avec les courses. Rien que pour la Suisse ce sont le Swiss Canyon Trail, la Crossing Switzerland, le Montreux Trail Festival et le Swisspeaks Trail qui font partie des partenaires du géant. Julien l’avoue, la collaboration n’est pas simple tous les jours mais leurs interlocuteurs écoutent et prennent en considération leurs opinions. Notamment en ce qui concerne l’approvisionnement de matériel depuis la Chine. La voie classique empruntée par le matériel que nous achetons depuis la Chine, c’est l’avion. Swisspeaks a fait le choix de faire transporter le matériel par bateau puis par train. Ce qui ajoute bien évidemment quelques contraintes en termes de délais mais la cause environnementale chère aux organisateurs mérite que ce qui peut être fait, le soit.
L’UTMB, la cible ?
Durant la conférence de presse, Laurent Pelissier, responsable communication du Swisspeaks Trail a souvent cité la course autour du Mont-Blanc dans ses propos. La tentation était trop grande donc de lui demander si pour le comité, l’UTMB avec ses courses dont le Trail Verbier St-Bernard ou encore le Wildstrubel était la cible ?
Après quelques instants de réflexion, Laurent répond en rappelant que le Swisspeaks se situe à cheval entre l’UTMB et le Tor des Géants qui est organisé la semaine d’après. Le Tor des Géants et le Swisspeaks sont tous deux partenaires de Kailas. Il établit une hiérarchie dans laquelle l’UTMB fait office de centre d’un système solaire avec toutes les courses faisant partie des World Series.
Un cran au-dessous, on retrouverait donc les courses des World Series, les courses que je nommerais les adversaires du Swisspeaks Trail. Si chaque course a son propre comité et sont en concurrence, Laurent estime tout de même qu’elles ont une sorte de complémentarité entre elles également.
Pour Julien, il y a de la place pour tout le monde. Il a souvent eu l’occasion de côtoyer les présidents de courses concurrentes et indépendamment de la concurrence, l’entente entre les courses reste cordiale et il ne peut que se réjouir de la croissance du nombre d’inscrits (+15%).
D’ailleurs cette tendance à la hausse du nombre d’inscrits se voit dans la plupart des courses actuellement.
Une femme, vainqueur au scratch sur l’Odyssey ?
Lorsque l’on évoque le plateau de la course, Laurent se lance dans un pronostic.
« Il y a de grandes chances qu’une femme termine première au scratch sur l’Odyssey, ce qui serait une première mondiale ». On l’a vu plus la distance est longue, plus l’écart entre les femmes et les hommes se réduit. A tel point que lors de l’édition 2026 de la Cocodona 250, l’américaine Rachel Entrekin a terminé première au scratch, devant tous les hommes engagés.
Laurent annonce donc une grande première sur le parcours de 643km de l’Odyssey où le plateau féminin a toutes les chances d’avoir un membre sur la boîte. Parmi les prétendantes les plus sérieuses, il a nommé Denise Zimmermann (SUI) et les deux françaises, Delphine Avenier et Florence Coley Gemond. Le dénouement pour cette épreuve devrait avoir lieu mercredi 02 septembre en fin d’après-midi.
Le bénévolat a-t-il encore sa place dans la course ?
Plus de 1'000 bénévoles !
Le Swisspeaks Trail mobilise une quantité phénoménale de ressources durant les 2 semaines que dure l’événement. Julien évoque sans détour la quantité de travail que représente l’organisation de ce genre d’événement. Si pour des raisons évidentes, le comité a créé un poste administratif tant cette partie est chronophage, les autres membres du comité sont bénévoles.
Quand il évoque les contacts quasi quotidiens avec l’Asie, Julien en profite pour mettre en avant la quantité de travail réalisée par Laurent et le fait que pour certains membres du comité, leurs employeurs collaborent au succès de l’organisation du Swisspeaks Trail en autorisant les séances au milieu de la journée, décalage horaire oblige.
Le podcast Au-delà du mur sera présent du 04 au 06 septembre pour vous faire vivre le 10ème anniversaire de l’intérieur.
Je me réjouis de rencontrer le public du podcast et surtout de tendre le micro aux élites mais aussi aux coureuses et coureurs du dimanche.
Pour ne pas manquer la publication des épisodes du podcast, je vous invite à vous abonner au podcast sur Apple Podcasts, Spotify ou sur YouTube et à me suivre sur mon compte instagram @podcastaudeladumur afin de découvrir les coulisses de la Swisspeaks avec mes invités.
En bonus, je vous propose l'interview de Julien, co-fondateur du Swisspeaks Trail avec qui j'ai échangé quelques mots après la conférence de presse.