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SaintéLyon : mes 5 craintes sans filtre avant 80 km de nuit

Vignette Episode 1 - SaintéLyon

Dans deux mois, je prends le départ de la SaintéLyon. La classique, de Saint-Étienne à Lyon, en pleine nuit de fin novembre. Une distance que je n’ai jamais courue, dans le froid, avec une frontale sur la tête du début à la fin. Dans ce premier épisode de la série Road to SaintéLyon, je ne te donne pas de conseils. Je te partage mes craintes et mes doutes, sans filtre, à deux mois du départ.

SaintéLyon : pourquoi je me suis inscrit sans vraiment réfléchir

Avec le recul, je me rends compte que, finalement, je n’y ai pas tant réfléchi que ça.

Au départ, j’avais d’ailleurs prévu de courir un marathon. Le marathon, c’est une distance que je connais, sur route comme en trail. De plus, ce n’est pas trop long. Je sais que je peux tenir une allure correcte, en tout cas pour moi, et que je ne vais pas passer des heures dehors.

Et puis je me suis retrouvé sur la page d’inscription de la SaintéLyon.

En effet, aujourd’hui, obtenir un dossard pour certaines courses est devenu hyper compliqué. Il y a une vraie effervescence autour des grands événements, et j’en parlais d’ailleurs dans l’épisode sur les compétitions de course et de trail qui affichent complet. Or, là, j’avais la possibilité de m’inscrire sur la classique. Alors, je me suis dit : peut-être que tu n’auras pas cette opportunité l’année prochaine. Inscris-toi.

Et je me suis donc inscrit.

Mais pour être tout à fait honnête avec toi, il y a aussi une raison plus personnelle derrière cette SaintéLyon. Une raison dont je ne parle pas encore. Je te la partagerai bientôt.

Crainte n°1 : le froid aux mains

Il y a une chose qui me fait plus peur que la distance. Plus peur que la nuit. Plus peur que le dénivelé.

C’est d’avoir froid aux mains.

J’ai assez vite froid aux mains. Et quand ça arrive, j’attrape vite la débattue. Tu sais, cette douleur vive dans les doigts quand ils sont gelés, puis quand ils se réchauffent. C’est une sensation que je redoute vraiment.

Or, la SaintéLyon, c’est une nuit entière dehors, fin novembre. Certes, il y a déjà eu des éditions légendairement froides. D’autres années, en revanche, la météo a été clémente : sèche et pas trop froide. Il est donc impossible de savoir aujourd’hui dans quelles conditions je vais courir.

C’est pourquoi, plutôt que de subir la débattue au milieu de la nuit, j’essaie déjà d’y réfléchir. Par exemple, je pourrais prendre une deuxième paire de gants. Je préfère me poser la question maintenant, au calme, plutôt qu’à 3 heures du matin, quand je n’aurai plus les idées claires.

Crainte n°2 : tout ce que je ne connais pas encore

Soyons clairs : pour moi, la SaintéLyon, c’est une série de premières fois.

SaintéLyon : une série de premières fois

D’abord, c’est la première fois sur cette distance : je n’ai jamais couru aussi loin.

Ensuite, ce sera ma première vraie course de nuit, ou presque : je n’en ai fait qu’une seule, à plusieurs reprises, mais toujours la même.

Enfin, je n’ai jamais couru aussi longtemps dans le froid.

Prise seule, chacune de ces premières fois serait déjà un défi. En revanche, réunies sur une même course, elles forment un sacré saut dans l’inconnu pour le coureur amateur que je suis.

SaintéLyon 2026 : un tracé encore inconnu

Par ailleurs, il y a autre chose qui me déstabilise beaucoup. À deux mois de la course, je ne connais toujours pas le tracé. Les ravitaillements non plus.

Selon la page d’informations pratiques de la SaintéLyon, les cartes et les traces GPS sont dévoilées entre septembre et novembre. C’est donc normal. Cependant, moi, j’aime bien contrôler. J’aime savoir où je mets les pieds. Pour l’instant, je ne peux donc pas encore me projeter sur le parcours.

De plus, ce que les coureurs m’ont raconté n’aide pas vraiment : la nuit, les zones de ravitaillement ne sont pas forcément les plus accessibles. Ça rajoute donc une couche d’incertitude.

Pourquoi je me fais accompagner par un entraîneur

C’est aussi pour ça que, pour cette SaintéLyon, je me fais accompagner par un entraîneur.

En effet, je ne connais pas la distance. De plus, je n’ai presque aucune expérience de la course de nuit. Pour moi, c’est donc bien plus complexe que d’enchaîner un marathon puis la suite. Ce serait tellement simple si c’était juste ça.

Et puis, je me suis rendu compte, par le passé, que j’aime bien avoir quelqu’un qui m’épaule. Quelqu’un qui sait ce que je m’apprête à vivre, dans la préparation comme le jour de la course.

