Out Of Bot 3 : 5 enseignements après mon test terrain de ces lunettes

Out Of Bot 3 : 5 enseignements après mon test terrain de ces lunettes

La Out Of Bot 3 promet une chose simple : un verre qui s'adapte tout seul à la lumière, pour que tu n'aies plus à choisir entre deux paires avant de sortir courir. Sur le papier, c'est séduisant. Sur le terrain, est-ce que ça tient ? J'ai pu tester pendant un entraînement cette paire de lunettes photochromiques à technologie électronique, mise à disposition par mon partenaire Bucher & Walt.

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Premier contact avec les Out of - Bot 3

Avant d'entrer dans le détail, une précision d'honnêteté : il s'agit d'un test terrain, pas d'un test en laboratoire. Je n'ai pas mesuré, j'ai documenté un usage réel, sur une sortie. Tu sauras donc exactement ce que j'ai pu vérifier sur la Out Of Bot 3 — et ce que je n'ai pas pu juger.

Out Of Bot 3 : ce que promet cette lunette photochromique électronique

Toutes les lunettes photochromiques ne se valent pas. La grande majorité du marché repose sur un verre qui fonce et s'éclaircit selon les UV et la température, avec un délai plus ou moins long. La Out Of Bot 3 joue dans une autre catégorie : son verre IRID® de troisième génération est électronique.

Concrètement, le fabricant annonce un passage du filtre catégorie 1 à catégorie 3 en moins d'une seconde, avec des gradations illimitées entre les deux. Le tout sans batterie : une cellule solaire intégrée alimente le verre, sans bouton ni réglage. La paire testée monte les branches dites Hybrid et reste fabriquée en Italie.

L'enjeu est clair. Le défaut classique des verres auto-teintants traditionnels, c'est la lenteur : plusieurs secondes pour s'assombrir, ce qui crée un inconfort à chaque entrée de tunnel ou de sous-bois. C'est précisément ce délai que la technologie électronique cherche à supprimer. Toute la question est de savoir si, en course, l'œil perçoit encore une latence.

Côté contenu de boîte, on retrouve un étui rigide, une pochette de protection et une plaquette nasale ajustable. Le prix public se situe à 349 francs. Ce sont les promesses officielles ; voyons ce qu'il en reste une fois les lunettes sur le nez et les jambes en mouvement.

Out Of Bot 3 à l'épreuve du terrain : mon protocole de test

Soyons transparents sur la méthode, parce que c'est elle qui détermine la valeur d'un avis. J'ai porté la Out Of Bot 3 sur un seul entraînement de course à pied, le 13 mai 2026, d'un peu plus d'une heure.

Les conditions étaient idéales pour juger l'essentiel : une alternance de soleil et de nuages, des portions dégagées et de la forêt, sur des chemins accidentés avec de nombreux rebonds. Exactement le type de parcours où un verre lent se ferait remarquer.

Ce que ce test ne dit pas, en revanche : je n'ai pas conservé la paire assez longtemps pour juger la durabilité dans le temps ni la longévité réelle de la technologie IRID. Je ne les ai pas non plus testées sous la pluie ni par grand froid. L'axe entretien reste donc « non évalué » — et je préfère te le dire plutôt que d'extrapoler.

Une session unique a malgré tout sa valeur : le confort, la tenue et la réactivité du verre se révèlent dès la première heure d'effort sur terrain varié. Ce sont les points que je peux juger sans tricher. La fiabilité sur une saison entière, elle, demanderait un suivi sur plusieurs mois — un test à reconduire.

Out Of Bot 3 et confort : la vraie surprise sur sentier

C'est le point qui m'a le plus surpris, et de loin. Ma crainte, avec n'importe quelle paire, c'est l'inconfort qui s'installe après quarante minutes : les branches qui serrent, le pont nasal qui appuie, la monture qui glisse avec la transpiration.

