Zone 2 : 5 points forts qui vont changer votre façon de courir plus vite

Zone 2 : 5 points forts qui vont changer votre façon de courir plus vite

Image blog de l'épisode fin de la zone 2

Tu rêves de courir plus vite sur ton prochain semi-marathon ? Pourtant, on t'a répété pendant des années une vérité absolue : pour progresser, il faut courir lentement en zone 2, consacrant 80 % de ton temps d'entraînement à cette allure. C'est sacré ! Mais si je te disais que cette règle est en train de s'effondrer pour le coureur amateur que tu es ?

Basé sur les révélations de Guy Thibault, spécialiste québécois de l'entraînement, dans le podcast Au-delà du mur, cet article va bouleverser tes certitudes. À travers 5 vérités fondamentales, nous allons décortiquer pourquoi la zone 2 est devenue une mode mal comprise, copiée sur les pros, et comment tu peux optimiser ta performance sans y passer tes week-ends. Prêt à dépasser tes murs ?

1. La zone 2 n'est pas une nouveauté, c'est une ancienne mode rebaptisée

La première vérité à accepter est que l'engouement actuel pour la zone 2 n'a rien de révolutionnaire. Comme l'explique Guy Thibault, il existe une mode extraordinaire partout sur la planète, particulièrement en course à pied, mais ce concept date des années 1950. À l'époque, les entraîneurs britanniques parlaient de « LSD » (Long Slow Distance), c'est-à-dire les longues sorties à basse intensité.

On faisait déjà de la zone 2 sans le savoir, comme Monsieur Jourdain faisait de la prose. Ce qui a changé depuis environ cinq ans, c'est l'argumentaire scientifique, popularisé par des figures comme Iñigo San Millán, qui a érigé l'entraînement en zone 2 en véritable religion. On a simplement changé le nom pour vendre du nouveau avec du vieux, créant une excitation disproportionnée autour d'une intensité qui a toujours existé.

2. Les arguments métaboliques de la zone 2 sont souvent mal interprétés

La deuxième vérité concerne les justifications scientifiques souvent avancées. Deux arguments principaux défendent la zone 2 : le métabolisme des graisses et la clairance du lactate. Il est vrai qu'à cette intensité, on oxyde un maximum de lipides. Cependant, Guy Thibault qualifie l'argument de la perte de poids de « faux ».

Si vous faites une séance intense, vous brûlerez des glucides pendant l'effort, mais votre corps métabolisera des lipides dans les heures qui suivent pour récupérer. Au final, sur une journée complète, le bilan lipidique est identique. Pour perdre du gras, la seule équation valable reste : dépenser plus de calories que l'on en ingère. De plus, contrairement aux idées reçues, ce n'est pas en zone 2 que l'on développe le mieux ses mitochondries ou sa capillarisation. « Ces adaptations, on les obtient beaucoup plus en s'entraînant à haute intensité », affirme le spécialiste. La zone 2 n'est donc pas la potion magique qu'on vous vend.

3. Copier les pros qui font 80 % de zone 2 est une erreur pour l'amateur

La troisième vérité est peut-être la plus libératrice : vous n'êtes pas Eliud Kipchoge. Il est vrai que les champions consacrent 80 % de leur volume en zone 2. Mais pourquoi ? Parce que ce sont des professionnels qui s'entraînent 20 heures par semaine. Après leurs séances de haute intensité, ils ont tout leur temps pour faire du volume « de remplissage ».

Pour le commun des mortels qui jongle entre travail et famille, copier ce modèle est une erreur. Les intensités les plus « payantes », celles qui améliorent le plus la VO2max et la performance, sont les hautes intensités. Si vous avez peu de temps, privilégier la zone 2 revient à négliger ce qui rapporte le plus. Comme le résume la citation d'H.L. Mencken reprise par Guy Thibault : « Pour chaque problème complexe, il existe une solution simple, directe et fausse. » La zone 2 est devenue cette solution simple, mais fausse pour votre contexte d'amateur pressé.