Seul, je me serais certes entraîné à encaisser le volume. J’aurais pensé au matériel, au ravitaillement. Toutefois, je n’aurais certainement pas construit mon programme pour me préparer aux moments vraiment difficiles. En revanche, mon entraîneur a de fortes chances de me faire faire des séances plus dures que celles que je me serais prévues. Justement pour que, le jour J, j’aie déjà traversé ces phases difficiles.

Dans une préparation marathon classique, avant la phase spécifique, il y a surtout du volume. Cette fois, cependant, je ne fais pas que du volume. Je fais aussi du spécifique, du difficile, du long : des sorties longues avec du dénivelé.

Crainte n°3 : la logistique et le matériel

SaintéLyon : la course commence avant le départ

Le principe de la SaintéLyon, c’est de partir de Saint-Étienne pour arriver à Lyon. Il faut donc d’abord se rendre au départ.

Pour cela, l’organisation propose une navette entre Lyon et Saint-Étienne, à réserver au moment de l’inscription. C’est ce que j’ai fait avec mon dossard.

Les personnes avec qui j’ai discuté m’ont prévenu : on arrive à Saint-Étienne assez tôt, et il y a passablement de temps à attendre avant le départ. Il va donc falloir meubler.

Je vais peut-être en profiter pour dormir. S’il y a la possibilité d’avoir des drop bags, je prendrai un mini sac de couchage, un masque pour les yeux, des bouchons d’oreilles, et j’essaierai de dormir avant le départ. Mais même sans dormir, l’idée est surtout de m’isoler un peu de l’effervescence de la ligne de départ. Ne pas brûler trop d’énergie avant même d’avoir commencé.

Par ailleurs, j’ai décidé de me déplacer seul jusqu’à Lyon. Pour l’instant, j’ai prévu de voyager le jour même, le matin. Comme le départ est donné en soirée, par vagues successives, rien ne presse. Prendre la voiture la veille et me stresser sur la route ? Clairement pas une bonne idée.

Météo, chaussures et chaussettes

D’abord, côté tenue, tout va dépendre de la météo du jour. Je sors d’un été extrêmement chaud, caniculaire, où j’ai couru tous les jours en short et en t-shirt. Pour la SaintéLyon, on va donc plutôt partir sur un pantalon long. Et les manches longues, ça, c’est certain. Il y a la phase de nuit, et il ne faut pas que je me retrouve en hypothermie.

Ensuite, il y a les chaussures, auxquelles je réfléchis beaucoup. Chaussures de trail ou pas ? D’après les coureurs à qui j’ai parlé, de bonnes chaussures de course font parfaitement l’affaire, parce qu’il y a très peu de zones vraiment techniques. Mais s’il fait très boueux, est-ce que des chaussures de trail seraient plus adaptées ? Je n’ai pas encore la réponse. C’est pour ça que, pour le moment, je m’entraîne encore avec les deux.

J’ai d’ailleurs changé de chaussures de course récemment. Comme ça, je peux m’entraîner avec jusqu’à la course et éviter d’en changer la semaine du départ.

Autre point hyper important pour moi : les chaussettes. Courir des heures avec les pieds mouillés, ça risque d’être compliqué. Pour l’instant, j’ai prévu de changer de paire à mi-parcours si nécessaire : une paire mouillée contre une paire sèche, transportée dans un sachet plastique dans mon gilet. En effet, je vais transpirer. Une partie va migrer vers le gilet sur mon dos, une autre, malheureusement, vers les chaussettes. On ne peut pas tout avoir.

Lampe frontale : 8 heures d’autonomie à prévoir

Enfin, il y a la frontale.

Même s’il y aura énormément de frontales autour de moi pour éclairer le chemin, je dois être autonome en lumière. Je vais passer la nuit dehors, jusqu’au lever du jour. Fin novembre, le jour se lève peut-être vers 8 heures. Les premières lueurs arriveront peut-être avant, mais ça veut dire que je dois prévoir potentiellement 8 heures d’autonomie avec mes batteries.

Or, pour l’instant, je n’ai pas encore trouvé le bon modèle.

Crainte n°4 : ne plus réussir à manger ni à boire

Autre chose que je n’ai jamais connu : ne pas réussir à m’alimenter pendant une course de longue durée.

Je sais que ça peut arriver sur ce type d’effort. Alors, je mets toutes les chances de mon côté. Je sais qu’une marque de compléments sportifs sponsorise la SaintéLyon. J’ai commandé une palette de leurs produits à la maison. Comme ça, je peux les goûter dès maintenant, pendant mes entraînements. Pour que le jour de la course, rien ne soit nouveau pour mon estomac.

