Out Of Bot 3 : 5 enseignements après mon test terrain de ces lunettes

Out Of Bot 3 : 5 enseignements après mon test terrain de ces lunettes

La Out Of Bot 3 promet une chose simple : un verre qui s'adapte tout seul à la lumière, pour que tu n'aies plus à choisir entre deux paires avant de sortir courir. Sur le papier, c'est séduisant. Sur le terrain, est-ce que ça tient ? J'ai pu tester pendant un entraînement cette paire de lunettes photochromiques à technologie électronique, mise à disposition par mon partenaire Bucher & Walt.

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Premier contact avec les Out of - Bot 3

Avant d'entrer dans le détail, une précision d'honnêteté : il s'agit d'un test terrain, pas d'un test en laboratoire. Je n'ai pas mesuré, j'ai documenté un usage réel, sur une sortie. Tu sauras donc exactement ce que j'ai pu vérifier sur la Out Of Bot 3 — et ce que je n'ai pas pu juger.

Out Of Bot 3 : ce que promet cette lunette photochromique électronique

Toutes les lunettes photochromiques ne se valent pas. La grande majorité du marché repose sur un verre qui fonce et s'éclaircit selon les UV et la température, avec un délai plus ou moins long. La Out Of Bot 3 joue dans une autre catégorie : son verre IRID® de troisième génération est électronique.

Concrètement, le fabricant annonce un passage du filtre catégorie 1 à catégorie 3 en moins d'une seconde, avec des gradations illimitées entre les deux. Le tout sans batterie : une cellule solaire intégrée alimente le verre, sans bouton ni réglage. La paire testée monte les branches dites Hybrid et reste fabriquée en Italie.

L'enjeu est clair. Le défaut classique des verres auto-teintants traditionnels, c'est la lenteur : plusieurs secondes pour s'assombrir, ce qui crée un inconfort à chaque entrée de tunnel ou de sous-bois. C'est précisément ce délai que la technologie électronique cherche à supprimer. Toute la question est de savoir si, en course, l'œil perçoit encore une latence.

Côté contenu de boîte, on retrouve un étui rigide, une pochette de protection et une plaquette nasale ajustable. Le prix public se situe à 349 francs. Ce sont les promesses officielles ; voyons ce qu'il en reste une fois les lunettes sur le nez et les jambes en mouvement.

Out Of Bot 3 à l'épreuve du terrain : mon protocole de test

Soyons transparents sur la méthode, parce que c'est elle qui détermine la valeur d'un avis. J'ai porté la Out Of Bot 3 sur un seul entraînement de course à pied, le 13 mai 2026, d'un peu plus d'une heure.

Les conditions étaient idéales pour juger l'essentiel : une alternance de soleil et de nuages, des portions dégagées et de la forêt, sur des chemins accidentés avec de nombreux rebonds. Exactement le type de parcours où un verre lent se ferait remarquer.

Ce que ce test ne dit pas, en revanche : je n'ai pas conservé la paire assez longtemps pour juger la durabilité dans le temps ni la longévité réelle de la technologie IRID. Je ne les ai pas non plus testées sous la pluie ni par grand froid. L'axe entretien reste donc « non évalué » — et je préfère te le dire plutôt que d'extrapoler.

Une session unique a malgré tout sa valeur : le confort, la tenue et la réactivité du verre se révèlent dès la première heure d'effort sur terrain varié. Ce sont les points que je peux juger sans tricher. La fiabilité sur une saison entière, elle, demanderait un suivi sur plusieurs mois — un test à reconduire.

Out Of Bot 3 et confort : la vraie surprise sur sentier

C'est le point qui m'a le plus surpris, et de loin. Ma crainte, avec n'importe quelle paire, c'est l'inconfort qui s'installe après quarante minutes : les branches qui serrent, le pont nasal qui appuie, la monture qui glisse avec la transpiration.

Rien de tout cela avec la Out Of Bot 3. Sur plus d'une heure de sentier, je n'ai tout simplement pas senti les lunettes. Elles sont restées fixées sur mon visage malgré les rebonds du terrain, et les branches ne m'ont pas serré la tête. Je mets ça sur le compte des branches Hybrid et de leurs embouts en silicone.

Détail qui compte pour qui transpire : malgré la sueur, la monture n'a pas commencé à glisser sur le nez — bon ok, le mien n'est pas tout petit. Une seconde plaquette nasale est à disposition dans la boîte pour des autres morphologies de nez que la mienne. C'est la première fois que je recevais une seconde plaquette de ce type avec des lunettes de sport.