Rien de tout cela avec la Out Of Bot 3. Sur plus d'une heure de sentier, je n'ai tout simplement pas senti les lunettes. Elles sont restées fixées sur mon visage malgré les rebonds du terrain, et les branches ne m'ont pas serré la tête. Je mets ça sur le compte des branches Hybrid et de leurs embouts en silicone.

Détail qui compte pour qui transpire : malgré la sueur, la monture n'a pas commencé à glisser sur le nez — bon ok, le mien n'est pas tout petit. Une seconde plaquette nasale est à disposition dans la boîte pour des autres morphologies de nez que la mienne. C'est la première fois que je recevais une seconde plaquette de ce type avec des lunettes de sport.

Une prise en main soignée

L'unboxing donne le ton : boîte agréable au toucher, étui à coque semi-rigide qui permet de glisser les lunettes dans un sac au milieu d'autres affaires sans craindre de les abîmer. La pochette de rangement fait aussi office de tissu de nettoyage — pratique pour essuyer le verre en pleine sortie.

Out Of Bot 3 en course : la transition de lumière qui change tout

C'est la fonction principale, et la raison d'être de ces lunettes photochromiques : suivre la lumière sans te faire subir de « trou de vision ». Le test le plus parlant, c'est l'entrée en forêt après une portion ensoleillée, ou l'inverse.

Le meilleur compliment que je puisse faire au verre, c'est que je n'ai pas remarqué les transitions. Pas de moment où l'œil patine, pas de seconde d'aveuglement en sortant de l'ombre. J'étais même agréablement surpris de pouvoir garder les lunettes sur le nez en pleine forêt, là où une paire trop sombre m'aurait obligé à les relever.

Le « trou de vision » dont je parle, tout coureur le connaît : ce dixième de seconde où, en débouchant d'une forêt en plein soleil, on ne voit plus la racine ou la pierre devant soi. Sur terrain accidenté, c'est exactement le moment où l'on se tord une cheville. Ne plus avoir à y penser, c'est de la sécurité autant que du confort. Sur cet axe, la Out Of Bot 3 tient sa promesse électronique.

out of bot 3
Aperçu à l'entrée de la clairière.

Out Of Bot 3 à 349 francs : le rapport qualité-prix en question

Venons-en au sujet qui fâche. La Out Of Bot 3 coûte 349 francs, et c'est le seul axe où je n'ai pas mis la note maximale.

Il faut être lucide : justifier 349 francs pour une paire de lunettes de sport n'a rien d'évident. Le marché déborde de modèles à tous les prix, et beaucoup protègent correctement les yeux. La technologie électronique a un coût, et elle parlera surtout à celles et ceux qui veulent combiner style et adaptativité à la lumière, plutôt qu'au coureur qui cherche d'abord le meilleur rapport protection-prix.

C'est une question de priorités, pas de qualité : le produit fait ce qu'il annonce. Reste à savoir si un budget de cette ampleur correspond à ta pratique et à la fréquence de tes sorties dans des conditions de lumière vraiment changeantes.

Out Of Bot 3 : pour qui, et mon verdict

Sur les axes que j'ai pu valider, la Out Of Bot 3 décroche une moyenne de 4,6 sur 5. Prise en main, confort, performance et finitions sont au sommet ; seul le rapport qualité-prix tire la note vers le bas. L'axe entretien, lui, n'a pas été évalué — test trop court.

Mes 3 points forts

  • La protection et le confort visuel, quelles que soient les conditions.
  • La transition entre les différentes luminosités, totalement transparente.
  • Le confort, même quand les kilomètres s'enchaînent sur terrain accidenté.

Mon point faible

  • Le prix. Puis le prix. Et encore le prix.

Pour qui c'est fait ? Honnêtement, je ne vois pas de public à qui la Out Of Bot 3 serait déconseillée : elle fonctionne très bien en course à pied. Mais son atout — l'adaptation ultra-rapide — brille encore davantage pour un cycliste, qui enchaîne parfois des conditions de luminosité bien plus violentes et changeantes qu'un coureur.