Kipchoge à l'arrivée du défi 01h59'
Crédit image: www.runningcolombia.com

4. La zone 2 reste nécessaire, mais seulement pour la durée de l'épreuve

La quatrième vérité nuance le propos : la zone 2 n'est pas « mauvaise », elle est juste mal justifiée. Elle devient absolument nécessaire si vous préparez une épreuve de longue distance comme un marathon ou un ultra-trail. Si vous n'avez jamais couru deux heures d'affilée, vous ne serez pas capable de terminer une telle épreuve sans douleurs majeures.

Cependant, l'objectif n'est pas d'améliorer sa VO2max, mais d'habituer le corps (tendons, articulations, muscles) à la durée de l'effort. Pour un coureur amateur, la zone 2 doit donc être un complément pour la résistance spécifique à la distance, et non la base exclusive de l'entraînement. Le secret réside dans la progression : les blessures surviennent rarement à cause du volume stable, mais à cause de l'augmentation soudaine de la durée de la plus longue séance en zone 2. Une étude récente citée par Guy Thibault confirme que ce n'est pas le volume hebdomadaire qui blesse, mais l'augmentation brutale de la sortie la plus longue. Il faut donc doser cette zone 2 avec une progressivité extrême, surtout si votre emploi du temps ne vous permet pas une récupération optimale entre deux sorties longues.

5. Oubliez les tests complexes : l'écoute et la VMA priment sur la zone 2

Enfin, la cinquième vérité concerne la mesure de l'effort. Faut-il absolument aller en laboratoire pour définir sa zone 2 précise ? Guy Thibault répond par la négative. Chercher à tout prix à définir ses zones via des tests de lactate ou de gaz expirés est souvent une perte de temps, car ces seuils évoluent rapidement.

La meilleure approche est de se fier à la perception de l'effort et à des tests de terrain simples comme le test de Léger-Bouchard pour déterminer sa VMA.

  • Pour la haute intensité : Visez des séances où le degré global de difficulté atteint 8 ou 9 sur 10.
  • Pour le lent : Utilisez le « test de la parole ». En zone 2, vous devez pouvoir converser tout en étant légèrement essoufflé, mais pas au point de ne pas pouvoir chanter.

Mieux encore, n'hésitez pas à pratiquer le Fartlek, cette méthode qui consiste à varier les allures selon son bon vouloir. C'est souvent supérieur à l'entraînement continu lent, car cela apprend au corps à gérer les changements de rythme sans la rigidité d'une zone 2 théorique. Le Fartlek permet d'introduire naturellement des pointes de vitesse qui stimulent la VO2max, tout en gardant une allure globale modérée. C'est l'illustration parfaite qu'il n'est pas besoin de s'enfermer dans des cases chiffrées pour progresser. L'écoute de soi reste le guide le plus fiable pour adapter l'intensité à votre forme du jour, bien plus qu'un pourcentage de fréquence cardiaque figé dans une zone 2 arbitraire.

Conclusion : Diversifiez pour mieux progresser

Ces 5 vérités montrent que l'avenir de l'entraînement ne réside pas dans une religion unique comme la zone 2. Il réside dans le discernement et la diversification. Comme en finance, il faut diversifier son portefeuille : faites des sprints, faites des séances à l'allure 3000 mètres, et faites du volume lent uniquement si votre objectif de course l'exige.

Arrêtons de chercher la solution miracle. La mode d'aujourd'hui sera remplacée par une autre dans deux ans. La seule constante, c'est que plus l'intensité est élevée, plus chaque seconde d'entraînement est « payante ». Pour toi, coureur amateur, le message est clair : oublie la culpabilité de ne pas faire assez de zone 2. Si tu as peu de temps, mise sur la qualité, l'écoute de toi-même et la variété. C'est ainsi que tu progresseras durablement.


🎧 Pour aller plus loin

Ces conseils pratiques te feront gagner du temps et de la performance. Mais l'écoute ne s'arrête pas là. Pour approfondir le sujet et arrêter de courir dans le vide, abonne-toi au podcast « Au-delà du mur ».

Partage cet épisode à ton ami qui court toujours à la même allure, persuadé que c'est la seule façon de progresser. Et dis-nous en commentaire : es-tu plutôt team « sortie longue du dimanche » ou team « séance courte et intense » ?

On se retrouve vite pour dépasser un nouveau mur. D'ici là, chausse tes baskets et ose varier les allures !