Une prise en main soignée

L'unboxing donne le ton : boîte agréable au toucher, étui à coque semi-rigide qui permet de glisser les lunettes dans un sac au milieu d'autres affaires sans craindre de les abîmer. La pochette de rangement fait aussi office de tissu de nettoyage — pratique pour essuyer le verre en pleine sortie.

Out Of Bot 3 en course : la transition de lumière qui change tout

C'est la fonction principale, et la raison d'être de ces lunettes photochromiques : suivre la lumière sans te faire subir de « trou de vision ». Le test le plus parlant, c'est l'entrée en forêt après une portion ensoleillée, ou l'inverse.

Le meilleur compliment que je puisse faire au verre, c'est que je n'ai pas remarqué les transitions. Pas de moment où l'œil patine, pas de seconde d'aveuglement en sortant de l'ombre. J'étais même agréablement surpris de pouvoir garder les lunettes sur le nez en pleine forêt, là où une paire trop sombre m'aurait obligé à les relever.

Le « trou de vision » dont je parle, tout coureur le connaît : ce dixième de seconde où, en débouchant d'une forêt en plein soleil, on ne voit plus la racine ou la pierre devant soi. Sur terrain accidenté, c'est exactement le moment où l'on se tord une cheville. Ne plus avoir à y penser, c'est de la sécurité autant que du confort. Sur cet axe, la Out Of Bot 3 tient sa promesse électronique.

out of bot 3
Aperçu à l'entrée de la clairière.

Out Of Bot 3 à 349 francs : le rapport qualité-prix en question

Venons-en au sujet qui fâche. La Out Of Bot 3 coûte 349 francs, et c'est le seul axe où je n'ai pas mis la note maximale.

Il faut être lucide : justifier 349 francs pour une paire de lunettes de sport n'a rien d'évident. Le marché déborde de modèles à tous les prix, et beaucoup protègent correctement les yeux. La technologie électronique a un coût, et elle parlera surtout à celles et ceux qui veulent combiner style et adaptativité à la lumière, plutôt qu'au coureur qui cherche d'abord le meilleur rapport protection-prix.

C'est une question de priorités, pas de qualité : le produit fait ce qu'il annonce. Reste à savoir si un budget de cette ampleur correspond à ta pratique et à la fréquence de tes sorties dans des conditions de lumière vraiment changeantes.

Out Of Bot 3 : pour qui, et mon verdict

Sur les axes que j'ai pu valider, la Out Of Bot 3 décroche une moyenne de 4,6 sur 5. Prise en main, confort, performance et finitions sont au sommet ; seul le rapport qualité-prix tire la note vers le bas. L'axe entretien, lui, n'a pas été évalué — test trop court.

Mes 3 points forts

  • La protection et le confort visuel, quelles que soient les conditions.
  • La transition entre les différentes luminosités, totalement transparente.
  • Le confort, même quand les kilomètres s'enchaînent sur terrain accidenté.

Mon point faible

  • Le prix. Puis le prix. Et encore le prix.

Pour qui c'est fait ? Honnêtement, je ne vois pas de public à qui la Out Of Bot 3 serait déconseillée : elle fonctionne très bien en course à pied. Mais son atout — l'adaptation ultra-rapide — brille encore davantage pour un cycliste, qui enchaîne parfois des conditions de luminosité bien plus violentes et changeantes qu'un coureur.

Mon action concrète pour toi cette semaine : avant ton prochain achat de lunettes, liste les trois conditions de lumière que tu rencontres vraiment sur tes sorties. Si tu passes sans cesse de l'ombre dense au plein soleil, une paire photochromique réactive vaut l'investissement. Sinon, garde ton budget.

Pour aller plus loin

La fiche technique officielle de la Out Of Bot 3 est consultable ici : Out Of Bot 3 sur out-of.com.

Et toi, tu cours avec des lunettes ou tu t'en passes ? Dis-le moi en commentaire — et abonne-toi au podcast Au-delà du mur sur Apple Podcasts, Spotify ou Deezer pour ne rien manquer des prochains tests.

Ce test t'a été utile?

Si tu cherches une boussole pour mieux courir après 40 ans — sans y passer tes soirées — le podcast Au-delà du mur est fait pour toi. Chaque semaine, un sujet creusé avec des experts et des coureurs comme toi.