Mon action concrète pour toi cette semaine : avant ton prochain achat de lunettes, liste les trois conditions de lumière que tu rencontres vraiment sur tes sorties. Si tu passes sans cesse de l'ombre dense au plein soleil, une paire photochromique réactive vaut l'investissement. Sinon, garde ton budget.

Pour aller plus loin

La fiche technique officielle de la Out Of Bot 3 est consultable ici : Out Of Bot 3 sur out-of.com.

Et toi, tu cours avec des lunettes ou tu t'en passes ? Dis-le moi en commentaire — et abonne-toi au podcast Au-delà du mur sur Apple Podcasts, Spotify ou Deezer pour ne rien manquer des prochains tests.

Ce test t'a été utile?

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Swiss Canyon Trail 2026: 5 infos sur cette course légendaire

Swiss Canyon Trail 2026: 5 infos sur cette course légendaire

Le Swiss Canyon Trail fait partie de ces courses qu'on n'oublie pas facilement. Pas parce qu'elle est facile — elle ne l'est pas — mais parce que les gorges du Val-de-Travers, dans le canton de Neuchâtel, ont quelque chose d'unique. Ce week-end du 29 au 31 mai, la 31e édition réunit plus de 3 500 coureurs sur cinq distances. Que tu aies envie de te lancer un jour ou simplement de comprendre ce qui fait la réputation de cet événement, voici ce qu'il faut savoir.

Copyright: Swiss Canyon Trail

1. Le Swiss Canyon Trail, c'est quoi exactement ?

Fondé en 1994 sous le nom de Trail de l'Absinthe — un clin d'œil à la boisson emblématique du Val-de-Travers — l'événement s'est rebaptisé Swiss Canyon Trail en 2015. Trente ans plus tard, il figure parmi les trails les plus anciens et les plus respectés du continent européen.

En 2026, tous les départs et arrivées se font depuis le centre sportif de Couvet, village niché dans la vallée neuchâteloise à quelques kilomètres de la frontière française. Le terrain ? Des chemins forestiers, des sentiers mono-traces, des canyons, des falaises, des gorges et des cascades. Le décor est spectaculaire, l'effort l'est tout autant.

Cinq distances sont au programme :

  • 111 km — 5 300 m D+ (l'épreuve reine, départ vendredi 29 mai à 5h00)
  • 81 km — 3 500 m D+ (départ samedi 30 mai à 6h00)
  • 51 km — 2 600 m D+ (départ samedi 30 mai à 7h15)
  • 31 km — 1 400 m D+ (départ samedi 30 mai à 14h45)
  • 16 km — 600 m D+ (départ samedi 30 mai à 15h45, ouvert aussi en marche nordique)

2. Une édition 2026 avec une date inédite

Depuis sa création, le Swiss Canyon Trail se courait traditionnellement en juin. Ce n'est pas le cas cette année. Pour sa 31e édition, l'organisation a décidé de décaler l'événement sur le week-end de la Pentecôte, du 29 au 31 mai 2026. Un changement exceptionnel qui permet d'attirer non seulement les coureurs, mais aussi leurs accompagnants, et d'allonger les séjours touristiques dans la région.

Cette édition marque également une inflexion stratégique pour les organisateurs : le Swiss Canyon Trail quitte le cadre des World Trail Majors pour se doter d'une plus grande liberté éditoriale et tisser des partenariats plus ciblés avec des acteurs internationaux du trail. Une collaboration avec le Mont Fuji Trail (Japon) a notamment été annoncée.

Côté partenaires, Kailas FUGA est reconduit comme sponsor titre pour la deuxième année consécutive, rejoint par deux nouveaux noms : Neversecond pour la nutrition et Coros pour la technologie.

3. Un plateau d'élites de très haut niveau

Si le Swiss Canyon Trail est d'abord une fête populaire pour les coureurs amateurs, le niveau des élites engagés cette année mérite qu'on s'y arrête.