Courbatures: le résultat de 2 études et ce qui a vraiment fonctionné pour moi

Courbatures: le résultat de 2 études et ce qui a vraiment fonctionné pour moi

Vous avez terminé votre semi-marathon, votre marathon ou cette grosse descente en trail il y a quelques heures ?

Le sentiment d'accomplissement est encore là, l'adrénaline retombe doucement, et pourtant, vous le sentez déjà : les premiers tiraillements pointent le bout de leur nez dans vos quadriceps ou vos mollets. Vous le savez d'expérience : demain, ou plus probablement dans 48 heures, les courbatures seront là, potentiellement invalidantes.

C'est le scénario classique que vivent des milliers de coureurs amateurs chaque week-end. La question qui brûle les lèvres de tous, des débutants aux athlètes confirmés, est toujours la même : « Que faire concrètement pour limiter la casse et récupérer plus vite ? »

Faut-il se jeter immédiatement dans un bain glacé dès la ligne d'arrivée franchie ? Faut-il passer 20 minutes à se torturer sur un rouleau vibrant dernier cri ? Ou au contraire, faut-il privilégier l'immobilité totale et le repos ? Et si la solution venait de votre assiette avec des compléments comme le curcumin ?

Dans le dernier épisode du podcast Au-delà du mur, je ne me suis pas contenté de répéter des conseils génériques. J’ai pris le temps de décortiquer plusieurs méta-analyses scientifiques majeures publiées fin 2025 et début 2026. J’ai confronté ces données froides à ma propre expérience de terrain, notamment ma saison 2025 où j’ai battu tous mes records personnels tout en limitant la douleur.

L'objectif de cet article et de l'épisode associé est de faire le tri entre les mythes tenaces et la réalité physiologique pour mieux gérer vos courbatures sans tomber dans les pièges qui pourraient nuire à votre progression future.

Vignette de l'article de blog sur les courbatures

1. 1. Comprendre l'origine des courbatures : Au-delà de la simple douleur

Avant de parler solutions, il est impératif de comprendre le problème dans sa globalité. Trop souvent, les courbatures sont assimilées à une simple fatigue musculaire ou à une accumulation d'acide lactique. C'est une erreur biologique fondamentale.

Les courbatures, ou Delayed Onset Muscle Soreness (DOMS) dans la littérature scientifique, sont un phénomène complexe qui apparaît typiquement 24 à 72 heures après un effort intense. Ce délai est crucial : si vous avez mal immédiatement, c'est une fatigue aiguë. Si la douleur culmine deux jours après, ce sont bien des courbatures.

Elles surviennent principalement lors d'efforts comportant une forte proportion de contractions excentriques. C'est le cas lorsque vous freinez votre poids de corps dans une longue descente de trail, ou lors de l'impact répété au sol durant un marathon sur route. Lors de ces mouvements, le muscle s'allonge tout en se contractant pour freiner le choc. Cette tension mécanique excessive provoque des micro-lésions au niveau des sarcomères, les unités contractiles du muscle.

Physiologiquement, le processus est le suivant :

  1. Lésion structurelle : Des perturbations apparaissent au niveau des lignes Z des fibres musculaires.
  2. Réponse inflammatoire : Le corps identifie ces micro-déchirures et envoie des cellules immunitaires (neutrophiles, macrophages) sur la zone pour nettoyer les débris cellulaires.
  3. Œdème et douleur : Cette inflammation locale crée un gonflement intramusculaire qui comprime les terminaisons nerveuses, générant la douleur caractéristique des courbatures.

Le piège majeur dans lequel tombent beaucoup de coureurs est de vouloir supprimer totalement cette inflammation. Comme je l’explique longuement dans l’épisode, l’inflammation n’est pas l’ennemie ; c’est le signal d’alarme indispensable qui lance le processus de reconstruction et de surcompensation. Si vous bloquez ce signal trop brutalement (par exemple avec des anti-inflammatoires non stéroïdiens ou un froid excessif mal timing), vous risquez de perturber l'adaptation musculaire.