Record du monde de marathon : 5 leçons sur cette incroyable performance

Record du monde de marathon : 5 leçons sur cette incroyable performance

Le 26 avril 2026, à Londres, le record du monde de marathon est tombé sous les deux heures. Sabastian Sawe a couru 42,195 km en 1h59'30. C’est officiel, validé, homologable. Ce nouveau record du monde de marathon, c’est bien plus qu’un simple chrono : douze mois de préparation millimétrée, des chercheurs en blouse blanche, une consommation de glucides hors norme, une croisade personnelle contre le dopage, et un retournement marketing qui ridiculise un peu Nike. Je vais te raconter tout ça, et surtout te montrer comment t’en inspirer pour ton prochain marathon.

Record du monde de marathon : ce que Sawe a vraiment fait à Londres

Dimanche 26 avril 2026, Londres. Sabastian Sawe, kényan, franchit la ligne en 1h59'30. Ce nouveau record du monde de marathon, c’est la première fois qu’un être humain court 42,195 km dans une course officielle, validée par World Athletics, sous les deux heures. L’ancien record du monde de marathon, détenu par Kelvin Kiptum (2h00'35 à Chicago en 2023), tombe de plus de soixante secondes.

Et le plus fou ? Sawe n’est pas seul. Yomif Kejelcha, l’éthiopien, termine deuxième en 1h59'41 — pour son tout premier marathon. Jacob Kiplimo, ougandais, arrive troisième en 2h00'28 et améliore lui aussi l’ancien chrono. Trois coureurs sous ou tout proches du mur des deux heures, le même jour, sur la même course. Le record du monde de marathon n’est pas tombé tout seul.

La barre symbolique des deux heures, mythique depuis des décennies, vient officiellement d’être franchie. Et elle ne reviendra plus.

Record du monde de marathon : la science derrière la performance

Pour comprendre comment ce record du monde de marathon a pu tomber, il faut regarder ce que la recherche raconte sur l’endurance de très haut niveau. Les scientifiques s’accordent depuis longtemps sur trois piliers : VO2max élevé, économie de course optimisée, seuil lactique très haut. Sawe coche les trois cases à un niveau quasi théorique.

Le rythme tenu — 2 minutes et 50 secondes par kilomètre pendant 42 km — correspond à environ 21 km/h. Les études publiées sur PubMed sur les coureurs élites est-africains pointent toutes vers une économie de course exceptionnelle, c’est-à-dire une consommation d’oxygène très faible à allure rapide. C’est ce qui permet de tenir une intensité aussi haute aussi longtemps.

L’autre pilier, c’est la nutrition pendant l’effort. Les recommandations classiques tournent autour de 60 à 90 g de glucides par heure pour un marathon. Sawe en a absorbé 115 g par heure en moyenne pour son record du monde de marathon. C’est la limite haute documentée dans la littérature scientifique sur l’absorption intestinale, atteinte uniquement après un entraînement digestif spécifique.

Record du monde de marathon : la préparation millimétrée de Sawe

Selon son équipe, Sawe a passé douze mois à préparer cette seule course. Volume hebdomadaire : jusqu’à 240 km par semaine. C’est un chiffre qui dépasse ce que la plupart des coureurs amateurs peuvent même envisager, et qui se situe au sommet de ce que tolèrent les marathoniens élites.

La majorité de ce volume est courue à basse intensité. C’est cohérent avec ce que la recherche montre depuis plus de vingt ans : la performance en endurance se construit principalement sur du volume aérobie, avec une petite dose d’intensité ciblée. Le vieux principe « 80/20 » remis au goût du jour.

La stratégie nutrition : 12 mois d’entraînement digestif

Sawe a travaillé avec Maurten, l’entreprise suédoise de nutrition sportive, qui a fait six déplacements au Kenya pour calibrer son protocole en vue du record du monde de marathon. Les tests menés incluent : mesure de l’absorption des glucides via isotopes stables (¹³C), eau doublement marquée pour l’énergie dépensée, VO2max, économie de course, lactate, prises de sang, composition corporelle, journaux alimentaires détaillés.

Le plan course finalisé est précis à la minute. Carb-loading avec une boisson glucidique pendant les deux jours précédents. Petit-déjeuner léger le matin. Bicarbonate de sodium encapsulé à 6h45 pour neutraliser l’acidité musculaire. Une boisson glucidique sur le trajet vers le départ. Un gel cinq minutes avant le coup de feu. Puis ravitaillements précis tous les 5 km pendant la course.