Sur le 111 km

Le Portugais Miguel Arsenio aura fort à faire pour s’imposer une troisième fois. L’an passé, il avait remporté le 111K en 10h45. Côté femmes, l’édition 2025 avait révélé Ariane Wilhem, athlète neuchâteloise, qui avait triomphé sous des conditions météo extrêmes en 13h31. La Suissesse ne ralentit pas : elle vient de remporter l’UTS 100K (Ultra-Trail Snowdonia, pays de Galles) le 16 mai dernier en 16h02, terminant 14e du classement général. Une perfé qui en fait l’une des favorites du 111K cette année.

Sur le 81 km

L'Italien Davide Cheraz fait figure de grand favori chez les hommes. Vainqueur du TOR30 2025 et détenteur du record du Trail Menorca 85K, il possède 887 points ITRA. Il sera attendu par le Français Clovis Chaverot, Léo Rogaume (3e de la TDS UTMB 2025 sur 148 km), Stephen Roux, et l'Italien Davide Rivero, déjà 2e sur cette distance l'an passé. Les couleurs suisses seront défendues par Ian Dargaud et Grégoire Fatton, locaux bien connaisseurs du terrain. Chez les femmes, la Française Manon Campano arrive en grande forme après une 2e place à la Diagonale des Fous 2025 — son premier 100 miles. Elle affrontera notamment Sabine Ehrström, vice-championne de France de Kilomètre Vertical.

Sur le 51 km

Le plateau international ne faiblit pas : l’Italien Damiano Lenzi (Kailas FUGA Team), le Roumain Sorecau Catalin, le Belge Guillaume Deneffe (17e à l’UTMB 2025) ou encore le Polonais Adrian Bednarek composent un départ résolument ouvert.

« Courir pour unir » : Frédéric Splendore au départ du Swiss Canyon Trail

Parmi les 3 500 coureurs au départ ce week-end, il en est un dont la présence au Swiss Canyon Trail prend une dimension particulière. Frédéric Splendore, 33 ans, champion suisse du 100 km en 2023 et vice-champion en 2024, s’aligne sur le 31K ce samedi — non pas pour la médaille, mais comme dernière course d’entraînement avant de partir, le 24 juillet depuis Monaco, pour un projet hors normes : relier Monaco à l’Ukraine à pied en 50 jours, via la Via Alpina et les lieux de mémoire de l’Europe de l’Est. Soit 4 200 km, 140 000 m D+, 14 pays — l’équivalent de 17 Everest à la suite.

Son projet s’appelle « Courir pour unir » (« Beyond Borders » en anglais). Il vise à porter un message de paix et de solidarité en faveur des populations ukrainiennes touchées par le conflit, via une récolte de dons reversés à la Chaîne du Bonheur. Pompier professionnel de formation, Splendore a quitté son poste en 2025 pour se consacrer pleinement à ce défi. Il sera entouré d’une équipe d’une dizaine de personnes — entraîner, kinésithérapeute, préparateur mental — et vise un rythme capable d’établir un record sur le nouveau tracé de la Via Alpina (FKT).

Je lui ai consacré un épisode du podcast Au-delà du mur, disponible ce samedi 30 mai. Si son histoire te touche et que tu veux soutenir la récolte solidaire, retrouve toutes les informations sur son site [Site internet de Frédéric Splendore].

5. Les chiffres qui donnent le vertige

La 30e édition, disputée en juin 2025, avait rassemblé 3 384 inscrits — une hausse de 13 % par rapport à 2024 — dont 3 000 au départ effectif. Plus de 650 bénévoles et entreprises locales mobilisés. Seize points de ravitaillement. Près de 10 tonnes de nourriture et de boissons distribuées sur les parcours. Plus de 1 700 portions de pâtes servies lors de la Pasta Party.