Ensuite, il y a l’hydratation. En effet, la nuit, quand il fait frais, on a peut-être moins tendance à croire qu’on a soif. Moins tendance à se dire qu’il faut boire. Il va donc falloir que je m’habitue à ça et que je mette en place des mécanismes pour ne pas me déshydrater sans m’en rendre compte.

En somme, si je n’arrive plus à manger, j’espère au moins pouvoir continuer à boire.

Crainte n°5 : les moments difficiles

Et maintenant, ce qui m’occupe le plus l’esprit : les moments difficiles.

Je sais qu’il y en aura. Ce n’est pas une question de si, c’est une question de quand. Pourtant, je ne sais pas encore comment je vais réagir.

J’ai déjà couru un trail de presque 10 heures. Je n’ai pas arrêté, mais j’ai souvent pensé à abandonner. Pourquoi ? Parce que je pensais mettre plutôt 6 heures. En effet, je n’avais pas fait de reconnaissance du parcours. D’ailleurs, je ne l’avais même pas regardé. Par conséquent, j’ignorais à quoi m’attendre. Et quand la réalité ne correspond pas à ce qu’on a dans la tête, le mental lâche.

Aujourd’hui encore, ce souvenir est bien présent. C’est pourquoi, pour la SaintéLyon, j’ai vraiment envie de faire autrement.

Découper la SaintéLyon en segments de 10 km

Pour l’instant, mon idée, c’est de découper le parcours en segments de 10 km. Ça fait 8 segments.

Pourquoi 10 km ? Tout simplement parce que, sur 10 km, j’ai mon temps de référence en tête. C’est une distance que je connais. 10 km, ce n’est pas long.

Évidemment, je ne vais pas courir 8 fois 10 km à mon allure de 10 km. Je n’ai aucune prétention à être devant. Toutefois, dans ma tête, la distance totale est écrasante. 10 km, je me dis que c’est gérable.

L’idée de découper la course n’est pas nouvelle sur le podcast : on en parlait déjà dans l’épisode Road to Trail Verbier St-Bernard consacré au mental en trail, qui abordait aussi la gestion de la nuit.

Des bandelettes plastifiées pour avancer tronçon par tronçon

Je m’imagine déjà plastifier des petites bandelettes, une par portion. Peut-être une par tronçon entre deux ravitaillements, quand j’aurai enfin le tracé.

Ensuite, je laisserai la bandelette que je viens de terminer au ravitaillement, et je passerai à la suivante. Peu importe comment s’est passée la portion d’avant : elle sera derrière moi. Je me concentrerai uniquement sur ce qui vient.

Est-ce que ça marchera ? Je n’en sais rien. Néanmoins, c’est ma façon de ne pas porter toute la SaintéLyon sur mes épaules d’un seul coup.

Anticiper plutôt que subir

J’ai envie de visualiser ce qui m’attend et de définir à l’avance ce que je ferai si je me rends compte que ça devient difficile. Le froid aux mains en est d’ailleurs le meilleur exemple : décider maintenant, pas au milieu de la nuit.

C’est aussi pour ça que mon entraînement privilégie énormément le volume en ce moment. Beaucoup, beaucoup de volume, en travaillant en état de fatigue. En effet, les muscles vont être très sollicités pendant cette course. Ce sera, de plus, un effort long, de plusieurs heures. Il faut donc que je sois capable de tenir et de relancer, à chaque fois qu’il le faudra.

Les moments difficiles de la SaintéLyon, je n’ai pas envie de les découvrir le jour de la course. J’espère les avoir déjà traversés à l’entraînement.

SaintéLyon : ma mission de la semaine et la suite de l’aventure

Et toi, tu peux m’aider sur un point très concret.

Ma mission pour la semaine prochaine, c’est de trouver une lampe frontale. Il me faut potentiellement 8 heures d’autonomie, dans le froid, en pleine nuit de novembre. Or, je ne veux pas me tromper.

Alors si tu as un modèle que tu utilises et que tu recommandes pour la SaintéLyon ou pour une autre course de nuit, laisse-moi un commentaire juste en dessous de cet article.

Voilà où j’en suis, à deux mois de la SaintéLyon : avec beaucoup de questions et encore peu de réponses. J’espère donc avoir très vite toutes les infos pour me préparer sereinement : la trace, les ravitaillements, les infos pratiques. Franchement, ça me rassurerait.

Et j’ai une idée qui me trotte dans la tête : partager cette aventure avec toi en direct. Des petites photos, des vocaux pendant la nuit, un groupe WhatsApp peut-être, et tes messages d’encouragement, que je pourrais lire ou écouter quand je serai dans le dur. Je crois en effet que ça m’aiderait vraiment à continuer. Je t’en reparle très vite.

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Et n’oublie pas la recommandation pour la lampe frontale 😉🙏🏾.

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