Cette densité d’apport glucidique est le résultat d’un entraînement digestif progressif. L’intestin, comme un muscle, peut s’adapter et augmenter sa capacité d’absorption. C’est une des grandes leçons de ce record du monde de marathon pour tous les coureurs.

Nike a payé des millions pour rien ?

Voici la partie la plus cocasse de l’histoire. En 2016, Nike lance officiellement le projet Breaking2, dont le but assumé est de faire passer un humain sous les deux heures sur marathon. Plusieurs sources médias parlent d’un projet à plusieurs millions de dollars, étalé sur plusieurs années. L’objectif affiché : signer le futur record du monde de marathon sub-2h.

Le programme Breaking2 mobilise des dizaines de scientifiques, des laboratoires, des soufflerie aérodynamiques, et trois athlètes triés sur le volet : Eliud Kipchoge, Lelisa Desisa, Zersenay Tadese. C’est ce projet qui accouche de la première supershoe à plaque carbone, la Vaporfly. Une innovation qui révolutionne la course à pied mondiale.

Première tentative à Monza en 2017 : Kipchoge échoue de 25 secondes (2h00'25). Deuxième tentative avec le Ineos 1:59 Challenge à Vienne en 2019 : Kipchoge passe en 1h59'40. Mais ces deux performances ne sont pas homologables — pacers tournants, voiture meneuse, ravitaillement à vélo. Le record du monde de marathon officiel reste hors d’atteinte pour Nike.

Dix ans, des dizaines de millions investis, un documentaire National Geographic, une campagne marketing planétaire. Et finalement, le record du monde de marathon tombe officiellement… sans eux.

Le coup de théâtre Adidas

Sawe et Kejelcha portent tous les deux la même chaussure pour ce record du monde de marathon : l’Adidas Adizero Adios Pro Evo 3. Annoncée le 23 avril, mise en vente le 25, utilisée pour battre la barre des deux heures le 26. Un timing marketing presque trop parfait.

Cette chaussure pèse 97 grammes. Pour comparaison, une chaussure de running classique tourne autour de 250 à 300 grammes. La technologie reste celle de la supershoe : mousse résiliente très épaisse (39 mm au talon, juste sous la limite réglementaire), structure rigide intégrant des éléments en carbone qui restituent l’énergie.

Les études sur l’économie de course chiffrent le gain à environ 4% pour les supershoes par rapport à des modèles classiques. Sur un marathon couru en deux heures, ça représente plusieurs minutes. C’est massif.

Le coup de théâtre, c’est qu’Adidas a fait sauter le verrou que Nike avait construit. Le record du monde de marathon est désormais signé par la marque aux trois bandes. La course à pied de haut niveau, c’est aussi une guerre commerciale entre équipementiers, où chaque marque essaie de faire courir son athlète vedette plus vite que tous les autres.

Record du monde de marathon : le combat de Sawe contre le dopage

On ne peut pas parler d’un record du monde de marathon kényan sans parler de dopage. Le sujet est trop chargé. Depuis 2017, plus de 145 athlètes kényans ont été suspendus pour dopage. Et le dernier record du monde marathon féminin de Ruth Chepngetich, en 2024, a fini en suspension pour trois ans. Le contexte est explosif.

Sawe a anticipé. Conscient de la suspicion qui allait suivre n’importe quelle performance hors norme, il a pris les devants dès 2025. Il a contacté lui-même l’AIU, l’unité d’intégrité de l’athlétisme. Il leur a demandé de le contrôler plus, plus souvent, plus durement. Adidas a financé l’opération à hauteur de 50 000 euros pour permettre à l’AIU de réaliser des tests supplémentaires. Résultat : 25 contrôles sanguins et urinaires en quelques mois, parfois plusieurs par semaine. Aucune anomalie.

Plus fort encore : Sawe a imposé à tous les coureurs de son groupe d’entraînement de signer une charte. En cas de contrôle positif, l’athlète doit reverser ses gains à la lutte antidopage. Refus de signer = exclusion immédiate. C’est inédit pour un athlète, et c’est salué par l’AIU comme un engagement exemplaire.