L’objectif n’est donc pas de faire disparaître magiquement les courbatures, mais de gérer leur intensité pour qu'elles restent supportables et ne vous empêchent pas de reprendre un entraînement cohérent quelques jours plus tard.

2. Bain glacé et courbatures : L’arme à double tranchant révélée par la science

C’est sans doute le sujet qui fâche le plus dans le monde de la course à pied. Pendant des décennies, le bain glacé (Cold Water Immersion ou CWI) a été vendu comme la solution miracle absolue pour éliminer les courbatures. Les vestiaires des stades et les villages de course en étaient remplis.

Femme prenant un bain au milieu du lac

Cependant, une méta-analyse majeure publiée début 2026 par Zhu et al. (que je détaille dans le podcast) vient bouleverser nos certitudes. Cette étude a passé au crible des dizaines d'essais randomisés pour évaluer l'efficacité réelle du froid.

Ce que dit l’étude de 2026 sur les courbatures

Les résultats sont nuancés et dépendent entièrement de votre objectif à court terme :

  • Le point positif : L’immersion dans l’eau froide (entre 11°C et 15°C, pendant 12 à 15 minutes) réduit significativement la perception de la douleur et diminue les marqueurs inflammatoires sanguins (comme la créatine kinase) dans les 24 à 48 heures. Si votre seul but est de vous sentir moins mal le lendemain matin, le bain froid fonctionne contre les courbatures.
  • Le point négatif (et crucial) : L'étude met en garde formellement. Le froid inhibe les voies de signalisation cellulaire responsables de l'hypertrophie et de la force. Concrètement, il réduit la puissance explosive et la force maximale pendant les 24 heures suivant l'immersion.

Mon analyse pour le coureur amateur

Si vous venez de finir un marathon et que votre seul objectif est de marcher correctement le lendemain pour rentrer chez vous, le bain froid est une option valable pour soulager les courbatures.

En revanche, si vous êtes en période de compétition rapprochée, ou si vous avez prévu une séance de seuil ou de côtes le surlendemain, le bain glacé est contre-productif. Vous risquez d'avoir moins de "punch" et de puissance à la foulée. La science montre que le froid "endort" la réactivité neuromusculaire.

La bonne stratégie optimisée :

  • Timing : N'utilisez le froid qu'à J+1 ou J+2, jamais immédiatement après l'effort si vous devez performer dans les 24h suivantes.
  • Profondeur : Une immersion partielle (jusqu’à la taille ou aux hanches) suffit pour soulager les jambes et gérer les courbatures sans provoquer un choc thermique systémique trop violent qui affecterait tout votre organisme.
  • Durée : 10 à 12 minutes suffisent. Au-delà, les bénéfices stagnent et les risques d'hypothermie légère augmentent.

3. Rouleaux vibrants et massages : Utiles ou non pour les courbatures ?

Pistolet de massage sur jambe
image avec un pistolet de massage

Autre grande question qui divise la communauté des coureurs : faut-il investir dans un rouleau vibrant haut de gamme ou prendre rendez-vous chez le kiné immédiatement après la course pour traiter les courbatures ?

Une autre étude pertinente de 2026, menée par Wu et al., s'est penchée spécifiquement sur cette comparaison entre rouleaux vibrants, rouleaux classiques (foam rolling) et étirements statiques post-effort.

Le verdict scientifique sur les courbatures

Les résultats sont surprenants pour beaucoup d'entre nous qui voyions le rouleau comme un outil de réparation mécanique :

  • Sur le plan physiologique : L'étude ne montre aucune différence statistiquement significative sur la raideur musculaire objective, la récupération de la force maximale ou les marqueurs inflammatoires à 48 heures entre les groupes ayant utilisé le rouleau et ceux n'ayant rien fait. Le rouleau ne "casse" pas les adhérences ni ne répare les fibres lésées responsables des courbatures.
  • Sur le plan psychologique et subjectif : En revanche, les athlètes ayant utilisé le rouleau vibrant ou reçu un massage rapportent systématiquement une meilleure perception de leur récupération et une sensation de jambes plus légères.

Mon conseil pratique

Il ne faut pas jeter le rouleau à la poubelle pour autant. Ne comptez simplement pas sur lui pour "réparer" vos fibres musculaires magiquement. Son pouvoir est avant tout neurologique et psychologique.