Un détail particulièrement intéressant pour mesurer l'impact de la course : pour 26 % des participants, c'était une première visite dans la région neuchâteloise. Et 87 % déclaraient vouloir y revenir. Ce n'est pas anodin pour un territoire qui mise sur le tourisme sportif.

5. Ce que cette course peut t'apporter, même si tu ne t'y inscris pas

Je couvre régulièrement des événements de trail en Suisse romande, et ce qui m'intéresse dans le Swiss Canyon Trail, c'est moins le classement final que les histoires qui se jouent sur les sentiers : le coureur de 47 ans qui boucle son premier 81K, la coureuse qui revient après une blessure, le bénévole qui prépare l'organisation depuis des mois.

Si tu es coureur amateur — quelle que soit ta distance — regarder des événements comme celui-ci peut être une source d'inspiration concrète. Comment les élites gèrent-ils leur nutrition sur un 111K ? Comment s'organise-t-on pour soutenir un proche sur un ultra ? Quels sont les signaux d'alerte à surveiller lors d'une sortie longue en montagne ?

Ces questions, j'en parle régulièrement dans les épisodes du podcast Au-delà du mur. Si le sujet te parle, je t'invite à découvrir le podcast Au-delà du mur.

Découvre le podcast Au-delà du mur: https://audeladumur.ch/

Résumé rapide

Swiss Canyon Trail — 29-31 mai 2026 · Couvet, Val-de-Travers (NE) · 31e édition · 5 distances : 16K à 111K · Plus de 3 500 coureurs · Départs et arrivées au centre sportif de Couvet · Certifié ITRA.

🔗 Site internet de l'organisateur: Swisscanyontrail.com (source officielle)

Trail running recalé pour les JO 2030 : 5 raisons qui en font une excellente nouvelle

Trail running recalé pour les JO 2030 : 5 raisons qui en font une excellente nouvelle

Ce que le CIO a tranché le 7 mai 2026

Le jeudi 7 mai 2026, le Comité international olympique a fermé la porte à l'intégration du trail running au programme des Jeux olympiques d'hiver 2030 dans les Alpes françaises. La présidente du CIO, Kirsty Coventry, a été très claire : seuls les sports de neige et de glace seront retenus. Le cross-country, le cyclo-cross et le gravel subissent le même sort.

C'est un désaveu pour Edgar Grospiron, président du COJOP Alpes Françaises 2030. Il défendait l'idée d'utiliser le potentiel des massifs entre 0 et 1 000 mètres d'altitude pour ouvrir les JO à des disciplines outdoor. Le vote final aura lieu en juin 2026, mais la position de l'exécutif du CIO est sans ambiguïté.

Beaucoup, dans le milieu, ont accueilli la nouvelle avec déception. Pourtant, en prenant un peu de recul, cette décision a de solides arguments pour elle. En voici cinq.

trail running
Le trail aux JO, ce n'est pas pour tout de suite.


Raison 1 — Le trail running garde son ADN nature

Le trail running est né d'une envie simple : courir loin du bitume, dans des paysages qui changent à chaque kilomètre. C'est un sport qui se pratique avec ce que la nature offre — un sentier, une crête, une forêt, parfois rien d'autre qu'une trace dans l'herbe.

Une médaille olympique impose un cadre standardisé. Distances calibrées, parcours homologués, conditions reproductibles. Or, le trail running tire justement sa richesse de l'inverse : chaque course est unique, chaque profil est différent, chaque terrain raconte sa propre histoire.

En restant à l'écart des JO, le trail running évite de devoir se lisser pour entrer dans une case. C'est sans doute la première raison de se réjouir de cette décision.


Raison 2 — Préserver les massifs déjà sous pression

Les recherches sur l'impact écologique du trail running sont assez claires : les premiers passages sur un terrain vierge causent les dégâts les plus importants, et les courses agissent comme des amplificateurs en concentrant un fort volume de coureurs sur une période courte. Au-delà d'un certain seuil de fréquentation, la faune modifie son comportement et devient nocturne pour fuir l'activité humaine.