Sa formule à lui : « Le dopage est un cancer. » C’est sec, c’est clair, c’est le contraire des éléments de langage habituels. Ce record du monde de marathon, Sawe a tout fait pour qu’il soit aussi propre que rapide.

Pour aller plus loin sur la stratégie anti-dopage de Sawe, l’article complet d’Eurosport détaille la chronologie de cette démarche : « Comment Sabastian Sawe a tout fait pour écarter les suspicions de dopage ».

Record du monde de marathon : 5 leçons concrètes pour ta prochaine prépa

Tu ne courras probablement jamais un record du monde de marathon. Moi non plus. Mais l’histoire de cette performance contient des principes qui valent pour tous les niveaux. Voici les cinq leçons que j’en retire, et que tu peux appliquer dès ta prochaine prépa.

1. Donne-toi 12 à 16 semaines, pas 6

Sawe a passé douze mois sur une seule course. Toi, tu n’as pas ce luxe — mais le principe reste : la prépa marathon ne se bricole pas en six semaines. Compte 12 semaines minimum si tu as déjà une base, 16 semaines si tu es plus loin de l’objectif.

Ce qui fait la différence, ce n’est pas la séance miracle de la semaine 8. C’est l’accumulation patiente : un peu plus de volume, un peu plus de sortie longue, un peu plus de spécifique. Si tu as le sentiment de te précipiter, c’est probablement que tu te précipites.

2. Entraîne ton estomac comme tu entraînes tes jambes

La vraie leçon de ce record du monde de marathon pour toi, c’est l’entraînement digestif. La plupart des coureurs amateurs s’écroulent sur la deuxième moitié du marathon non pas parce qu’ils manquent de jambes, mais parce qu’ils manquent de carburant. Et souvent, parce qu’ils n’ont pas habitué leur estomac à absorber pendant l’effort.

Concrètement : commence à 30 g de glucides par heure sur tes sorties longues. Au bout de quelques semaines, monte à 45 g. Puis 60 g. Tu seras déjà au-dessus de ce que la majorité des coureurs amateurs font le jour J. Teste plusieurs marques, plusieurs textures (gels, boissons, barres). Trouve ce qui passe sans crampe d’estomac. Et utilise exactement le même produit le jour J — jamais de nouveauté en course.

3. Cours plus, pas plus vite

Sawe court à basse intensité l’essentiel de son volume. Ce principe vaut pour à peu près tous les coureurs amateurs que je connais : la marge de progression est dans le volume facile, pas dans des séances de seuil supplémentaires.

Si tu cours actuellement 30 km par semaine, monte progressivement à 40 puis 50 km en gardant la même répartition d’intensité. Tu progresseras plus que si tu rajoutes deux séances de fractionné par-dessus tes 30 km. Et tu te blesseras moins, parce que les blessures viennent presque toutes d’un excès d’intensité, pas d’un excès de volume facile.

Règle simple : tes sorties faciles doivent être faciles. Tu dois pouvoir tenir une conversation. Si tu es essoufflé, tu cours trop vite.

4. Choisis bien ta paire — sans te ruiner

Les supershoes utilisées pour le record du monde de marathon apportent un gain réel d’environ 4% en économie de course. Pour un coureur élite, ça fait des minutes. Pour toi, ça fait quelques minutes aussi, mais sur un chrono déjà beaucoup plus lent. La question, c’est : est-ce que ça vaut 250 à 500 francs ?

Mon conseil : tu n’as pas besoin du dernier modèle hors de prix. Une chaussure à plaque carbone d’une génération précédente, en solde ou sur le marché de l’occasion, te donnera l’essentiel du gain. Garde-la pour le jour J et tes deux ou trois séances spécifiques. Pour le reste de ta prépa, une chaussure d’entraînement classique fait très bien le travail — et préserve la durée de vie de ta paire de course.

5. La régularité bat le talent

Sawe est exceptionnellement doué. Mais ce qui l’a amené à 1h59'30, c’est la régularité. Douze mois sans accroc majeur. Pas de blessure qui te coupe trois semaines, pas de coup de mou qui te fait sauter les sorties longues, pas de week-end perdu parce que tu as forcé la veille.

À ton échelle, ça veut dire : trois à quatre sorties par semaine que tu fais vraiment, plutôt que cinq que tu prévois et trois que tu fais. Ça veut dire dormir sept heures, manger correctement, accepter qu’une semaine de fatigue se transforme en semaine allégée plutôt qu’en semaine massacrée. La régularité, c’est ce qui permet aux séances de s’additionner. Sans elle, tu repars de zéro tous les quinze jours.