Si l'utilisation du rouleau vous aide à vous sentir moins "rouillé" mentalement face aux courbatures, alors foncez ! La récupération est un processus holistique qui inclut l'état mental. Si vous êtes détendu, moins stressé par la douleur, vous dormirez mieux. Or, c'est durant le sommeil profond que se sécrète l'hormone de croissance et que se fait la vraie réparation tissulaire. Le rouleau est donc un outil de confort et de gestion du stress, pas un outil de réparation structurelle des courbatures.

4. Mon astuce perso : La sortie de 30 minutes contre les courbatures

C’est le cœur de ma stratégie personnelle, celle que j’ai appliquée rigoureusement durant toute l’année 2025, une année où j'ai battu tous mes records personnels. Alors que la science débat sur les bienfaits relatifs du froid et des massages, ma pratique de terrain est formelle sur un point : l’immobilité totale est souvent la pire ennemie des courbatures.

Ma méthode de "relance active" : Le lendemain d’une course intense (qu'il s'agisse d'un semi, d'un marathon ou d'un trail technique), je ne reste pas couché. Je ne fais pas le "paresseux". Je m'impose une sortie très spécifique :

  • Durée : 30 minutes maximum. Pas une minute de plus.
  • Intensité : Très basse, en dessous du premier seuil aérobie. Je dois pouvoir tenir une conversation complète sans être essoufflé.
  • Terrain : Plat, sans dénivelé pour ne pas solliciter les muscles en excentrique.

Pourquoi ça marche si bien contre les courbatures ?

  1. Vascularisation mécanique : Le mouvement doux agit comme une pompe. Cela relance la circulation sanguine et lymphatique sans créer de nouvelles lésions musculaires.
  2. Nettoyage accéléré : Ce flux sanguin accru apporte des nutriments frais (acides aminés, glucose) aux muscles endommagés et évacue les déchets métaboliques et les médiateurs de l'inflammation beaucoup plus vite qu'au repos complet.
  3. Ressenti psychologique : Chez moi, comme pour beaucoup de coureurs, les grosses courbatures arrivent toujours 48h après l’effort. Cette sortie de 30 minutes agit comme un tampon. Elle "huile la machine" et atténue considérablement le choc de rigidité que je ressentirais autrement le surlendemain.

C'est une astuce simple, gratuite, et qui a transformé ma façon de gérer l'après-course. Elle permet de transformer des courbatures paralysantes en une simple raideur gérable.

5. Renforcement musculaire : La prévention ultime des courbatures

Si je parle de récupération, il est impossible de ne pas aborder la prévention. Si vous souffrez énormément après chaque course, si vos courbatures vous clouent au lit pendant trois jours, c'est peut-être le signe que votre "châssis" n’est pas assez solide pour l'effort demandé.

En 2025, la clé de ma progression n'a pas été d'augmenter mon volume de course, mais d'intégrer un renforcement musculaire spécifique. Des fessiers puissants absorbent une grande partie des chocs de la descente, épargnant ainsi les quadriceps. Des mollets endurants et gainés limitent les micro-traumatismes à chaque foulée.

Intégrer deux séances de renforcement de 20 minutes par semaine (squats, fentes, gainage dynamique, pliométrie légère) est le moyen le plus efficace à long terme pour atténuer l’apparition future des courbatures. C'est la base fondamentale pour courir plus vite, plus loin, et rester en bonne santé sur la durée. Un muscle fort se déchire moins et s'enflamme moins qu'un muscle faible soumis à la même charge.

6. Curcumin et courbatures : La piste naturelle validée par la recherche

Je termine ce tour d'horizon par une piste naturelle passionnante mentionnée dans l'épisode et souvent oubliée : le curcumin.

Une revue systématique récente (Popescu-Radu et al., 2024) a évalué l'impact de la supplémentation en curcumin sur les dommages musculaires induits par l'exercice. Les résultats sont prometteurs pour la gestion des courbatures.

Le curcumin, grâce à ses puissantes propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires naturelles, semble aider à réduire la perception de la douleur et à limiter l'augmentation des enzymes musculaires (comme la créatine kinase) après un effort excentrique intense. Il agit en modulant les voies inflammatoires (comme NF-kB) sans les bloquer brutalement comme le feraient des médicaments chimiques.