Aujourd'hui déjà, des chercheurs spécialisés dans le sport et le tourisme durable posent la question franchement : une course de trail running peut-elle rester durable et respectueuse de son environnement quand elle devient trop attractive ? C'est l'une des conclusions d'une analyse publiée dans The Conversation sur l'empreinte carbone des compétitions sportives en pleine nature.

Une labellisation olympique aurait démultiplié cette pression. Plus de coureurs, plus de spectateurs, plus d'infrastructures temporaires sur des sentiers déjà fragiles. Le CIO, sans le formuler ainsi, vient d'épargner aux Alpes un coup d'accélérateur dont elles n'avaient pas besoin.


Raison 3 — Éviter le format spectacle qui dénature le trail running

Les Jeux olympiques sont avant tout un produit télévisuel. Pour entrer au programme, une discipline doit pouvoir être filmée, scénarisée et consommée en quelques minutes. C'est une contrainte qui a déjà transformé d'autres sports — pensons au format des épreuves de ski freestyle ou de skateboard.

Pour le trail running, ce passage au format spectacle aurait probablement signifié des courses très courtes, sur boucles répétées, avec des points de passage filmables. Loin du modèle long, vallonné, parfois solitaire qui définit la discipline. Le trail running aurait gagné en visibilité, certes — mais aurait perdu une partie de ce qui le rend précieux à ceux qui le pratiquent.

Cette décision du CIO protège, indirectement, la liberté de format que les organisateurs et les athlètes défendent depuis dix ans.


Raison 4 — Protéger l'esprit participatif du trail running

Le trail running est l'un des rares sports où amateurs et élites partagent la même ligne de départ. Sur l'UTMB, sur la Sierre-Zinal, sur la Diagonale des Fous, le coureur du dimanche court le même tracé que les meilleurs mondiaux, parfois le même jour.

Cette dimension participative est l'une des grandes forces du trail running. Elle est aussi quasiment incompatible avec le modèle olympique, par essence élitiste, qui ne retient qu'un quota restreint d'athlètes par nation.

Une entrée aux JO aurait inévitablement créé deux trails : un trail running olympique, calibré, sélectif, médiatisé — et un trail running grand public, relégué au second plan. Le CIO vient d'éviter cette fracture.


Raison 5 — Donner du temps à la structuration du trail running mondial

Aujourd'hui, le trail running est encadré par plusieurs organismes : l'ITRA, la WMRA et l'IAU, sous l'égide de World Athletics. Mais la structuration reste inégale d'un pays à l'autre.

Aux Mondiaux de Trail 2025 à Canfranc, en Espagne, certains athlètes de premier plan étaient absents — non par manque d'envie, mais parce que leur fédération nationale d'athlétisme ne disposait pas de structure dédiée au trail running. Une intégration olympique précipitée aurait créé des inégalités de moyens difficiles à rattraper.

Reporter cette échéance laisse au trail running le temps de bâtir des structures solides dans davantage de pays, avant d'envisager — peut-être — une intégration future, mieux préparée.


Ce qu'il faut retenir

La décision du CIO du 7 mai 2026 ferme une porte, mais elle en laisse beaucoup d'autres ouvertes. Le trail running continue de se pratiquer là où il est né : sur les sentiers, dans les massifs, loin des stades. Il garde son format libre, son esprit participatif et sa relation directe à la nature.

L'édition 2034 des JO d'hiver, à Salt Lake City, fait l'objet d'une réflexion plus large au sein d'un groupe de travail du CIO. Le débat reviendra. D'ici là, le trail running a peut-être le meilleur cadeau qu'on pouvait lui faire : du temps. Du temps pour grandir sans se trahir.

Et toi, tu en penses quoi ? Le trail running aurait-il dû entrer aux JO ? Réponds en commentaire.

Si tu découvres ce blog pour la première fois, Au-delà du mur est un podcast dédié aux coureurs amateurs qui cherchent à progresser durablement — en trail comme sur route.