🎙️ Tu prépares ton prochain marathon ?

Découvre le podcast Au-delà du mur — chaque semaine, des conseils concrets pour les coureurs amateurs : préparation, nutrition, mental, récupération.

Record du monde de marathon : et maintenant, jusqu’où ira-t-on ?

La question revient à chaque chute de barrière mythique. En 1954, on disait qu’il était impossible de courir un mile sous les quatre minutes. Roger Bannister l’a fait. Aujourd’hui, plus de 1700 coureurs l’ont fait après lui. Le record actuel du mile est même proche de 3'43.

Pour le marathon, la même logique semble se mettre en route. Une fois la barrière mentale franchie, beaucoup d’autres athlètes vont essayer de la franchir aussi. La deuxième place de Kejelcha en 1h59'41 — pour un premier marathon — montre que le sub-2h n’est pas une anomalie isolée. Le prochain record du monde de marathon ne mettra peut-être pas 23 ans à tomber.

Plusieurs questions ouvertes pour les années qui viennent : où s’arrêtera la limite humaine ? Va-t-on voir des temps proches de 1h57 ou 1h58 d’ici la fin de la décennie ? Comment les fédérations vont-elles encadrer les évolutions des supershoes ? La femme qui passera sous 2h10 puis 2h09 fera-t-elle autant parler ?

Une chose est certaine : le mythe est mort. Les générations futures de coureurs grandiront avec l’idée qu’un marathon peut se courir en moins de deux heures. Et les enfants qui regardent les images de Sawe à Londres aujourd’hui n’auront plus jamais à se demander si c’est possible.

Le mur est tombé, et alors ?

Le 26 avril 2026 restera dans l’histoire de la course à pied comme le 6 mai 1954 pour le mile. Une barrière mentale a sauté. Sabastian Sawe a battu le record du monde de marathon en 1h59'30, accompagné de Yomif Kejelcha sous les deux heures lui aussi, en chaussant un modèle Adidas mis sur le marché trois jours plus tôt. La science, l’entraînement, la nutrition, la chaussure, la transparence sur le dopage : tout a convergé pour ce record du monde de marathon.

Nike, l’initiateur de la quête, regarde son rival historique signer le coup officiel. Le sport vient de basculer dans une nouvelle ère, où le marathon sub-2h ne relève plus de la science-fiction mais d’une performance certes hors du commun, mais désormais reproductible.

Et toi, dans tout ça ? Tu n’es pas Sawe. Mais tu as une boussole : 12 semaines minimum, estomac entraîné, volume facile, chaussure adaptée, régularité avant tout. Le reste suit.

Sources principales

  • Sportico — analyse du sub-2h Sawe et contexte marketing Adidas/Nike
  • Marathon Handbook — protocole nutrition Maurten détaillé
  • Nutraingredients — décomposition du plan de carburant Maurten
  • The Conversation — analyse scientifique (volume d’entraînement, supershoes, économie de course)
  • Eurosport — stratégie anti-dopage de Sawe (lien externe dans l’article)
  • Wikipedia (Breaking2, Ineos 1:59 Challenge) — historique des projets Nike
  • Fast Company — détails techniques Adizero Adios Pro Evo 3
Colombettes Trail 2026 — 5 raisons de lancer ta saison dans les magnifiques pâturages de la Gruyère

Colombettes Trail 2026 — 5 raisons de lancer ta saison dans les magnifiques pâturages de la Gruyère

Colombettes Trail - vignette

Le Colombettes Trail revient pour sa deuxième édition le samedi 25 avril 2026, à Vuadens, au pied du Moléson. Après une première édition qui a rassemblé près de cinq cents coureurs en 2025, la course s'installe durablement dans le paysage du trail fribourgeois. Si tu cherches un bon prétexte pour épingler un dossard dès le printemps, ce trail de la Gruyère réunit les arguments qui comptent : des parcours pour tous les niveaux, un cadre qui respire la tradition, et un esprit villageois qu'on ne trouve plus partout.

Voici cinq raisons concrètes de te pointer à Vuadens le 25 avril prochain.