Points de vigilance importants :

  • Biodisponibilité : Le curcumin seul est très mal absorbé par l'organisme. Pour qu'il soit efficace contre les courbatures, il est impératif de l'associer à de la pipérine (extraite du poivre noir) ou d'utiliser des formes technologiques encapsulées (comme les phytosomes ou les particules lipidiques) qui augmentent son absorption jusqu'à 2000 %.
  • Timing : La supplémentation semble plus efficace en prévention (quelques jours avant l'effort) et en cure continue durant les périodes d'entraînement chargées, plutôt qu'en prise unique après la course.

Ce n’est pas une solution magique qui remplacera le sommeil ou la nutrition, mais dans une approche globale, c’est un outil complémentaire intéressant pour les coureurs sujets à de fortes courbatures récurrentes.

Conclusion : Une approche globale pour mieux gérer ses courbatures

Les courbatures font intrinsèquement partie du jeu du coureur amateur qui accepte de se dépasser et de repousser ses limites. Elles sont la preuve que vous avez fourni un effort significatif.

Cependant, comme nous venons de le voir grâce aux études de 2026 et au retour d'expérience terrain, vous n’êtes pas obligé de les subir passivement en attendant que ça passe. Une stratégie intelligente combine plusieurs leviers :

  • Utilisez le froid avec une grande intelligence (privilégiez J+2, évitez J-1).
  • Utilisez le rouleau pour le bénéfice mental et la détente, pas comme une réparation miracle.
  • Adoptez systématiquement la sortie de "relance" de 30 minutes le lendemain.
  • Renforcez-vous toute l’année pour prévenir l'apparition des courbatures.
  • Explorez la piste du curcumin en complément nutritionnel si nécessaire.

Vous voulez entendre tous les détails, mes ressentis précis sur ma saison 2025, et approfondir chaque point de la gestion des courbatures avec des exemples concrets ?

🎧 Écoutez l'épisode en intégralité

Retrouvez ci-dessous le lecteur pour écouter l'épisode dès maintenant, ou continuez la lecture pour découvrir les points clés.

Vous voulez progresser et vous avez peu de temps?

J'ai récemment publié un épisode dans lequel nous revenons avec mon invité sur la sacralisation de l'entraînement en zone 2. Si les sportifs d'élite peuvent accumuler des dizaines de bornes par semaine, c'est aussi parce que c'est leur métier. Mais pour les amateurs (comme moi) "l'école du volume" nécessite de consacrer de nombreuses heures d'entraînement en plus et le succès n'est pas forcément toujours au rendez-vous.

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Insécurité des femmes en course à pied: 3 récits chocs

Insécurité des femmes en course à pied: 3 récits chocs

08 mars 2026

Insécurité des femmes en course à pied: 3 témoignages chocs

image sur l'insécurité des femmes en course à pied

Courir, c’est libre. Mais pour certaines, c’est aussi une bataille quotidienne.

Il y a 2 ans, je n’aurais jamais pensé que cet épisode verrait le jour. En 2024, j’avais lancé un appel à témoignage sur les réseaux : “Et vous, femmes, qu’avez-vous vécu en courant ?”
Personne n’a répondu.

Puis, en 2025, un reportage RTS m’a interpellé. J’ai noté des noms. J’ai appelé. Et c’est là que tout a commencé.

Cet épisode, c’est 4 mois de travail, de confiance à construire, de voix à libérer. Et aujourd’hui, je vous les partage.

🗣️ Témoignage 1 : “Ils ne se rendaient même pas compte qu’ils me mataient”

À Genève, en 2013. 24 ans. Elle prépare un triathlon. Elle court au bord du lac. Deux hommes sur un banc la regardent passer. “À 50 mètres, je sentais qu’ils allaient se retourner.”

Elle s’arrête. Leur dit : “Vous me matez. C’est gênant. Arrêtez.”

Ils sont surpris. “On ne savait pas que ça se voyait.”

Ce qui l’a marquée ? Leur ignorance. Leur “c’est normal” inconscient.
Ce qu’elle a ressenti ? De la fierté. De la colère. De la lassitude.
Et surtout, elle a ressenti l’insécurité des femmes en course à pied — une réalité vécue, pas un mythe.


🗣️ Témoignage 2 : “J’ai couru contre un mur d’hommes – et ils m’ont insultée”

Sur le parcours de la Christmas Run. Elle court, dossard au cou. Trois hommes descendent en sens inverse. Elle ne bouge pas. “C’est à eux de se pousser.”

L’un d’eux lui tape l’épaule. Renverse son vin chaud. L’insulte. Elle réplique. Il la traite de “connasse”, puis de “fils de pute”.

Ce qui l’a marqué ? Le culot. L’absence de remords.
Ce qu’elle ressent ? De la colère. De la fatigue. “On devrait juste pouvoir courir sans se poser de questions.”
C’est ça, l’insécurité des femmes en course à pied — une peur quotidienne, invisible pour beaucoup.


🗣️ Témoignage 3 : “J’ai dû gérer un homme violent lors d’une sortie non mixte”

Joëlle, coach à DNH à Lausanne, raconte : un homme s’est greffé à un groupe de femmes. Elle lui demande poliment de partir. Il refuse. Il devient agressif. Il lance des saluts nazis. Il menace.

Ils continuent la sortie. “On ne voulait pas punir 30 femmes pour un seul homme.”

Ce qu’elle a ressenti ? De la démunition. De la peur.
Ce qui s’est passé après ? Il a quitté l’association. Seul. Sans explication.
Et c’est là que l’insécurité des femmes en course à pied devient systémique — pas individuelle.


🏙️ Joëlle (DNH) : “On a créé des parcours sécurisés… mais la non-mixité divise”

DNH, association de course à pied à Lausanne, a collaboré avec la ville pour créer 2 parcours sécurisés (8 km et 10 km), passant par des zones éclairées, avec des points d’eau, et des rues féminisées.

Mais la vraie bataille ? Les sorties non mixtes.

“On les fait 2 fois par an : 8 mars et 14 juin. On a des femmes qui adorent ça. D’autres le trouvent inutile. Même certaines femmes s’y opposent.”
Parce que l’insécurité des femmes en course à pied, c’est aussi une question de perception — et de pouvoir.


🏛️ Lise Corday (Ville de Lausanne) : “On a cartographié 2 parcours 100% sécurisés”

En 2019, une étude révélait que moins de 10% des femmes se sentent en sécurité en courant en ville. Lausanne a réagi.

“On a demandé à DNH de créer des parcours. On a organisé 5 sorties. 150 participations. Beaucoup de femmes n’avaient jamais couru autant.”
C’est ça, l’insécurité des femmes en course à pied — une barrière à surmonter, pas à ignorer.


🎓 Solène Froidevaux (Sociologue) : “C’est un problème systémique, pas individuel”

“Les femmes sont éduquées à l’hypervigilance. Elles apprennent à se méfier. À éviter. À s’adapter. C’est un travail mental épuisant.”

Elle explique :

  • Le regard insistant = une forme de violence.
  • La non-mixité = un outil politique, pas une discrimination.
  • Les hommes = des alliés, pas des ennemis. “Changez votre comportement. Ne suivez pas une femme de nuit. Changez de trottoir.”

Et c’est là que l’insécurité des femmes en course à pied devient un enjeu sociétal — pas seulement personnel.


✅ 3 Conseils concrets pour courir en sécurité (même en ville)

  1. Évitez les zones isolées après 18h — surtout si vous êtes seule.
  2. Utilisez des écouteurs ouverts — pour entendre ce qui se passe autour de vous.
  3. Prévenez quelqu’un — de votre itinéraire, de votre heure de retour.

Parce que l’insécurité des femmes en course à pied, ce n’est pas une fatalité — c’est une question de choix, d’éducation, de solidarité.

Un documentaire fascinant

Pour aller plus loin, visionnez le documentaire Free to Run de Pierre Morath, qui revient sur l’histoire des femmes dans la course à pied — des premières coureuses aux luttes pour l’égalité.

C’est en comprenant l’insécurité des femmes en course à pied qu’on peut la déconstruire.

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