1. Un trail de début de saison pensé pour tester ta préparation hivernale

Avril, c'est le moment où tu te demandes si tes kilomètres d'hiver vont payer. Le Colombettes Trail tombe pile au bon endroit du calendrier. Tu peux y aller sans pression pour tester ta forme, ou au contraire te servir de la course comme étape sérieuse avant un 50 km ou un ultra plus tard dans l'année. Steve Dupasquier, président du comité, le formule bien : « Tu vas peut-être faire notre grand parcours de 36 km pour te préparer pour d'autres trails durant la saison qui seront un peu plus longs. » Le 36 km Armailli sert aussi de test grandeur nature pour quiconque vise un objectif à partir de juin.

2. Quatre parcours qui parlent à tout le monde

Le Colombettes Trail propose quatre formats, et c'est une vraie force. Le parcours Armailli by Bat-mann Construction SA aligne 36 km pour 1 483 m de dénivelé positif — c'est le défi pour les coureurs aguerris, avec des panoramas sur la Chia et le Moléson. Le Dzodzet by Hubert Etter SA (15 km / 459 m D+) vise ceux qui veulent un format plus roulant mais exigeant. Le Brebis by Gruyère Énergie SA a été ramené de 9 à 7 km cette année sur la base des retours des participants 2025, pour s'ouvrir davantage aux coureurs qui débutent ou qui veulent juste une belle sortie. Et la Kids Cup by Ropraz SA (parcours à obstacles de 300 m à 1,5 km) fait entrer les plus jeunes dans la course à pied par le bon bout : l'amusement.

3. L'ADN du Colombettes Trail tient en trois mots — et ça change tout

Interrogé sur ce qui définit sa course, Steve Dupasquier lâche : « convivialité, simplicité et traditions. » Dans un monde du trail où les budgets marketing, les dossards à trois chiffres et les villages d'exposants pullulent, retrouver un trail qui cultive délibérément une approche simple fait du bien. Les bénévoles sont du village. La soupe de chalet d'arrivée est préparée dans la plus pure tradition gruérienne. Le cadeau souvenir soutient des commerçants locaux. Et les coureurs traversent les pâturages des armaillis — ces bergers-fromagers qui donnent son nom au parcours reine. Le terroir n'est pas un argument marketing : c'est le décor lui-même.

4. Une solidarité villageoise qui rend la course possible

Ce qui impressionne quand on discute avec le comité, c'est de réaliser combien la course est portée par tout un village. Les paysans coupent l'herbe des pâturages pour laisser passer les coureurs proprement. La commune ouvre la déchetterie pour que le ski-club puisse y amener ses déchets gratuitement. Les bénévoles acceptent de passer sept à huit heures sur un ravitaillement en pleine montagne avec le sourire. « Sans tout cet écosystème, on ne peut pas arriver au bout de notre trail », résume Steve Dupasquier. Quand tu cours sur le parcours du Colombettes Trail, tu traverses ce qu'un village accepte d'offrir pendant une journée. Ça ne se résume pas à un dossard.

5. Une deuxième édition plus rodée, et Mathieu Clément sur place

Le comité aborde 2026 plus sereinement que l'an dernier. Les autorisations sont acquises, le tracé est connu, et trois nouveaux jeunes du ski-club ont rejoint l'équipe pour porter l'organisation dans la durée. Côté ambiance, l'ambassadeur du Colombettes Trail Mathieu Clément sera présent sur la place de fête, sans courir cette fois — il enchaîne sur une course au Portugal la semaine suivante. Si tu prépares une échéance printanière et que tu as une question à poser à un spécialiste du trail, c'est l'occasion.

Comment t'inscrire

Les inscriptions sont ouvertes sur le site officiel trail-colombettes.ch. La remise des dossards se fait le vendredi 24 avril de 16h à 19h chez Dupasquier Sport, ou le samedi 25 avril dès 6h30 sur site. Les inscriptions tardives restent possibles jusqu'à 30 minutes avant chaque départ (à l'exception de l'Armailli 36 km). Départ de l'Armailli à 8h15, du Brebis à 10h10, du Dzodzet à 10h30, et de la Kids Cup à 15h00.

Je serai sur place ce 25 avril pour couvrir la course en direct. Si tu y cours, viens me faire coucou — et si tu hésites encore, laisse Mathieu Clément ou Steve Dupasquier te convaincre autour d'un bol de soupe de chalet.

🎧 Ecoute l'épisode sur le Colombettes Trail

Prépare ta course en écoutant la discussion que j'ai eu avec Steve Dupasquier, président du comité d'organisation.

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